A. MÉTHODE SOI-DISANT DE CHOPART
Procédé de M. Velpeau. — M. Velpeau avoue avoir été obligé de recourir
DE MÉDECINE OPERATOIRE. 473
au procédé suivant, chez une femme atteinte d’une tumeur encéphaloïde étendue de la clavicule droite au-dessous du sein. — La femme étant maigre et ayant la peau très-adhérente, M. Velpeau ne put pas laisser moins d’un peu moins d'un décimètre (trois pouces) entre les bords de la plaie, en en prolongeant les côtés en bas dans l’étendue d’un peu plus d’un décimètre (quatre pouces); ensuite il circonscrivit un lambeau quadrilatère qu’il disséqua dans la même étendue, puis il essaya de remonter pour en coudre le bord libre au bord supérieur de la déperdition, mais il éprouva pour cela des difficultés réelles à cause de la densité du derme, qui ne permit au lambeau de s’allonger que fort peu. — Le lambeau fut ensuite réuni par un grand nombre de points de suture avec toute la circonférence de la plaie du sein, que l’opérateur parvint à fixer convenablement.
Toutefois l’opération n’eut qu’un succès médiocre (1).
B. MÉTHODE INDIENNE
Procédé de M. Martinet. — Le praticien de la Creuse conseille de tailler un lambeau, en dehors du côté de l’aisselle, en bas ou du côté du flanc ; puis, une fois le iambeau isolé, de le contourner ou de le renverser, comme on le fait pour le lambeau du front dans la méthode indienne. — M. Martinet ajoute d’ailleurs avoir eu beaucoup à se louer de ce procédé, à l’aide duquel il est parvenu à guérir des malades chez lesquels l’affection s’était reproduite deux fois. —
C est même à cette occasion que M. Mar- , tinet a émis cette opinion pour le moins étrange, savoir: que la méthode indienne pouvait jusqu’à un certain point mettre à 1 abri de la récidive du cancer (2).
c. appréciation.
Il nous est bien difficile d’émettre une opinion motivée sur la valeur des deux procédés que nous venons de décrire ; nous avouerons volontiers, cependant que la méthode indienne préconisée par 31. Martinet de la Creuse nous paraît de nature à commander quelques doutes, attendu qu’il est difficile de combler une
(1) Ouv. cité, t. i. p. 691.
(2) Bulletin chirurg. de M. Laugier,
large déperdition de substance sans produire en même temps une plaie très-large et qu’il faudra nécessairement cicatriser ensuite; que si l’on ajoute à cet inconvénient réel la crainte de voir la gangrène s’emparer du nouveau lambeau, on sera peut-être disposé à accorder la préférence au procédé suivi par M. Velpeau, à moins qu’on n’aime mieux avoir recours à la méthode française, c’est-àdire de disséquer les téguments dans une certaine étendue autour de la plaie pour les réunir ensuite en leur faisant subir un léger allongement. — Du reste, à •notre avis, l’auloplastie du thorax a peu d’avenir, et nous ne lui avons consacré un chapitre spécial que parce que nous sommes jaloux de n’omettre que le moins de choses possibles dans le livre que nous publions.