C. APPRÉCIATION
On ne saurait, en bonne conscience , comparer les deux moyens dont nous venons de parler, la compression ne donnant lieu en effet à aucun danger et ne pouvant tout au plus qu’incommoder le malade; l’extraction étant de nature, au contraire, à donner lieu aux accidents les plus graves, même à causer la mort , ainsi que l’attestent les faits rapportés par S. Cooper (1), Richerand (2), Kerby (3), Bell (4),Cruikshank (5), Boyer (6). Mais d’un autre côté on ne saurait se dissimuler que la compression ne guérit qu’ exceptionnellement, soit parce que le corps ne se dissout point , ou n’est point absorbé , soit parce qu’il ne se fixe point en dehors des facettes articulaires. L’opération de l’extraction a d’ailleurs singulièrement diminué de gravité depuis la modification apportée par M. Goyrand. Peut-être aussi, du moins tel est notre sentiment à cet égard, a-t-on trop exagéré la gravité de l’extraction parle procédé ancien ; il importe en effet de se rappeler que Desault (7), feu notre vénérable maître Larrey f,8), Clarke (9),
M. J. Coley (10), Brodie (11), Allan , i), etc., y ont eu recours avec Succès, et que dans quelques-uns des cas rapportes par ces écrivains la guérison a été parfaite.
En résumé donc, nous conseillons aux praticiens de laisser sans traitement ces individus atteints de corps étrangers
des articulations, et chez lesquels la présence de ces corps ne donne lieu qu’à peu de gêne ; lorsque, au contraire , les douleurs sont plus vives et s’opposent à la marche, nous les engageons alors à avoir recours à la compression, en y ■ apportant toute l’attention possible, sauf ensuite à avoir recours aux incisions sous cutanées du docteur Goyrand.