‹ Encyclopédie des sciences médicales (volume 3)Chapitre 470 sur 656 · I. ECTROPION PAR EXUBERANCE EE LA CONJONCTIVE · texte numérisé non relu

I. ECTROPION PAR EXUBERANCE EE LA CONJONCTIVE

Au premier cas; on oppose la cautérisation de la conjonctive avec le nitrate d’argent ou l’application de collyres secs ou résolutifs, ainsi que l’ont fait avec plus ou moins de succès G. de Salicet, J. Cloquet, Saint-Yves, Scarpa, M. Velpeau, etc., et lorsqu’on ne réussit pas avec ces moyens, on a recours à l’excision d’une partie de la conjonctive.

(I) Malgaigne, ouvr. cité, p. 360.

(2; Ibid., p. 563.

(3) Ibid., p. 30 -i.

TRAITE

A. EXCISION

Manuel opératoire. — La paupière maintenue renversée par un aide, le chirurgien, la main armée de bonnes pinces à disséquer, embrasse un repli de la membrane malade assez large pour ramener les cils à leur direction normale, mais insuffisant pour les renverser en dedans ; puis il coupe ce repli du grand angle vers le petit, quand il opère sur l’œil droit, et en sens contraire pour l’œil gauche, s’efforçant de ne rien comprendre dans son incision que la conjonctive, et de la rapprocher plus du globe oculaire que du bord palpébral :

l’opérateur se sert pour pratiquer cette opération de ciseaux droits ou de ciseaux courbes sur le plat. Il pourrait du reste faire usage au besoin d’un bistouri bien affilé ou d’une bonne lancette. Quoi qu’il en soit, il laisse, une fois l’incision faite, le sang s’arrêter de lui-même , puis il traite le malade comme s’il s’agissait d’une ophthalmie ordinaire ou traumatique. Paul d’Egine (l),en pareille occurrence, se servait, au lieu de pince, d’un fil passé transversalement d’un angle oculaire à l’autre, afin de soulever la conjonctive et d’en faciliter l’excision. Rappelons du reste en terminant que la méthode si simple dont nous venons de parler, et dont Severin (2) avait fait un précepte, était oubliée quand Bordenave (3) vint la proposer comme une opération .nouvelle et en faire de nouveau ressortir tou6 les avantages.

Quelques chirurgiens ont proposé, une fois l’excision terminée , de relever aussitôt le bord de la paupière du côté de l’œil, et de le maintenir ainsi redressé au moyen de bandelettes de diachylon ou de quelques bandages, à l’effet de favoriser le rapprochement des deux lèvres de la plaie établie sur la conjonctive. D’autres, comme Dzondi(4), n’ont pas craint de conseiller l’excision des cicatrices cutanées lorsqu’elles existent, ou de recourir à une incision en demilune sur la racine de la .paupière, afin de rendre le bandage plus propre à relever le bord ciliaire , mais nous ne nous arrêterons pas à l’emploi de cas

(1) Méd. efficace, p. il, cbap. xxxm.

(2) Mém. de f’Acad. dechir.

(5) Grande pratique des mal. des yeux, par Caron du Villards, t. î, pi 342. *

(4) Ibid., p. 343.

moyens que personne n’emploie, et nous passons immédiatement à l’étude de ceux mis en usage contre l'ectropion produit par le raccourcissement de la peau. Nous dirons cependant auparavant qu’il est vrai, ainsi que le fait remarquer M. Cunier (t), que le procédé de Bordenave et les modifications attribuées à Dzondi, à Lisfranc et à plusieurs autres se trouvent dans Guillon- Dolois(2), qui, à propos de l’œil éraillé, s’exprime ainsi : « Il faut, dit-il , prendre une aiguille enfilée, laquelle sera passée le plus bas que faire se pourra de la supercroissance de chair ; puis avec ledit fil sera icelle soulevée, ensemble la paupière, et avec la pointe des ciseaux sera petit à petit coupée ou avec un bistouri courbé, tout d’un coup, si faire se peut... Mais si la cause de ce mal vient pour avoir trop coupé la paupière ou pour brûlure, cicatrice ou couture mal faite, il faut faire une incision sur la peau d’icelle partie externe, quelque peu éloignée du cillon, laquelle commencera vers le coin de l’œil, finissant à l’autre en forme de croissant, puis on séparera les bords, mettant entre-deux de la charpie. »

§ II. Ectropion par raccourcissement

de la peau.

Divers moyens ont été employés contre cette affection, l’excision de la conjonctive, celle du cartilage tarse, l’excision en Y de la paupière, la tarsoraphie, la blépharoplastie et enfin la méthode de M. Dieffenbach.

Page 1