DE L’AUDITION
ART. 1er. — OREILLE ESTERS E.
§ Ier. Plaies.
Les solutions de continuité doivent être réunies ici comme aux autres parties du corps, et cela avec d’autant plus’ de raison que la- perfection de l’ouïe se trouve plus où moins altérée, ainsi que l’a montré Leschcvin , alors que quelque difformité naturelle ou accidentelle existe au pavillon de l’oreille. On sait , du reste , que le docteur Mauni a été assez heureux pour obtenir la .réunion d'un pavillon entièrement détaché, bien qu’il se fût écoulé plusieurs heures depuis Je moment de la séparation (l).
§ II. Tumeurs du lobule.
Des tumeurs d’un volume plus ou moins considérable et de nature diverse peuvent exister sur le lobule de l’oreille. On en a rencontré de pyriformes et de nature fibreuse et éléphantiusique;, nous-même en avons observé récemment une à chaque oreille d’une femme maure d’Alger, et nous les avons enlevées avec un plein succès. A en croire le docteur Campbell, du reste, ce genre de tumeurs serait pour ainsi dire endémique au Nipel (2). .
§ III. Vices de conformation.
Ces vices sont accidentels" oli congés nitaux, et ils ont leur siège au pavillon ou au conduit auditif : ainsi , il peut y avoir absence complète de pavillon ; ce{ état s’accompagne presque toujours de l’imperforalion de l’orifice externe du
(1) Archiv. génér. de inéd., juin 1834, p. 400.
(2) Ibid., 2* série, t. vi, p. 110.
conduit auditif, et quelquefois mêmi d’absence complète de ce dernier. Dan d’autres cas, au contraire, le pavilloi seul manque, et la peau se continui pour ainsi dire sans enfoncement ai point où se trouve le conduit , ou dt moins a-t-on lieu de le penser, puisqui l’audition se fait : ainsi, S. Cooper ; vu à Londres un enfant chez lequel i n’existait ni pavillon, ni conques auditives , ni aucune trace extérieure d( conduit auditif , et chez lequel cependant l’audition avait lieu au grand étonnement de tous. M. Itard , du reste, i rapporté l’histoire d’un homme chez lequel l’audition se faisait nonobstant h perle entière des deux oreilles. — L’o reille , au lieu çle manquer de pavillon présente quelquefois un lobule d’uni étendue telle qu’il en résulte une dif formité : on conçoit qu’il suffise dans ci cas d’imiter Boyer, c’est-à-dire d’ei faire l’excision, pour y remédier. Lorsqu’il y a absence de pavillon et imper foration de l’orifice exlerne , la médecine opératoire n’a rien à faire ; seule ment, si l’on en croit Itard, presque tou: les enfants qui viennent ainsi au raondi succombent de bonne heure.
§ IY. Rétrécissement et oblilératioi du conduit.
Le conduit auditif peut être rétréci i •son origine et ce rétrécissement dépendre dé ce que ie tragus et l’antitragus? déprimés au-devant de lui , s’opposen à la libre entrée des ondes sonores Dans d’autres circonstances, le rétrécissement a lieu dans toute l’étendue di canal, et lu. cause alors en est due à uni étroitesse congénitale du conduit ou i un épaississement des parties molles. .
Traitement. — Lorsque le rétrécis sentent du. canal est congénital, on conçoit que l’art soit impuissant pour y rc
nédier. Lorsque , au contraire , l’existe que de l’engorgemeht des paries molles, l’art f>eut alors intervenir; îais il est rare qu'il soit complètement flicace. Sur un malade que j’ai eu à raiter , le rétrécissement était dû au onflement du cartilage qui pénètre ans le canal, et qui était dû lui-même une affection de nature vénérienne :
ussi fus-je assez heureux pour le guéir à l’aide d’un traitement spécial. Le lus souvent du reste, il faut en conenir , le rétrécissement étant dû à l’éüssissement de la membrane contenue ans le conduit, on comprend qu’on ait ingé à la dilatation et à la caulérisaon pour y remédier. — La dilatation opère à l’aide de canules et de tentes ; ais, pour être efficace , elle a besoin être continuée pendant -long - temps, ard a eu à se louer une fois des purtifs et des préparations ferrugineuses iis au quinquina , et de vésicatoires pliqués derrière les oreilles; mais il issait, il est vrai, chez un enfant scroleux; une autre fois il réussit à l’aide : bains de vapeur, qui donnèrent lieu des sueurs générales abondantes. Mais s succès ne l'ont pas empêché de dire qu'avant de connaître ce dernier oyen il rien connaissait aucun aue (i). » — Nous ne parlons de la caurisationque pour mémoire , personne y ayant plus recours.