‹ Encyclopédie des sciences médicales (volume 3)Chapitre 460 sur 656 · C. PROCÈDE GAIUAL · texte numérisé non relu

C. PROCÈDE GAIUAL

M. Gairal, une fois le bec de la sonde arrivé à l’orifice postérieur des fosses nasales, fait décrire à l’instrument un quart de ce.rcle à l’aide d’un léger mou- • vernent de rotation en dehors; et en avançant ensuite de quelques millimètres, il arrive’ immédiatement à l’orifice. Si. Gairal attache avec raison une importance extrême au mouvement de rotation dont nous avons parlé , car il est fondé sur des données anatomiques ; aussi a-t-il eu soin de faire grSver sur les diverses faces du pavillon de la sonde des chiffres destinés, à faire connaître à l’opérateur le moment où le mouvement est’ complet. Ou comprend en effet que , s’il ne lui donnait pas l’étendue nécessaire, l’opérateur descendrait dans le pharynx , et qu’il irait heurter, au contraire, le côté externe de l’apophyse ptérygoïde dans le cas où celle étendue serait trop longue. Une fois le hec de la sonde introduit, l’opérateur, afin de pénétrer dans le canal , continue ensuite le mouvement de rotation pour relever le bec en haut et en dehors, en même temps qu’il enfonce la sonde. Quant à la courbure à donner à la sonde , elle doit être déterminée parla direction de la fosse nasale et de la trompe : ainsi, on sait que Boyer faisait usage d’un instrument à courbure de 13 degrés, tandis que M. Gairal préfère se servir d’une sonde à 45 degrés.

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D. PROCÉDÉ DE M. DELEAU ,

Pour les cas où la narine correspondant au côte malade est elle-même resserrée.

Lorsque la narine correspondante est oblitérée par une déviation ou par toute autre altération , l'opérateur peut alors pénétrer par l’autre narine avec un instrument à courbure plus prononcée et à bec légèrement renversé du côté de la convexité; puis il le fait cheminer , la concavité tournée en bas et en dedans , le long du bord inférieur de la cloison ; et une fois qu’il est arrivé au voile du palais, il lui imprime un mouvement de rotation assez prononcé pour relever son extrémité derrière le vomer et ar-

river a la trompe. Le reste de l’opération est ensuite le même que dans les autres procédés que nous avons déjà décrits. Un point important, on le con- ■ çoit, est, avant tout, de s’assurer que l'instrument Test bien placé ; à cet égard, l’opérateur ne saurait apporter trop de soiùs. Du reste, le malade, pour peu que la sonde soit mal placée, s’en aperçoit aussitôt et en avertit incontinent l’opérateur, pour peu qu’il ait déjà subi surtout l’opération. Le chirurgien, d’ailleurs, ne saurait s'y méprendre pour peu qu’il examine Ta position de la son- • de ; au besoin 4 d’ailleurs , il en acquerrait la certitude en ayant recours à une injection d’eaù ou à’air , puisque le liquide , 9i l’instrument est bien placé, pénétrera dans la caisse du tympan, ou tombera au contraire dans fe pharynx pour peu qu’il soit mal engagé, ou au •moins n’arrivera pas jusqu’à poreille moyenne. — Nous ne saurions trop recommander du reste aux praticiens, alors qu’ils recourent aux opérations dont nous nous occupons en ce moment, défaire pénétrer l'instrument brusquement, quoique avec douceur : car , en tâtonnant ou en procédant lentement, on n’obtient presque jamais de résultats et on cause plus de gêne et de fatigue au malade. — M. Velpeau s’est demandé jusqu’à quel point il ne serait pas avantageux de substituer la cautérisation aux injections pratiquées dans le but de désobstruer la trompe. Nous avouons, pour notre part, être disposé à considérer ce moyen comme préférable dans certains cas aux injections, et nous n’hésiterions pas à le mettre au besoin à l’épreuve.

E. APPRÉCIATION

Avant de nous occuper de l’appréciation des méthodes et des procédés proposés pour le cathétérisme de la trompe d’Eustache, il nous faut, ce nous semble , faire connaître auparavant notre opinion sur la valeur du moyen luimême. Or, nous le déclarons , le cathétérisme de la trompe d’Eustache ne mérite certainement pas l’oubli dans lequel il est tombé : car, uni aux injections, il peut débarrasser complètement : le conduit des mucosités épaissies qui occasionnent souvent la surdité ; et bien qu’il soit vrai de dire qu’il réussit moins alors que la muqueuse est épaissie , tout espoir cependant n’est pas perdu, puisqu’on peut être assez heu-

DE MÉDECINE OPERATOIRE.

reui pour en obtenir la résolution , ainsi qu’il arrive pour d’autres canaux atteints d’inflammation chronique. Alors surtout les injections et les fumigations astringentes conviennent , et on peut être assez heureux pour obtenir avec leur secours la désobstruclion du canal. Qu’on se garde de penser , du reste , que l’introduction de la sonde dans la caisse se fasse sans douleur ; elle occasionne au contraire souvent un chatouillement insupportable dans le nez , à tel point qu’il faut au préalable y habituer le malade avant de parvenir à le sonder. Ajoutons que nous avons vu la pénétration de la sonde être ellemême fort douloureuse , et le plus léger mouvement imprimé à cet instrument retentir péniblement au fond de l’oreille ; aussi ne faut-il jamais omettre de fixer l’instrument avant d’y introduire la canule de la seringue. Au dire de M. Itard , du reste , il survient quelquefois à la suite de l’injection , non -seulement des douleurs très-vives, mais encore des éblouissements , des vertiges et de la syncope. Bien plus, suivant cet écrivain consciencieux, cette douleur est si constante , que les opérateurs qui ne l’ont pas mentionnée sont ceux sans doute qui se bornaient à laver l’orifice de la trompe sans pénétrer dans la caisse. Cette douleur dure peu, il est vrai, d’habitude ; néanmoins nous l’avons vue, ainsi que le dit M. Itard , persister pendant vingt-quatre heures, accompagnée de mouvement fébrile et de céphalalgie. — Quoi qu’il en soit, relativement aux différents procédés qui ont été proposés, nous dirons que celui qui, à nos yeux, semble le plus rationnel , est celui de iVl. Gairal; aussi sommes-nous d’avis qu’il faut de préférence ; y avoir recours , alors qu’il n’y a point d’obstruction des fosses nasales. Peutêtre cependant, ainsi que le fait remarquer M. Malgaigne , la portion recourbée de la sonde dont il se sert a-t-elle trop de 5 centimètres et demi de longueur, à raison de la difficulté que doit éprouver la rotation d'un quart de cercle dans un espace aussi rétréci. — II >va sans dire que le procédé de M. Deleau, que nous avons décrit en dernier | lieu , et celui proposé en 1724 par i Guyot, sont les seuls auxquels l’homme de l’art puisse recourir , alors que la * fosse nasale correspondant à la trompe d Eustache affectée se trouve elle-même ; resserrée : dans ce cas , en effet , on

pourrait peut-être avoir recours- avec avantage au calhéterisme par la bouche, en ayant soin de porterai indicateur^ au fond de la bouche et jusque dan3 1 arrière-narine , afin de reconnaître la saillie formée par le bourrelet supérieur de l’orifice et pour mieux diriger l’instrument. — Qu’on se garde de penser, du reste , que les choses se passent aussi facilement sur lè vivant : trop souvent, en effet, l’opérateur a à lutter contre les contractions du voile du palais et du pharynx ; mais enfin, avec un peu de patience , on se rend maître des difficultés , et le doigt une fois arrivé sur le conduit le reconnaît aussitôt.

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