‹ Encyclopédie des sciences médicales (volume 3)Chapitre 290 sur 656 · D. ABLATION DES CHAIRS · texte numérisé non relu

D. ABLATION DES CHAIRS

f a méthode dont nous allons parler , et qui consiste à agir ailleurs que sur l’ongle , n’est pas nouvelle , car Albucasis conseillait déjà de soulever le bord de l’ongle à l’aide d’un stylet, puis d’exciser et de cautériser ensuite les chairs, conduite d’ailleurs mise en pratique par Fabrice d’Acquapendente et par Ambroise Paré, qui se contentaient de couper en une seule fois la chair qui était recourbée sur l’ongle. — Parmi les chirurgiens modernes, MM. Bracliet, Gautret, Levrat-Perroton et Moreau sont surtout ceux qui s’en sont occupés ; nous nous bornerons à décrire les procédés de M. Lisfranc et du chirurgien de Lyon.

a. Procédé Lisfranc. — La pointe d’un bistouri est enfoncée à plat de dedans en dehors, et immédiatement entre l’ongle et les chairs qui le recouvrent, de manière à embrasser tout ce qui dépasse son niveau. On achève ensuite le lambeau du côté de l’extrémité de l’orteil , et en le soulevant on le détache en retournant le bistouri à sa base : seulement, pour bien faire l’opération , il importe , selon M. Lisfranc : 1° d’étendre l’ablation des tissus depuis le bout de l’orteil jusqu’à 4 millimètres au delà de la partie postérieure de l’ongle , sans quoi la cicatrice , attirant les tissus d’avant en arrière , les ramènera, une fois achevée, contre l’ongle, qui peut y entrer de nouveau ; 2“ et comme la plaie porte principalement sur le tissu cellulaire trèsabondant qui constitue le coussinet graisseux qui matelasse les orteils, il importe de cautériser souvent les bourgeons charnus, qui ont une tendance extrême à se reproduire, dùt-on s’exposer à retarder la cicatrisation, qui, bien que tardive, aura néanmoins plus de chances d’être exempte de toute saillie et que l’ongle vient de recouvrir au lieu de pénétrer dans son tissu.

TRAITÉ

b. Procédé de Levrat-P errolon. — Le chirurgien de Lyon conseille d’avoir recours à la potasse caustique, qu'il applique sur les fongosités à travers la fenêtre d’un morceau de diapalme ou de diachylon; puis de glisser entre les chairs et l’ongle, une fois l’eschare tombée , une plaque d'éponge préparée à l’aide de laquelle la cicatrice s’effectue convenablement. — Le procédé de M.

Levrat-Perroton a été adopté par MM.

Brachet et Séné et par plusieurs autres chirurgiens, entre autres M. Moreau et A. T. (1).

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