CLASSIFICATION
Entendue d’une manière aussi large que le comporte la définition qu’en ont donnée la plupart des écrivains, le champ de la médecine opératoire s’agrandit de
tout ce quiappartientàl’histoirede la petite chirurgie et de celle des appareils et des bandages, et acquiert de la sorte une étendue extrême. C’est d’ailleurs dans cet esprit qu onl été écrits les ouvrages récents de MM. Sédillot et Velpeau. Jusqu’à quel point est-il avantageux de réunir en un seul ouvrage la médecine opératoire, et la chirurgie élémentaire?
C’est là une question que bien peu de praticiens oseront, nous le pensons, résoudre par l’affirmative. L’histoire des bandages et appareils et celle de la chirurgie ministrante ne méritent-elles pas d’être traitées ex professo?Aussi, à l’imitation de Sabatier, laisserons-nous de côté tout ce qui est relatif à ces deux branches de l’art , si dignes à tous égards de fixer l’attention des représentants de la chirurgie ?
Tout ayant élé dit de nos jours sur la manière dont il convient de répartir les matériaux dont se compose la médecine opératoire , nous nous garderons d’insister sur les inconvénients que présentent les classifications qui ont été successivement proposées ou adoptées. Personne aujourd’hui ne méconnaît les désavantages de la division préconisée par Sabatier dans la seconde édition de sou ouvrage. L’idée de réunir dans un même cadre les maladies du même genre est un essai des plus malheureux , et peut-être vaudrait-il mieux , plutôt que d’y rerecourir, revenir à l’ancienne division de Celse qui a régné pendant si long-temps dans les écoles. — Les huit classes de Ferrein , les divisions de Lassus et de M. Rossi n’ont pas fourni de résultats plus avantageux ; et quant â la classification de Delpech , empruntée en partie à Gaubius , personne, à coup sûr, ne sera tenté à l’avenir de la mettre en usage , tant sont nombreux les inconvénients qu’elle présente. Force est donc de revenir à l’ordre préféré déjà par Fabrice d’Aquapendente et Ileisler, et suivi depuis par Boyer. Cet ordre du reste est celui primitivement choisi par Babatier lui-même dans sa première édition. « J’ai commencé , dit cet illustre chirurgien , par la description des procédés que l’on emploie dans le traitement des maladies du bas-ventre , et j’ai conliuué par ceux dont on fait usage dans les maladies de la poitrine , de la tête, des extrémités, etc. (Préface, p. xvj.)
L’ordre anatomique est donc celui que nous adopterons comme le plus favorable à ceux qui, dans uu livre destiné
DE MÉDECINE
à faire connaître les mille et un procédés de la médecine opératoire , désirent, à propos de telle ou telle affection chirurgicale réputée incurable par les moyens thérapeutiques ordinaires, trouver incontinent les méthodes et les procédés auxquels il convient d’avoir recours pour eu débarrasser le malade. — Toutefois , comme il est des opérations qui, au lieu de se pratiquer sur telle ou telle région , s’exécutent au contraire sur un ou plusieurs tissus , nous commencerons d’abord par la description de celles qui se font sur tous les tissus et qui ont trait aux opérations les plus simples, viendront ensuite celles qui s’exécutent sur un tissu isolé , et enfin , dans une troisième section , celles que l’on pratique sur une région ou un appareil distincts.