C. METHODE OVALAIRE
I. a. Procède de M. Scouleltcn. La main étant située comme dans le cas précédent, l’opérateur saisit un bistouri droit à l’aide duquel il pratique , à 7 millimètres de l’articulation , une incision qu’il dirige en droite ligne vers la commissure digitale ; relevant alors le doigt dans l'extension, il prolonge son incision sur la face palmaire en dirigeant exactement l'instrument sur la rainure qui sépare ce doigt de la mvn ; parvenu au côté opposé, il place de nouveau le doigt dans la flexion, et achève ensuite la section des parties molles en faisant parcourir au bistouri l'intervalle qui sépare ce côté de la commissure jusqu’à 5 millimètres au-dessus de l’endroit où il avait d’abord commencé l’opération ; 2° il procède alors à la dissection des lèvres de la plaie après avoir, au préalable, fait écarter fortement les doigts voisins, puis pénètre dans l’articulation par la fice dorsale, et, coupant l’un après l’autre les ligaments latéraux, achève l’opération en détachant le doigt à sa partie antérieure. Au lieu de continuer l’incision sur la rainure palmaire une fois que l’instrument est arrivé à la commissure digitale, on a proposé de pratiquer immédiatement la seconde incision; et puis, de pénétrer dans l'articulation et de ne couper la base du lambeau qu’après avoir parcouru toute l’étendue des surfaces articulaires. On a, de la sorte, au lieu d’une incision ovalaire, primitivement au moins une incision en forme de V renversé, puisque on ne divise qu’à la fin la peau en avant vis-à-vis la rainure cutanée. On a conseillé encore de changer le bistouri de main pour pratiquer chaque incision oblique; mais c’est com-
pliquer l’opération sans aucun avantage pour le manuel opératoire. Aussi pensons nous qu il est préférable de les faire l’une et l’aulre avec la main droite.
D. Appréciation. La méthode circulaire est d’une exécution assez difficile ; et, s’il est vrai qu’elle donne d’assez beaux résultats , ceux-ci étant pour le moins aussi avantageux dans la méthode ovalaire , c’est évidemment à celle dernière qu'il convient d’accorder la préférence.
A l’aide de celte méthode , en effet, on obtient une cicatrice linéaire; elle offre d’ailleurs l’avantage de ne pas nécessiter i’inlégrité parfaite de la peau et de laisser intact le coussinet palmaire. Il est vrai qu’elle expose à ne pas avoir assez de chairs pour recouvrir la tête de l’os ; mais c'est un inconvénient auquel on peut sûrement remédier en faisant commencer l’incision oblique un peu plus à gauche que la ligne médiane, et en pratiquant l’autre incision à 5 millimètres au-dessous du commencement de la première sur laquelle elle doit tomber. — Quant à la méihode à lambeaux , outre qu’elle donne lieu à une cicatrice moins belle cl plus facilement atteinte par les corps extérieurs , elle a encore le grave inconvénient de ne pas laisser souvent assez de parties molles pour recouvrir les surfaces articulaires, et d’obliger quelquefois le praticien à tirailler les tissus environnants.
lé . Pansement et suites. Il est rare que le tronc des artères collalérales soit divisé pendant l’opération : l’hémorrhagie n’est donc pas plus à craindre ici qu’à la suite de l’amputation des phalanges.
Le pansement est le même , avec celle difforence que si on a conservé plusieurs lambeaux il faut alors faire usage d’une bandelette étroite de diaehylon pour maintenir les deux portions de peau conservées sur la lêle de l’os métacarpien : si , au contraire , on a eu recours aux incisions obliques ou à la méthode ovalaire , il suffit d’en placer une en travers , et de rapprocher, autant que faire se peut, la racine des deux doigts collatéraux , en ayant soin de presser avec modération sur les bords de la main avec le bandage.
F. Accidents. Pour les prévenir, Garengeot , on l’a vu , conseillait d inciser la gaine fibreuse ; et en cela il avait été imité par J.-L. Petit et Bertrand. Mais on ne voit pas comment ce débridement préventif , conseillé également de nos jours par M. Barthélemy, pourrait s’op-
DE MÉDECINE OPERATOIRE.
poser aux phlegmasies graves dont ces parties sont quelquefois le siège après les amputations. Les antiphlogistiques les plus puissants, et, si le mal persiste, les frictions mercurielles , mais surtout des incisions nombreuses et profondes pratiquées de bonne heure , tels sont les moyens à l'aide desquels on peut espérer triompher de ces inflammations redoutables, qui compromettent le membre et souvent la vie du sujet en quelques jours. Quelque douloureuses que soient ces incisions, nous les préférerions à la potasse caustique, dont M. Champion dit s’être servi avec succès.
§ III. Amputation simultanée clés quatre derniers doigts.
Les occasions de pratiquer une semblable désarticulation doivent , on le conçoit, être assez rares. Cependant on en trouve plusieurs exemples dans les auteurs de chirurgie; et j’ai eu occasion d’assister en Espagne à une amputation de cette nature, faite pour remédiera un accident traumatique. La méthode circulaire et la méthode «à lambeaux ont d ailleurs été conseillées pour cette opération.
A. MÉ-MODE CIRCULAIRE
a. Procédé de M. Cornu au. La mai est placée en supination et maintenu dans cette position par les quatre doig; de la main gauche de l’opérateur. Celui ci pratique alors sur la rainure digito palmaire une incision demi-circulair qui intéresse d’abord la peau, puis le vaisseaux, les nerfs, les tendons fléchis scurs, et qui arrive enfin jusqu’à l'articulation ; ce qui constitue le prenne, temps de l’opération.
Pendant le second temps , la main es placée en pronation; puis l’incision de ,nî ciroulairc complétée à la face dorsale , au niveau de la commissure dedoigts: les articulations sont ensuite ou' vertes apres la section préalable de tou- , les parties molles. Il ne reste plus Pour terminer, qu’à luxer, pendant h troisième temps , les têtes des phalanges
q /'rr CS ,éGumc"ls latéraux ci le "gament antérieur.