C. ARRACHEMENT DE LA PORTION DE l’ongle INCARNÉ
a. Procède de Fabrice d’ Acquapendente. — L’opérateur, s’il désire suivre le procédé du grand chirurgien dont nous parlons , doit commencer d’abord par isoler l’ongle avec un peu de charpie ; puis, une lois l’organe éloigné des chairs, il doit en couper longitudinalement une portion jusqu’au point où il adhère aux parties sous-cutanées , arracher ensuite l’ongle sans aucune violence après l’avoir au préalable saisi avec des pinces. Recommençant ensuite le lendemain et les jours suivants, Fabrice d’Acquapendente finissait enfin par ne plus laisser d’ongle. — Rien n’empêcherait , si on le jugeait convenable, d’imiter Dionis, qui faisait l'opération en une seule fois et sans se servir de charpie : seulement, si on se décidait à en agir ainsi , il conviendrait de ramollir au préalable les parties avec des pédiluves et de cautériser au besoin les chairs.
b. Procède de Dupuytren. — Pour l’exécuter , l’opérateur engage sous la partie moyenne des bords libres de l’ongle l’une des lames de ciseaux étroits, pointus et bien tranchants , et la fait pénétrer jusqu’à 2 lignes (4 millimètres) au moins au delà de la portion visible de l’ongle, qu’il divise alors d’un seul coup en rapprochant les deux moitiés de l’instrument. Saisissant ensuite avec une forte pince à disséquer la moitié malade, ill’arrache en la roulant sur elle-même de dedans en dehors ou de la partie moyenne vers le bord libre.
c. Procède Larrey. — Feu notre vénérable chef Larrey conseillait, une fois
la moitié de l’ongle inclinée vers les chairs malades enlevée, de détruire les fongosités du voisinage avec un fer rouge et de promener ce dernier sur toute la surface de la plaie.
Nous passons sous silence et les procédés de Paul d'Egine, et de Daléchamps, et de Sommé, de Blaquière , nous réservant d’indiquer ailleurs les ouvrages où ils sont décrits.