B. MÉTHODE D’ANEL
Ligature au-dessus de la tumeur, entre le sac et le cœur.
La seconde méthode, qui consiste à mettre l’artère «à nu et à placer sur elle une ligature entre la tumeur et le cœur, a porté long-temps le nom de mét.hode de Hunter, niais à Anel (8) .revient l’honneur de l’avoir mise à exécution le prei mier sur un missionnaire du Levant qu’il opéra, le 30 janvier 1710, d'un anévrisme du bras. Après lui, vint Desault (9j qui essaya en 1775 de la remettre en honneur, en opérant un anévrisme poplité, et en liant l’artère de ce nom sans toucher à la tum-ur ; car déjà ■ Aélius, Paul d’Egine, Guillemeau (i 0) et ; Théveni:.- avaient eu recours à la liga- ] ture de I artère brachiale au-dessus de la tumeur-, mais ils avaient ouvert le sac, une fois la ligature placée. Du reste, i ainsi que le fait remarquer M. Velpeau, l’idée de lier les ancres anévrismatiques a une certaine distance de la tu- ! meur, esL très-ancienne , et s'il est diffi-
(1) Aetius, lib. xiv, cap. 411.
(2) Ibid. ibid.
(5) Paulus Æginelu, lib. vi, cap. xxxvn.
(4) Àvicenn., lib. iv, sen. iv, tract, u cap. xvu.
(5) Grande chirurgie, p. 175.
(6) Guillemeau, OEuvr. compl, p.699.
(7) Pellei.m, Clin, cliir., t. x.
(8) Suite de la méthode de guérir la fistule lacrymale, p. 257. Turin, 1714.
(9) OEuvr. cliir., t. n, p. 308.
(10) OEuvr. compl., p. 699.
cile peut-être de la rapporter à Paré, ori ne peut au moins s cmpecher de convenir que le passage suivant de Guillemeau est fort remarquable : « Si en quelque partie extérieure il se préserve au chirurgien pareil aneurisme, il peut sûrement découvrir le corps de l’artère vers sa racine et partie supérieure, passer par-dessous, avec une grosse esgurlle courbe, une petite fisselle desliée, puis avec icelle fisselle lier la dile artère à double nœud sans autre cérémonie. » Quoi qu il en soit , ce ne fut qu’en 1785 que Hunter pratiqua son opération ; mais comme elle fut suivie d un succès complet, elle fit beaucoup de bruit, et les Anglais ne se firent pas faute d’en profiter pour donner à cette mélhode le nom de leur compatriote. Nous nous i'aLons du reste un devoir de reconnaître que ce chirurgien a mieux apprécié les avantages de cette méthode que ne l’avait fait Anel.
Ainsi D tinter a non-seulement- coriipris qu'en plaçant la ligature à une certaine distance du sac anévrismal il avait plus de chances de rencontrer la portion du vaisseau saine, mais encore qu’il éviterait surtout l’énorme suppuration qui succède d’habitude ’è l’ouverture du sac. Il suffit du reste pour s’en convaincre de lire les différents travaux publiés dans le siècle dernier sur les anévrismes, puisque Guattani. sans contredit l’un des plus hardis chirurgiens d’alors, s’en esta peine occupé et a continué à traiter ces affections par la compression el l’ouverture du sac.