‹ Encyclopédie des sciences médicales (volume 3)Chapitre 385 sur 656 · CHAPITRE Dr · texte numérisé non relu

CHAPITRE Dr

ANATOMIE CHIRURGICALE

Trois tuniques distinctes , quoiquet confondues entres elles, composent lesartères. L’une est la tunique moyenne, l’autre est la tunique interne, et la troisième la tunique externe ou celluleuse.

§ Ier. Tunique moyenne.

De nature musculaire et fibreuse, la tunique moyenne des artères est de couleur jaune, et se trouve fournie en grande partie par des cercles fibreux incomplets, unis entre eux par des lamelles et des filaments de même nature, et non par des fibres longitudinales ; on y cherche en vain trace de vaisseau sanguin ou lymphatique, au dire de M. Velpeau (1). L’étrangle-t-on avec un: fil, celte couche presque inerte se brise comme du verre. Exerce-t-on sur elle au contraire le plus léger effort , elle se déchire aussitôt au lieu de se laisser distendre. Unie à la tunique externe et à la tunique interne par une couché uniforme de matière lamelleuse à peine organisée , celte tunique est privée de sensibilité ; aussi les maladies auxquelles elle est sujette sont-elles pour ainsi dire indépendantes des phénomènes vitaux.

C’est du reste grâce à cette tunique que les artères doivent de rester béantes, après leur section transversale; c’esfc elle aussi qui en détermine la fonte, c'est à elle enfin qu’elles doivent et la rareté de leur i/iÜamtnation et la résistance qu’elles offrent à l’effort latéral du sang. Elle est d'autant plus épaisse qu’on se rapproche davantage .du cœur, et elle se confond d’autant plus avec les deux autres tuniques que les vaisseaux

(1) Anat. clair., t. i.

DE MÉDECIN

deviennent pins petits ; ce qui explique pourquoi elles sont alors d’autant moins faciles à rompre.

§ II. Tunique interne.

Lisse et onctueuse à sa surface, elle a été considérée par quelques-uns comme de nature muqueuse , et par d'autres comme de nature séreuse ; elle ne contient ni fibres ni canaux vasculaires, et parait n’ètre qu'une sorte de vernis qui rappelle jusqu’à un certain point la texture de la cornée, ou bien encore celle des ongles et du tissu corné. Elle est unie à la (unique moyenne par des plaques lamelleuses fines, mais seulement dans les vaisseaux d un certain volume : dans les petites branches en effet, et à plus forte raison dans les capillaires, la tunique moyenne n’existant plus, elle se rapproche alors davantage par sa texture des tissus organisés, à raison des fluides qui lui arrivent parcirculation directe : partout ailleurs elle est très-épaisse, mais d’une fragilité extrême, peu élastique et se laissant facilement écraser : aussi est-elle encore moins propre à être prise d'inflammation diffuse spontanée que la tunique moyenne, et ne s’altère-t-elle que par contiguïté de tissu. ■

§ III. Tunique externe.

Douée d’une assez grande vitalité , celte tunique est composée de fibrilles et de lamelles entrecroisées dans différents sens, et feutrées comme toutes les gaines celluleuses. Elle est d’une épaisseur médiocre : quelques auteurs la considèrent comme formée de deux feuillets distincts sur les troncs principaux, et dont l’un paraît purement celluleux tandis que l’autre serait jaunâtre et coriace. Elle reçoit des vaisseaux artériels et veineux, mais qui ne pénètrent ni la tunique moyenne, ni la tunique interne.

§ 1\T. Gaine artérielle.

Un tissu cellulaire lâche, lamclleux, abondant, entoure les artères et leur forme une sorte de gaine faiblement unie, il est vrai, à la tunique dont nous venons de parler, et elle offre du reste des différences suivant les différents organes oii on l’examine, et ces différences semblent dépendre de la disposition du tissu cellulaire lui-mème. Ainsi, elle

OPÉRATOIRE. 57i>

est molle et extensible sur les artères spermatiques; serrée, au contraire, dans celles des membres, et manque presque entièrement dans- celles du cerveau:

cette disposition a, on le conçoit, une influence réelle sur les diverses lésions dont peuvent être atteintes les artères, mais que nous ne ferons qu’indiquer :

ainsi, à l’aide de l’ouverture partielle de ces vaisseaux, l’étendue de l’épanchement devra nécessairement se trouver en partie en rapport avec le degré de résistance offert par la gaine. Les nerls qui se rendent aux artères sont fournis par le plexus du nerf grand-sympathique, et on tes cherche vainement ailleurs que dans la tunique externe. Toutefois quelques-uns de ceux qui appartiennent au système cérébro-spinal les côtoient à l’extérieur, et M. Fouilhoux (I) avait même à cette occasion voulu établir que, pour les artères d’un certain volume de la moitié supérieure du tronc, le nerf cérébral se trouve toujours en dehors ou du moins est moins rapprochS de l’axe delà partie, tandis qu'aux extrémités inférieures une disposition contraire a lieu; mais le nerf médian à l’avant-bras , le nerf fémoral à la fosse iliaque, le ne poplité, etc., font exception à la règle. Celle qu’ont voulu établir d’autres auteurs (2), savoir, que dans la moitié supérieure du corps les veines recouvrent les artères tandis qu’aux extrémités inférieures une disposition inverse a lieu, n’est pas plus exacte, car la jugulaire est située en dehors de la carotide et ne la recouvre pas ; la veine sous-clavière présente la même particularité à son entrée dans l’aisselle.

M. IVIalgaignc a dit, ce nous semble, avec tout aussi peu de raison, que pour la moitié supérieure du corps les veines satellites sont en avant et eh dehors tandis qu’elles se trouvent en arrière et en dedans pour la moitié inférieure (3). En jetant les yeux en effet sur les veines axillaire et poplitée , on voit successivement la première en dedans, en arrière et non en dehors, et la seconde en dehors et non en dedans. Aussi, pour notre part, sommes-nous disposé à croire avec M. Velpeau que la règle la plus générale en ce genre est la suivante ,

(1 ) Thèses de Paris, n° 55, année 1850.

(2) Malgaigne.

(3) Annt. cliir., t. î, p. 240. 1858.

57» TRAITÉ

nonobstant ce qu’en dit M. Malgaigne (l), savoir: qu’en allant de la surface cutanée vers les surfaces osseuses on trouve successivement : 1° le nerf, 2° la veine, 3° et l’artère ; tandis qu’en marchant au contraire des parties profondes vers la peau, les parties sont disposées en sens inverse : et encore y a-t-il des exceptions.

Page 1