C. CAUTÉRISATION
Presque toujours impuissante pour la destruction des .polypes d’un certain volume , la cautérisation devient, un moyen précieux quand il s agit d une portion de pédicule qu’on n a pu enlever par les autres procédés ; èt quant au caustique à mettre en usage alors, nous conseillons d’avoir recours au nitrate d’argent, en ayant soin de ne se servir que°de petits crayons d’un millimètre et demi de diamètre, et qu’on dirige sur le pédicule à l’aide d’un stylet portecrayon d’une longueur de 15 centimètres. On conçoit qu’en se servant d un instrument aussi fin, il n est pas besoin, ainsi que le recommandent des auteurs, de placer un bourrelet de chai pie contre la membrane du tympan , bourrelet qu’on lie par un fil dans le milieu afin .de pouvoir l'extraire à volonté , et de garnir avec une petite lame de métal au de cire la portion du conduit opposée à l’implantation du polype. M. Bouafond , à cette occasion , se demande comment on peut faire avec un portecrayon autre que celui dont nous venons de parler, et dont il se sert; et il paraît disposé à penser qu’on ne peut y parvenir par les moyens décrits ordinairement dans les livres. Qu’il nous soit permis , à cet égard , d’affirmer qu’il s’abuse : car nous-même avons été assez heureux pour réussir deux fois avec les moyens ordinaires. Sans doute , dans certains cas, on agira. plus aisément avec le caustique à cuiller latérale, anaogue à ceux qu'on emploie pour le çaîalde l’urètre, puisqu’on est sûr alors, :n glissant le dos de l’instrument entre a paroi opposée du conduit, de ne tonifier que le point où repose le pédicule.
D. EXCISION
Au premier abord , il semblerait que es polypes situés peu profondément ussent les seuls qu’on pût attaquer avec i instrument tranchant; et cependant, .epuis notre séjour en Afrique , nous y vons eu deux fois Recours-, et avec uccès, chez deux. juives où nous avions t lé conduit par un de nos jeunes «amandes dé la même religion i, pour deux , ’olypes situés profondément , et cela à aille dè bistouris très-étroits et de fornés diverses. Depuis , bous avons vu vecplnisir M. Bonafond régulariser pour
ainsi dite celle opération, en proposant à cet effet : 1° un bistouri droit, pareil à celui recommandé pour la section sous-cutanée des tendons, à tranchant de 1 centimètre et demi de longueur , et formé au bout d’une tige et d un manche de 10 centimètres de longueur sur 1. millimètre et demi de largeur ; 2°. un bislouri courbe sur le tranchant, égal par sa longueur au premier ;
30 deux autres bistouris courbes sur le plat et presque à ingle droit au milieu de leur tranchant , disposés du reste de telle façon que l’un puisse servir pour la main gauche et l’autre pour la main droite; 4° une érigne double , à tige longue de 8 centimètres et articulée à angle droit avec son manche. — Tout étant disposé , c’est-à-dire , l'opérateur ayant bien constaté les dimensions du pédicule et son point d’insertion , saisit le polype avec la double érigne le plus près possible de son point d’insertion ; puis, une fois l'instrument solidement établi, il introduit le stylet-bistouri en le faisant glisser à plat , entre le polype et le canal, de manière à faire arriver la lame au delà du pédicule si celui-ci est situé contre les parois, et au-dessus s'il est au contraire contre le tympan. Le tranchant une fois appuyé sur le pédicule, l’opérateur lire légèrement sur ce dernier avec l’érigne , afin de rendre la section plus facile; section qui s’opère d’ailleurs du premier coup si le pédicule est élroil , et qui demande nu contraire deux ou trois sections s’il offre une certaine largeur. I.e polype occupet-il la membrane du tympan, il sera traité de la même manière, c’est-à-dire que l’opérateur engagera au-dessus du pédicule le tranchant d’un bistouri courbe sur le pial, et divisera la tumeur en agissant directement de haut en bas : carie peu d’étendue de la lame de l’instrument , d’une part, et l’étroitesse du conduit permanent , de l’autre, ne permettent .guère de le faire agir en sciant. — Une fois le .polype extrait, l’opérateur laisse couler le sang pendant un quart d'heure ou jilps s’il le juge convenable; puis il nettoie le conduit avec une injection d’eau froide et cautérise aussitôt la plaie du pédicule , après avoir au préalable desséché le conduit avec une éponge. Getlc précaution est indispensable si on ne veut pas s’exposer à voir le nitrate d’argent se dissoudre dans une trop grande quantité de liquide , et étendre .par consé-
X TRAITÉ
quent son action ailleurs que sur le pédicule.
