‹ Encyclopédie des sciences médicales (volume 3)Chapitre 414 sur 656 · IV. Manuel opératoire. — L’arlèr · texte numérisé non relu

IV. Manuel opératoire. — L’arlèr

poplitee peut être mise à découvert sur trois points de son é.endue : \o dessus des condyles; 2» entre les condyÀeS ;J° j a P°rtion jambière.

„ ^“-dessus des condyles. a . Procédé Jobert et Asmead. — Quand la jambe est étendue sur la cuisse, on aperçoit, au-dessus du condyle interne du fémur, une dépression longitudinale formée par deux saillies musculaires e vaste interne du côté du fémur , et’ le paquet des muscles demi-membraneux demi-tendmeux, droit interne et couturier ; au fond de cet interstice sp i rn une corde blanche tendue et très-adhérente aux nombreuses insertions du i • ceps 0 : c’est le tendon Æ ^

(1) Chez les sujets maigres il est lcinent senti avec les doigt* f“C"

TRAITÉ

et l’aponévrose, est pratiquée dans cette direction jusque sur ce tendon, de manière à laisser les muscles précédents dans la lèvre interne de la plaie. La jambe est ensuite à demi fléchie, afin de mettre les muscles de la lèvre interne dans le relâchement; puis, à l’aide d’une sonde cannelée, on écarle le tissu cellulaire qui entoure les vaisseaux à leur sortie des adducteurs, et on termine l’opération : l’artère se présente en effet la première, et son isolement de la veine se fait avec la plus grande facilité. — M. Jobert conseille d aller à la recherche de l’artère entre le muscle triceps et le tendon rigide du troisième adducteur; mais en agissant de cette manière, les deux lèvres de la plaie (dont le fond se trouve seulement formé d'une part par le vaste interne appuyé au fémur, et de l'autre par un tendon inextensible) peuvent difficilement s'écarter et doivent nécessairement retarder l’opération. En procédant comme nous venons de le dire plus haut , et comme nous l’avons fait souvent avec mon ami M. le docteur Milliot , on peut se convaincre que les difficultés dont parlent plusieurs auteurs sont purement imaginaires. Les gros cordons que représente le nerf sciatique, situé sur un plan postérieur et externe , seront facilement évités en ayant soin de remonter avec la sonde le long du tendon de l’adducteur jusqu'à l’apparition des vaisseaux dans le creux poplité , à travers leur ouverture fibreuse. Le seul reproche que l’on pourrait adresser à ce procédé se rattacherait à l’écoulement peut-être un peu difficile du pus.

B. A la partie inférieure, a. Procédé Marchai. Ligature du vaisseau dans sa portion jambière. — Le malade est couché sur le dos, la jambe légèrement fléchie et reposant sur son côté externe. Le chirurgien incise la peau et la couche sous-cutanée dans l’étendue de 3 pouces (9 centimètres), en suivant une ligne qui partirait du creux du jarret pour se rendre au bord interne du tibia en longeant le côté externe du tendon du demi - tendineux ; et si la veine saphène interne paraissait au fond de l’incision, un aide l’attirerait en dedans. L'aponévrose une fois incisée, le doigt est glissé entre le jumeau et le poplité pour opérer la déchirure du tissu cellulo-graisseux. Une plus grande flexion de la jambe permet ensuite au muscle jumeau , devenu plus flasque,

d’être écarté fortement en dehors , et le paquet des vaisseaux apparaît au fond de là plaie. — Employé contre les anévrismes de la poplitee, ce procédé prendrait le titre de méthode de Brasdor, et celui de méthode d'Anel pour ceux de la jambe. Ce procédé, en découvrant la fin delà poplitée, permettrait aussi, en incisant seulement de quelques millimètres l’anneau du soléaire, de reconnaître avec certitude la source d’une hémorrhagie fournie par l’une des trois artères de la jambe, à la suite d’un coup de feu, par exemple, qui aurait traversé le membre en passant par l’espace interosseux. On serait en droit, en effet, de croire à la lésion de la tibiale antérieure, si l’hémorrhagie continuait après l’application du doigt sur le tronc libiopéronier , et vice versa; et il serait possible alors , en prolongeant un peu en bas cette incision, de lier l’une ou l’autre des artères de la jambe à leur origine.

C. Derrière les condyles. — Pour arriver à l’artère en cet endroit , on incise sur la ligne médiane et parallèlement à l’axe du membre , dans l’étendue de 3 à 4 pouces (9 à 12 centimèt.) , la peau et la couche sous cutanée , en ayant soin de repousser la veine saphène externe en dehors si elle se présente sous l’instrument tranchant. Une fois l’aponévrose divisée , plus n’est besoin du bistouri : on déchire avec soin le tissu cellulaire profond à l’aide du bec d’une sonde cannelée , puis on sépare avec le même instrument le vaisseau de la veine ou des veines qui l’entourent. — On procéderait de la même manière pour lier le vaisseau au-dessus des condyles ; seulement l’incision de la peau devrait être légèrement oblique en dedans et se rapprocher du côté interne du triangle crural.

D. — Pour découvrir l’artère entre

les jumeaux, l’incision devrait être faite sur la ligne médiane; la veine saphène serait rejetée en dehors, et on séparerait les jumeaux, le nerf et l'artère des nerfs et veines voisins. .

E. Suites de l’opération. — Diflé- .

rentes pièces d’anatomie avec injection artérielle, tirées de sujets opérés et guéris de l’anévrisme de l’artère popli- r tée, attesteraient au besoin, par le vo- : lume des artères articulaires et de la I récurrente tibiale injeclées , que c’est : ; par cette voie que la circulation s’est : continuée dans la jambe , ainsi qu’it

DE MÉDECINE

était facile de le prévoir anatomiquement parlant. — Dans le cas rapporté par M. Velpeau , le tronc de 1 artère poplitée était transformé en un cordon fibro-celluleux peu résistant dans toute son étendue ; les articulaires supérieures internes et externes offraient le volume d’une grosse plume de corbeau, et formaient de grandes arcades flexneuses sur les parties latérales de l'articulation fémoro tibiale en se continuant avec les articulaires inférieures interne et externe et la récurrente tibiale antérieure : le membre était d’ailleurs bien nourri et ne différait pas, sous ce rapport, de celui du côté opposé.

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