RT. II. — ANÉVRISME FAUX CONSECUTIF
L’anévrisme faux consécutif est représenté par une tumeur à laquelle le sang irtériel a donné naissance : elle est cir- :onscrite, a parois celluleuses, et adosice à une artère avec laquelle elle comnunique par une ouverture faite par me blessure plus ou moins ancienne ; [ue celle-ci ait été produite par un intrument tranchant, ainsi que cela a lieu n-esque toujours, ou qu’elle soit l’effet le la rupture du vaisseau à la suite d’un dolent effort. Ce qui le différencie du este surtout de l’anévrisme spontané, 'est que dans ce dernier la crevasse ou 'ouverture de communication avec la umeur a toujours une certaine étendue, d que les parois du vaisseau sont ordilairement plus ou moins altérées dans eur organisation au-dessus et au-des- °us de l’ouverture, tandis que dans l’ajiévnsmê faux consécutif l'ouverture est
OPÉRATOIRE. bOI
étroite, arrondie ou ovale, de petite étendue, et les membranes de 1 artère saines.
traitement.
Ici encore, c’est à la compression et à la ligature que l’art a recours pour combattre l’état morbide dont nous parlons. Arnaud (l) avait surtout une grande confiance dans l’emploi de ce moyen, qui lui réussit sur le chevalier de ÎHalijac en présence de La Peyronie, Petit, Boudon, Ledran et Verdier. Saviard, Petit, Foubert, etc., ont aussi rapporté des exemples de guérison d’anévrismes faux consécutifs par la compression , et il faut en dire autant de Dupuytren. Sabatier a été assez heureux, dans un cas où il ne put recourir à la compression et où il y avait quelque danger à pratiquer la ligature, pour guérir un anévrisme faux consécutif placé au-dessous de la clavicule, à l’aide de topiques réfrigérants et de saignées suivant la méthode de Vabalva. Lorsque la compression ne suffit pas et qu on veut recourir à la ligature, nous croyons, nonobstant la préférence que feu le vénérable Boyer accordait dans ce cas à l’ancienne méthode, nous croyons, disje, qu’il vaut mieux préférer la méthode d’Anel, à moins que 1° la tumeur ne soit très-douloureuse et sur le point de se rompre, ou 2° qu’il y existe déjà une fissure ou une crevasse.
art. ni. — anévrisme variqueux.
Celte affection, à laquelle on donne volontiers le nom de varice ane’vrismale et que Huuter appelait anévrisme par anastomose , consiste dans une tumeur formée par ie passage du sang artériel dans une veine, à la suite d’une plaie faite par un instrument qui a intéressé ce dernier vaisseau et pénétré dans une artère voisine. Elle a été décrite soigneusement par Hunier ( 1 7 67), Cleghorn (i7G5), Samert, Scarpa, et observée par Larrey, directeur de l’Ecole de médecine île Toulouse; Hodgson, Barnés d'Exeter , Uupujtren, le baron Larrey, Breschet, Sanson , Dorsey de Philadelphie, James Syme, professeur de chirurgie à Edimbourg, etc., etc.
(t) Mém. de l’Àcatl. de cliir.
TRAITÉ
TRAITEMENT
1° Auguste et Antoine Brambilla , Guattani, Monteggia , elc. , ont eu à se louer de la comi>rcs<,ion pour la guérison de l’anévrisme variqueux ; malheureusement elle exige souvent une durée de plusieurs mois , et encore elle ne réussit d’habitude que quand la tumeur est récente, pelite et superficielle. Du reste, lorsque la maladie reste stationnaire et ne donne lieu à aucun accident grave , notre avis est qu’il ne faut pas toucher à la tumeur et qu’il suffit de recommander au malade d’éviter les mouvements violents , et autant que possible de ne pas tenir le bras malade pendant.
2° La lùjalure d’après la méthode d'Anel a élé essayée, mais elle n’a produit jusqu’ici que de mauvais effets :
aussi y a-t-on complètement renoncé.
Ainsi, 1° un malade opéré par Physick et Wislar a été atteint, à la suite d’kémorrhagies et de chute d’eschares, de gangrène de la jambe, et y a succombé; 2° le malade opéré d’un anévrisme de l’artère fémorale par Dupuytren est mort également; 3° il faut en dire autant d’un autre malade de Sedan opéré par le même; 4° et de deux autres blessés opérés par M. Breschet.
3° Quant à la ligature de l artère et de la veine proposée par Dupuytren, nous ne sachons pas que ce moyen ait encore été mis en usage; mais nous conseillons au praticien de n’y pas recourir , car il nous semble en effet qu’en agir de la sorte serait ajouter encore , aux dangers (pli suivent l'application de la ligature entre la plaie et le cœur , la crainte de donner lieu à une phlébite.
Il n'y a pas, en effet , la moindre analogie à établir entre l’anévrisme variqueux et l’anévrisme spontané: dans ce dernier, ainsi que nous l’avons déjà dit, le sang ne tarde pas à revenir par les collatérales et à donner lieu parfois à un retour des pulsations du sac , mais sans s’opposer à son oblitération ; taudis que, dans la varice anévrismale , la maladie se reproduirait aussilôt que le sang reparaîtrait à l’ouverture du vaisseau.
4° Reste donc la ligature au-dessus et au-dessous de la communication , en pratiquant une incision sur le Irajet du vaisseau malade, en se rappelant toutefois qu’iei l’irritalron chronique dont les parties molles sont le siège a pu
changer leur aspect et multiplier lesadhérences , et que par conséquent l’isolement de l’artère doit, toutes choses égales d’ailleurs, offrir plus de difficultés pour la débarrasser des nui fs et des veines collatérales. A l’aide de ce moyen, M. Breschet a élé assez heureux , du reste, pour guérir deux individus opérés inutilement par la méthode d'Anel.