CHAPITRE XII
DES ni'DROPISIES ARTICULAIRES.
Lorsque, après avoir vainement essayé les differents moyens que l’art conseille pour guérir les hydropisies articulaires, le chirurgien songe, pour obtenir la guérison , à recourir à ceux offerts par la medecine opératoire, il a à choisir entre la ponction et l’incision : la première expose moins, sans contredit, à la pénétration de l’air dans les parties que la seconde, mais aussi donne lieu bien plus souvent à la récidive : et néanmoins presque toujours on la prélère, surtout depuis que M. Malgaigne a démontré que cette opération est presque tqujours innocente; c’est à cause, aussi, il faut bien le dire, des accidents graves qui succèdent souvent à l’incision. — Le manuel opératoire de la ponction est d’ailleurs des plussimples etne diffère en aucune façon de celui suivi pour les autres ponctions.
A. PONCTION
, L operateur, après avoir choisi l’endroit qu il. juge le plus favorable, v enlonce le trois-quarts, puis, le liquide une lois sorti, il bouche aussitôt l’ouverture qui luxa donné issue, afin d’empêcher introduction de l’air; ou bien il a recours aux injections iodées afin de provoquer dans la membrane synoviale une înllainmation curative.
* jB- incision.
Loisqu on se décide à pratiquer l’indsion, il importe de choisir comme pour la ponction, le point le plus saillant et le plus dechve d’un des côtés de l’articulation , puis, de tendre la peau en sens contiaire du trajet que le bistouri doit parce dernier ff, Populairement ce dernier, et de le retirer en agrandissant 1 incision, a laquelle cependant il convient de donner peu d’étémlue. Une
TRAITÉ
fois ce liquide écoulé, l’opérateur cesse de tendre la peau, qui revient alors sur elle-même, pour recouvrir l’ouverture de la capsule. La plaie est ensuite entourée de compresses imbibées de liqueur résolutive; puis, au bout de vingt-quatre heures, on donne de nouveau issue au liquide qui s’est accumulé de nouveau dans la cavité, sauf à écarter les bords de l’incision avec le bout d’une sonde et à agrandir l’incision elle-même au besoin. Viennent ensuite les injections émollientes destinées à délayer et à entraîner le pus ou le liquide , et que M. Récamier conseille de laisser à demeure : la plupart des praticiens les remplacent ensuite, ou, dès le début, par des injections irritantes, ou par des injections iodées ainsi que le conseille M. Velpeau.
Il n’est pas rare, du reste, de voir survenir, à la suite des opérations que nous venons de décrire, des abcès dans le voisinage de l’articulation qui en a été le siège. Mais il suffit souvent de donner issue au pus qu’ils contiennent pour voir disparaître le mal. Boyer avait I habitude de placer, quand il avait été obligé d’ouvrir l’articulation en plusieurs endroits, un séton auquel il faisait traverser l’articulation. — • Nous avons eu, pour notre part, plusieurs fois recours et avec succès à ce moyen, et tout récemment encore il nous a réussi sur un condamné au boulet qui était atteint depuis plus de dix-huit mois d’une maladie semblable au genou droit. Seulement , ainsi qu’il est facile de le concevoir, le blessé, une fois l’épanchement disparu et les ouvertures artificielles cicatrisées , ne peut immédiatement se servir du membre dont fait partie l’articulation, qui reste long-temps roide et ne reprend jamais sa souplesse primitive. Toutefois, au moment où je corrige ces épreuves, nos jeunes camarades et nous-mème sommes étonnés de la facilité avec laquelle le condamné dont nous venons de parler fait mouvoir sa jambe.