I. TRAITEMENT SIMPLE
M. Velpeau a consacré un chapitre, dans la seconde édition de sa Médecine opératoire, à l’énumération des différents moyens qui ont été mis en usage pour obtenir la guérison de la cataracte sans opération. Bien que nous soyons disposé à admettre que jusqu’à ce jour aucun traitement médical n’ait réussi, et que dans la plupart des cas, sinon dans tous, les traitements les plus douloureux n’ont guère eu pour effet que de
(1) Rosas, Ilandbucli der Augcnheilkunde, Bd. 5, 685. — Malgaigne, Journ.
de chir., t. i, p. 225. — Ibid., octobre 1844, p. 295. — Gaz. des liôp., 20 août
retarder la marche de la maladie, nous nous sommes néanmoins fait un devoir de signaler à nos lecteurs les différentes tentatives qui ont été faites à cet égard. Ainsi, à eu croireMaître-Jean, Callisen, Alberti, Gendron , Murray, Richter, Ware,etc.,on serait parvenu, à l’aide d’un traitement général, à guérir des cataractes dont étaient atteints des individus scroiuleux, syphilitiques ou scorbutiques.
La jusquiame , un séton à la nuque (l), quelques révulsifs (2) , paraissent aussi avoir réussi entre les mains de quelques-uns. Dans d’autres circonstances, au dire de Reines (3), de Manoury (4), de Sanson (5), on l’aurait vu disparaître spontanément; et il faut en dire autant pour les faits rapportés par Mondière (6), Gerson (7), et Convers (8) et par plusieurs autres; soit que la guérison soit survenue alors à la suite de coups reçus sur l’œil ou les parties voisines , ou que le cristallin, passé dans la chambre antérieure de l’œil, ait fini par s'y dissoudre comme dans les cas dont ont fait mention MM. Auseaux et Bobillier (9) ; mais, tout en reproduisant ces faits, nous ne saurions cependant trop prémunir nos lecteurs contre les hommes qui spéculent sur la crédulité publique pour guérir la cataracte sans opération, et qui se bornent la plupart du t cm ps à insl i 1 1er quelques gouttes d’extrait de belladone. A l’aide de ce moyen, en effet, le champ de la pupille devient plus ample et le malade y voit mieux pendant quelque temps, et est plein d’espérance; mais malheureusement l’erreur ne peut être de longue durée, et la pupille est à peine revenue sur elle-même que les symptômes de cécité reparaissent, et que le malade s’aperçoit alors qu’il a été victime du charlatanisme.
(t) A. Champcsme, Arch. génér. de méd., t. i, p. 290.
(2) Schxvariz, Revue méd., t. ni, p* 126. 1828. — Larrey, Clin. chir.
(5) Arohiv. gén. de méd., t. xxn, p.
(t) Dibl. méd., t. iv, p. 185, IS27.
(5) Compte-rendu de l'IlètcI-Dicu de Lyon, p. 83. 1824.
(6) Arcliiv. de méd., t. H, p. 552, série.
(7) Ibid., I. vin, p. 224, ibid.
(S) Clin, chir., 2* édil., p. 161.
(9) Mém. de méd., chir. ei pharm.
mil., t. xvi, p. 240. 1825.
DE MÉDECINE OPERATOIRE.