E. APPRÉCIATION
Aux yeux de tous les praticiens, l’arrachement est considéré comme le meilleur moyen qu’on puisse employer pour la guérison des polypes , surtout pour ceux dont la racine est profondément située : cependant ij doit être difficile, on le conçoit , d’arracher un polype adhérent à la membrane du tympan sans entraîner en même temps une portion de la membrane ; aussi vaut-il mieux , suivant nous , recourir dans ces cas , quand ôn le peut , à la ligature ou à l'incision. La ligature , en effet, est un moyen qui • a été assez peu apprécié jusqu'à ce jour, car on l’a jugée d’une application plus difficile qu’elle ne l’est en effet, et les instruments de M. Boriatond ne contribuent pas peu à faire revenir de l'opinion qu’on s’était faite de ce procédé. Quant à la cautérisation, tout en reconnaissant son impuissance pour la destruction des polypes d’un certain volume, oq ne peut s’empêcher de convenir , cependant , qu’elle est d’un secours précieux pour détruire Ou faire disparaître la portion du pédicule que les autres procédés n'ont pu enlever, et pour s’opposer à sa reproduction. Reste l’excision, qui convient surtout aux polypes qui naissent sur le tympan; et à cette occasion nous ne pouvons nous empêcher de faire remarquer que les anciens s’étaient singulièrement trompés sur sa valeur, puisqu'ils s’étaient figuré , ainsi que nous l’avons déjà dit, que les polypes situés superficiellement ou du moins peu profondément dans le conduit auditif étaient les seuls qui pussent être attaqués avee avantage par ce moyen, tandis que c’est le contraire qui a lieu pour ainsi dire ; nous nous sommes, du reste, expliqué suffisamment à cet égard , nous n’y reviendrons pas. Qu’il nous soit seulement permis de dire, avant d’abandonner ce que nous avions à dire sur les polypes , qu’en général on cesse trop tôt le traitement local dans les affections de l’oreille.
J IX. De la perforation de la membrane du tympan.
Cheselden paraît être le premier qui ait conseillé d’une manière positive de
perforer la membrane du tympan , mai à Plemp paraît appartenir l’honneu d’avoir dit que l’audition pouvait s’exer cer nonobstant l’existence d’une ou verture a la membrane tympanique On sait, du reste, que le premier di ces écrivains avait obtenu, dans le bu de soumettre l’oreille humaine à de expériences directes, qu’un condamné mort lui serait livré , et obtiendrait soi pardon s’il consentait à subir la perfo ration de la membrane du tympan ; mai on se rappelle aussi que la clameur pu. blique mit obstacle à l’exécution de ci projet. Aussi , à défaut de meilleu moyen, les chirurgiens cherchèrent-il à s’éclairer sur les animaux vivants Malheureusement, ainsi que le dit Ast ley Cooper, l’idée de Riolan, qui avai déjà conseillé la perforation pour uni surdité, resta si stérile que les auteur dogmatiques n’en firent même pas mention. Portai seul , dans son Précis dt chirurgie pratique , s’exprima ainsi : « Lorsque l’épaisseur de la menibram est considérable, il reste à savoir s'i ne serait pas possible d’y faire une petite ouverture. » Aslley Cooper réalis; ce projet en 1801 , et il ne tarda pas i être imité par Himly, Cellier, Maunoir Itard , Saissy, Deleau et plusieurs autres. — Mais voyons , avant d’arrivei au manuel opératoire , quelles sont lei causes qui peuvent réclamer cette opération.
