‹ Encyclopédie des sciences médicales (volume 3)Chapitre 442 sur 656 · PERFORATION DES CELLULES MASTOÏDIENNES · texte numérisé non relu

PERFORATION DES CELLULES MASTOÏDIENNES

Il peut survenir à la suite de la phlegmasic des cellules mastoïdiennes un abcès de cette région, et on conçoit que pour y donner issue on ait été conduit à perforer ces surfaces osseuses. Celle opération avait été conseillée aussi autrefois pour la cure de certaines surdités, et peut-être y a-l-on renoncé trop légèrement. Ce que nous pouvons affirmer du moins , c’est que nous avons guéri un condamné au boulet d'une surdité du côté droit en lui perforant les cellules mastoïdiennes du même côté; et cela avec un succès tel tj ne nous ne serions pas éloigné de recommencer si les mêmes circonstances se présentaient, c’est-à-dire si l’individu avait des signes évidents de phlogosc chronique dans cette portion osseuse. Du reste, pareil succès avait été obtenu et par Tredlilz, et pur Richler, et par Lœfler, et par plusieurs autre chirurgiens. ■ — On comprend, du reste, sans qu’il soit nécessaire d’insisteFsur ce point, que la trépanation de l’apophyse inastoïde peut être plus utile encore dans les cas oit il existe du pus capable d’altérer les os cl causer ensuite la mort, ainsi qu’il est arrivé à J,-L. Petit. Ce qui semblerait, du reste, justifier notre assertion, savoir, que cette opération est peut être trop négligée, c’est que M. Denonvilliers, ayant eu à s’occuper de ce sujet dans une de ses thèses de concours pour l'agrégation, a trouvé, en résumant quatorze opérations de ce genre, que sur le nombre dont nous venons de par-

1er neuf sujets .avaient guéri , deux avaient éprouvé de l’amélioration , trois n’en avaient obtenu aucun avantage, et.

un seul avait succombé.

MANUEL OPERATOIRE.

Le chirurgien, après avoir mis à nu les surfaces osseuses à l’aide d’une incision cruciale ou de toute autre qu’il juge plus conveuable, applique sur elles, soit le trépan perforatif, soit une couronne de trépan, soit un foret, soit un troisquarts, en se rappelant que les cellules n’existent pas dans le jeune âge, et que quand elles sont formées c’est en avant de l'apophyse raasloïde, à quinze ou dixhuit millimètres au-dessus de son sommet, que se trouvent celles qui ont le plus d’étendue. Il importe au chirurgien de se souvenir que ces cellules peuvent ne pas se rencontrer, ainsi q.u’a été à même de le constater Rœlpin chez le docteur Berger. Morgagni lui-même parle d’individus qui présentaient celte particularité anatomique. — Quoi qu’il en soit, l’opérateur , pendant qu’il fait agir l’instrument, a soin de l’incliner un peu en avant et en haut, à mesure qu’il le fait pénétrer, et il lui reste ensuite à faire avec soin des injections et à placer chaque jour et tente et bourdonnets jusqu’à ce que la caisse tympanique ait repris son état normal. — IL va sans dire que s’il existait une large nécrose, et qu’on dût en extraire des fragments d’un certain volume, mieux vaudrait alors se servir de ciseau, de gouge ou de maillet, ainsi que l’ont fait J.-L. Petit, -Choparl, Desault. — Nous ne parlons pas de la lésion , ni de l’artère auriculaire, ni de l’artère sous-mastoïdienne, l’une et l’autre pouvant être facilement évitées.

On comprend sans que nous ayons besoin de le faire remarquer, qu’on ne saurait,avec l'incision simple, mettre convenablement à nu les parties malades ; que l’incision en T , quoique supérieure , puisqu’elle permet de refouler eu avant et en arrière un lambeau triangulaire ■ne vaut pas cependant l’incision arquée, car, cette dernière une fois faite, l’opérateur relève les tissus en forme de demi-lune et puis, l’opération achevée, les laisse retomber en vertu de leur propre poids et de manière à recouvrir la plaie.

Quelle que soit, du reste, l'incision qu on ait pratiquée , le chirurgien , une fois 1 os mis à nu , applique la couronne

de trépan sur la partie à enlever; mais s’il doit en mettre plusieurs, il a soin de placer la première en avant. L’os une fois perforé, l’opérateur se sert, suivant l’occasion , ou des ciseaux de Liston, ou de tout autre sécateur ; armé, au’ besoin, de pinces pour enlever la portion qu’il convient de faire disparaître. — Les accidents qui peuvent survenir, ne différant pas de ceux que nous avons signalés à l’occasion de la résection des

côtes, et les moyens à prendre pour y remédier étant absolument les mêmes, nous y renvoyons le lecteur.

Page 1