‹ Encyclopédie des sciences médicales (volume 3)Chapitre 269 sur 656 · B. MÉTHODE FRANÇAISE · texte numérisé non relu

B. MÉTHODE FRANÇAISE

On doit à M. Alliot une modificatio?

fort ingénieuse de la méthode de Celse: M. Alliot, en effet, a commencé par cirr conscrire et disséquer un pelit lambeau quadrilatère d’un côté ; puis ensuite enlevé de l’autre une portion de peau égale à ce lambeau, de manière à recot*. vrir avec ce dernier la fistule et la pertt 1 de substance, et à placer la suture prina I cipale à une certaine distance de l’urine, pendant que celle-ci traversait le ca* nal (3). Le succès a d’ailleurs couronna sa tentative.

Appréciation. — Malgré le succès qmi a couronné les opérations de Earle ee d’A. Cooper et celui qu’a obtenu M. AL liot, on ne saurait néanmoins s’empêche de reconnaître que la guérison des fistules urétrales est des plus difficiles ■ l’urine, en effet, s’opposant presque tou 11 jours par son contact à l’adhésion de* bords du lambeau ou des bords avivé* de la fistule. M. Dieffenbach l’avait ss bien senti qu’il avait eu un des premierr l idée de pratiquer une boutonnière destinée à donner passage à l’urine, peni dant que l’on s’occuperait de l’oblitéras lion de la fistule, mais le chirurgien dt Berlin s’est arrêté devant la crainte dé. produire une nouvelle fistule.

Plus osé, M. Ségalas a eu recours ai procédé suivant , pour un sujet chez lequel il y avait une perte considérable dt substance de la partie spongieuse de l’urètre avec fistules au périnée. M. Ségai las, en effet, mit à profit cette fistule ei s’en servit de canal de dérivation , faisant tourner ainsi à l’avantage de l’opération une complication réelle. Pour ob tenir ce résultat, M. Ségalas agrandit l’ouverture du périnée, puis y introduisit une sonde qu’il fit pénétrer dans la vessie et qui s’opposa ensuite à ce que la

(t) Surgîcal essais, t. n , p. 221.

(2j Lancette française, t. iv , p. 264, 27S, 285, 288, 295.

(3) Gazette médicale de Paris, p. 318.

DE MÉDECINE OPERATOIRE.

moindre goutte d’urine put arriver à l’endroit où existait la grande fente. M. Ricord ne trouvant pas, sur un sujet atteint de perte de substance de la portion antérieure de l’urètre, de fistule périnéale, en créa une qu’il entretint avec une sonde et obtint aussi un beau succès en fendant le prépuce (l). M. Ségalas avait, du reste, dans un cas semblable, agi à peu près de la même manière. Le malade chez lequel il opéra manquait entièrement des parois latérales et inférieures de l’urèlre, à partir du gland jusqu’au scrotum : il avait, en outre, un prépuce très-développé , et la mortification de l’urètre était survenue à la suite du séjour de grosses sondes. Après avoir circonscriHa cicatrice de la verge entre deux incisions, dont une située en arrière était transversale et intéressait la

Îiartie antérieure du scrotum , et dont 'autre, placée en avant et semi-elliptique, s’étendait jusqu’au gland et se continuait sur les côtés avec les extrémités de la première , l’opérateur disséqua la cicatrice, l’enleva, dénuda ensuite la lace inférieure des corps caverneux, de telle sorte que le prépuce et. le scrotum furent l’un et l’autre coupés ainsi perpendiculairement et se regardèrent par des bords saignants.

Le prépuce fut fendu ensuite à la surface dorsale de la verge, comme dans l’opération du ] himosis, et, grâce à ce débridement, il lut possible de glisser le prépuce d’avant en arrière; à mesure que le gland se découvrait, le prépuce marchait vers les bourses, et il fut possii ble de le fixer par sept points de suture à la lèvre qui y correspondait.

Une bougie fut introduite dans la partie du canal qui avait été le siège de l’opération et sortit par le gland et le périnée ; par là sortait aussi la sonde placée primitivement dans la vessie dans le but d’évacuer l’urine. L’opération, du reste, ne réussit qu’incomplétement d'abord; car il fallait la cautériser et recourir à une seconde et même à une troisième suture; puis, pour oblitérer l’ouverture du périnée, il fallut aussi introduire dans le gland la sonde préalablement placée par le périnée, de manière à lui faire parcourir tout l’urètre et à augmenter peu a peu son diamètre : enfin, grâce à quelques cautérisations avec le nitrate d'ar-

(1) Annales de chir. franc, et étrang. , t. n, p. 62. 1841 .

gent, la fistule périnéale fut complètement guérie ; puis, les deux autres le furent dès le vingtième jour du placement de la sonde dans l’urètre (l).

ART. XVI. — DE l’aUTOPLASTIE VAGINALE OU ÉLYTROPLASTIK.

Trois espèces de fistules peuvent exister au vagin : cet organe en effet peut communiquer avec une portion quelconque du tube intestinal, supérieure toutefois au rectum , et c’est là ce qui constitue les fistules eniéro-vaginalcs ; ou bien le périnée restant intact, la cloison du rectum peut être déchirée, et une communication s’établir alors entre ces deux cavités, ce qui donne lieu aux fistules rectovaginales ; ou bien enfin c’est entre la vessie et le vagin que s’est opérée la solution de continuité, et cette ouverture, donnant lieu au passage de l’urine par les parties génitales externes de la femme, donne naissance aux fistules vésico-vaginales. Les deux dernières doivent seules nous occuper en ce moment, puisqu’elles sont toutes deux de nature à réclamer l’emploi des moyens autoplastiques.

§ Ier. Des fistules vcsico-vaçjinales ou de la vésicoplastie.

Il est peu de maladies contre lesquelles on ait employé plus de moyens opératoires : l’affrontement simple des bords de la fistule, la cautérisation, la suture, les appareils unissants, l’ély I roplnslie ou vésicoplaslie, et enfin l’oblitération du vagin. Nous ne parlerons ici que de la vésicoplastie et de l’oblitération du vagin.

A. Vésicoplastie. — M. Velpeau paraît être un des premiers qui en aient parlé, et à M.Joberl semble revenir l’honneur d’avoir fait fructifier cette idée.

a. Procédé de A l. Jobert. — M. Jo— bert, opérant sur une malade âgée de trente-cinq ans, qui avait vu se développer son accident à la suite d’un accouchement laborieux, commença par aviver les lèvres de la fistule, puis’ à tailler un lambeau aux dépens des parties molles de l'une des lèvres de la vulve et de la partie voisine du périnée; il traversa ensuite le milieu de ce lambeau avec une

(1) Ségalas, Lettre à M. Dieffenbach sur une uretroplastic faite par un procédé nouveau, in-8° avec fig., 1840.

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