Indications. — Au premier rang fi gurc la surdité causée par l'obstructioi ou l’oblitération de la trompe d’Eusta che. En est-il de même quand la sur dité est duc à un épanchement de sanf dans la caisse ou à une obstruction d la trompe? Oui , dirons-nous , dans 1 premier cas. Dans le second , au con:
traire , c’est-à-dire alors qu’il y a ob1 struction de la trompe , nous penson qu’il vaut mieux recourir d’abord a cathétérisme; et quant aux autres cai de surdité , nous doutons que la perfo i ration de la membrane puisse être fruc tueuse. IVous n’ignorons pourtant pa que la plupart des auteurs ont conseill la perforation alors que la membran est dure , cartilagineuse ou osseusr Portai et Saissy sont tous deux positif à cet égard ; mais si on lit avec quclqu attention les observations qui ont él publiées, on reconnaîtra que l’altératio j dont nous parlons en ce moment est, ( s’en rapporter aux autopsies pratiqué! . par Itard, beaucoup plus rare qu’on n ‘
J a dit, puisqu’il n’a trouvé que deux fois un épaississement réel de la membrane et que les succès obtenus sont tort douteux.
manuel opératoire.
A. PONCTION
Procède, d'ststley Coopcr Aslley
Cooper faisait usage d’un petit trocart fex.rï df0nt,,a1P°i"te dépassait à peine trlï A n-” 3 CUnule de 3 millimèvant u cet t > l’opérateur , assis demalade et placé de manière à taire tomber directement ta lumière soairesur le conduit auditif, retire d'une nain le pavillon en haut et en arrière, inn d effacer autant que possible la :ourbure de ce conduit, puis il porte on trocart, qu il tient comme une pluie a écrire, la pointe tout à fait rentrée ans a canule vers la partie inférieure • nteneure de la membrane du tvm- »n ; et aussitôt qu’il se trouve en conç avec cette dernière, il pousse la 111 e 1 instrument et traverse ainsi
lîdTdeT6' PCU dC Sanff s’écoule d’hamî a 3 Pa.rt'e> à raiso11 du Petit -béé des vaisseaux lésés et de leur u de développement.
Procédé de Buchanan. — L’opéra-
;trSoeuSaf’ P0.Ul- ‘^^deuter, d’u.,Ptrort quadrangulaire et le porte sur la •mbrane, au milieu environ de l’es- :e compns entre son centre et son d infeneur, puis en fait pénétrer uite la pointe de 2 millimètres en-
’. en ''ya,d soin d’imprimer en ota S 3 3 tigC des moi*vements
ôta. o„ en sens opposé; espérant, en
ers les fil larSement et en
rs les fibres de la membrane et ter les lèvres de l’incision.
DE MÉDECINE OPERATOIRE.
se sert d’une canule à extrémité tranchante contenant une tige évidée en tire-bouchon , et terminée par un petit disque nnnee dont la circonférence présente aussi un tranchant mis en regard de celui de la canule. Pour en faire usage, 1 opérateur porte l’instrument jusque sur la membrane du tympan , en l».l progresser la lige à r.ije d'un mouvement de rotation , cette tige nénetre alors à la façon d’un tire-bouclfon a travers la membrane, et une fois quelle est arrivée à 2 ou 3 millimètres au delà, le disque tranchant se trouve
rarér,.avec force COlltre Ja canule à aide d un ressort qui se détend Pt coupe .un morceau circulaire de îa^m- %
D. appréciation.
K. CAUTÉRISATION
1 &uerc plus question de nos que pour mémoire. S