‹ Encyclopédie des sciences médicales (volume 3)Chapitre 36 sur 656 · ART. VI. — PRONOSTIC DES AMPUTATIONS · texte numérisé non relu

ART. VI. — PRONOSTIC DES AMPUTATIONS

Il existe à cet égard des données bien différentes et le dernier mol de la science n’est point encore connu. Il est vrai que la solution du problème est entourée de nombreuses difficultés , les cas qui réclament l’amputation n’étant pas tous les mêmes ; et surtout les circonstances au milieu desquelles on les pratique, élant i loin d’être identiques. Aussi voyez quels I résultats divers on a obtenus ! Un pralir cien, dans un cas donné, perd presque tous ses opérés, tel autre , au contraire, inconnu pour ainsi dire dans la science, , les sauve presque tous. Aussi ne pouvons-nous admettre comme l’expression générale des faits observés, l’opinion qu’il meurt un amputé sur deux ou trois dans les hôpitaux de Paris. Avant d’accepter pareil axiome , la question nous semble devoir être reprise sous toutes:

ses faces, et nous nous unissons de grand cœur au doute exprimé à cet égard par I M. Velpeau.

ART. VII. — DES CHANGEMENTS QUI SUB- VIENNENT DANS LT MOIGNON DES AMPU- TES.

Le retranchement d’une portion con — sidérable de l’économie ne peut avoir lieu sans qu’il survienne quelque modification dans l’organisme; car ce que la nature donnait de vie au membre amputé doit se reporter nécessairement sur les parties restantes. Aussi est-il d’observation générale que les personnes mu- | tilées prennent un embonpoint plus ou : moins considérable, une lois leur gué* < rison opérée : peut-être pourtant n’a- ■’ t-on pas tenu assez comple dans l’exa- i meu des causes de cette surcharge grais- î

DE MÉDECINE OPERATOIRE.

seuse , des changements qui ont lieu dans la manière de vivre des amputés et delà vie plus sédentaireà laquelle ilssont souvent réduits. Mais qu’importe la cause de celte obésité si le phénomène s’est reproduit un si grand nombre de fois qu’il ne peut être mis en doute ! Je rencontre presque journellement deux artilleurs auxquels j’ai pratiqué, il y a dix ans, l’amputation de l’avant bras , et chaque jour, pour ainsi dire, l’embonpoint, dont ils ont commencé à être pris quelques mois après l’opération, semble s’accroître davantage, nonobstant la profession pleine d’activité qu’ils ont l’un et l’autre choisie. C’est pour prévenir ou remédier à cet excès de pléthore que Garengeot conseillait de recourir aux émissions sanguines générales, mais il est douteux que ce moyen puisse obtenir le résultat désiré. La diète et la fatigue corporelle nous paraîtraient plus convenables, et encore ne serait-on pas sûr de réussir tant, dans certain cas la tendance à l’obésité est extrême : si on laissait d’ailleurs trop souffrir l'estomac, il pourrait se développer des névroses fort difficiles à guérir.

Quant aux changements survenus dans la partie qui a été le siège de l'opération , ils varient suivant le temps écoulé depuis l’amputation. Quand la cicatrisa tion est parfaite on trouve d’habitude, à l’examen,- toutes les parties transformées en un tissu pour ainsi dire homogène , les principaux vaisseaux y sont convertis en

tissus fibreux ; les muscles, les tendons, les aponévroses , le tissu cellulaire les os eux mêmes participent de ce caractère, surtout dans le voisinage de la cicatrice. On a remarqué que les nerfs étaient en général renflés à leur extrémité et présentaient des masses olivaires quelquefois assez considérables et communiquant entre elles à l’aide d’anastomoses distinctes : quant à l’extrémité osseuse , on y cherche en vain l’existence du canal médullaire; tout sur ce point est devenu lisse. Existe-t-il des différences sous le rapport des changements survenus dans les moignons, suivant qu’on a recours à la réunion médiate ou immédiate après l’opération ? Il y a lieu de le supposer; mais en général tout ce qui se rattache à l’histoire anatomo-pathologique de ces parties est mal connu, à cause de la difficulté d’examiner les moignons aux différentes périodes des changements dont ils sont le siège : à moins en effet que les amputés ne succombent à une maladie tout à fait étrangère à celle qui a nécessité l’amputation ou aux suites de cette dernière, l’examen du moignon est sans valeur; car presque toujours, dans le cas contraire , le moignon lui même présente des altérations morbides , et ne peut par conséquent servir à l’examen physiologico — pathologique dont nous parlons. (Voyez d’ailleurs- à ce sujet la thèse de M. Martin , Changement physique et moral des membres après l’amputation; Paris, 1811, n° 14.)

SECONDE PARTIE

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