B. CONTRE-INDICATIONS
La cataracte est-elle au contraire ompliquée, soit de maladies de la cor-
(1) Thèses de Paris, n° 545. 1853.
(2) Journ. complém. des sc. rnédic.
xxxi. — Bull, de Fértissnc, t. x.
(3) Sanson, Journ. univ. des sc. rnéd.
•illct 1809. — Roux, Diel. de niéd. et « chir. pr:it., t |)( p lü8 — Carron du
“lards, ouvr. cité, t. u, p. 27t. — Pas-
U‘”L, Cancelle française, t. xu, p. 251.
Jnèsesde Paris, n° 180. (837.
née ou de l’iris, d’amaurose, de choroïdite chronique, de transformations du corps vitré ou d’altérations de la rétine, il faut se garder d'opérer, car les chances de réussite sont peu nombreuses.
Nous en disons autant pour les cas où il existe des douleurs profondes dans l'orbite. L’immobilité de la pupille a été signalée aussi comme une circonstance propre à arrêter l’homme de l’art : à ce sujet pourtant il importe de remarquer que l’immobilité de celle membrane n’est pas un signe certain d’amaurose, et que dès lors on ne saurait la considérer comme une contre-indication absolue.
La mobilité du cristallin ou des humeurs ou le tremulus iridis doit être considéré aussi comme une contre-indication , au moins pour l 'extraction; sans quoi on s’exposerait à voir l’humeur vitrée, devenue plus fluide, s’échapper comme de l’eau par l’ouverture de la cornée, ainsi qu’il est arrivé à M. Velpeau (i) : celte mobilité des humeurs serait, à en croire Portai (2), quelquefois héréditaire.
C. CON VIENT-IL DE RECOURIR A L’OPERATION QUAND UN SEUL OEIL EST ATTEINT DE CA- TARACTE.
Des dissidences se sont élevées à cette occasion entre des hommes d’un mérite distingué, et les uns et les autres ont produit des arguments en faveur de leur opinion; ainsi, ceux qui proscrivent l’opération ont dit : 1° que, le cristallin une fois détruit d’un côté, il devait en résulter un trouble dans la vision, à raison de la différence de la réfraction des milieux; 2° qu’en agissant de la sorte on exposait non seulement fœil opéré aux chances d’une inflammation, mais encore on faisait courir des dangers à l’œil malade, ainsi que l’atteste le fait rapporté par M. J. Cloquet (3); 3° que si, après avoir opéré un seul œil atteint de cataracte, la maladie s’empare ensuite de l’autre, le malade, si on se décide à une seconde opération, aura couru deux fois les chances d accidents graves pour chaque œil • entin qu en opérant successivement sur chaque œil on s’expose à les perdre
u6.d\ ®Péi;al’> l- m> P- 389.
Ajal- héréd., p. 87, 5« édit.
Dict- de méd. en 50 vol., t.
TRAITE
tous les deux, tandis qu’eu opérant sur les deux yeux en même temps, il est rare, s’il survient des accidents, qu’ils ne se concenltent pas sur un seul œil et que dès lors il n'y en ait pas au moins un qui recouvre la vue complètement.
A chacune de ces objections, il a été répondu : 1° qu’il n’est pas exact de dire que l'opération de la cataracte , alors qu’un seul œil en est affecté, apporte constamment du trouble dans la vision ; les faits observés par Maître-Jean (l), Wenzel(2), Lusardi (3),Velpeau(4),etc., prouvent suffisamment le contraire; 2® que l’accident observé par M. J. Cloquet serait sans réponse, si cet accident n’était pas très-rare , et si d’autres motifs ne plaidaient en laveur de l’opération pratiquée sur un seul œil, savoir, la crainte de voir l'œil affecte devenir amaurotique et V altération s'étendre à la capsule , qui pourra devenir adhérente à l'iris (5), et que souvent enfin on voit, après une double opération de cataracte, les deux yeux se perdre à la suite d’accidents graves développés dans l’un et l’autre organe. Si maintenant nous ajoutons à toutes ces raisons que l’individu atteint d’une cataracte se trouve dans les conditions d’un borgne, et surtout que l’opération pratiquée sur un seul œil a eu plus d’une lois une influence heureuse sur le développement de la cataracte de l’œil du côté opposé ou même sur la cure de cette affection (6), on comprendra que les jour-
(1) Traité des mal. de l’œil, p. 196, édit, de Paris, in-12, 1741.
(2) Traité de la cataracte. Paris. 1786. in-8». Obs. 6, 15, 16, 19, 22, 25, 29,30, al , o4.
(5) Mémoire sur la cataracte. Paris, 1852. in-8°. — Journ. unir, des sc. môd.,
t. X.XIII.
(4) Méd. opér., p. 624, Ie édition.
(5) Nous avons souligné ces mots à dessein, parce que les arguments dont nous nous servons ici nous les empruntons à SI. J. Cloquet lui-mcme (Diet.
de méd. en 50 vo!., t. vt, p. 525. 1831).
(6) Bowen, Praelical obs. on t lie removed of every species and variety of catarael by liyaloryxie or vitreous opérât.; illuslrated by crilical and general remarks on flic otlier metliods employed.
Lond., 1824. — Wcllcr, Mal. des yeux, t. i, p.288, trad. franc. — Wenzel, ouvr. cité. — Stevenson (John), A praelical lrcatise of tho calaract. Lond., 1815-
naux aient attaché une certaine importance à l’article que M. Bérnrd vient de publier dans le Journal des connaissances médico - chirurgicales (l ). Bien que, nous sommes obligé de le déclarer, cet article ne contienne pour ainsi dire rien qui ne fût parfaitement connu, nous ajouterons même que la plupart des ophtalmologistes modernes avaient exprimé une opinion semblable, et on a pu voir plus haut comment M. J. Cloquet s’exprimait à cet égard.
D. CONVIENT— IL, UNE FOIS LA CATARACTE COMPLÈTE, D'OPERER A LA FOIS SUR LES DEUX YEUX, OU BIEN EST-IL PREFERABLE DE METTRE UN CERTAIN INTERVALLE EN- TRE LES DEUX OPÉRATIONS?
Ici encore des dissidences exisient entre les chirurgiens; un assez grand nombre de praticiens , au nombre desquels il faut placer Scarpa, Demours, Forlenze, recommandent de u’opérer qu’un seul œil et de laisser s’écouler un certain temps avant de songer à la seconde opération, la vision se trouvant presque toujours compromise quand il survient des accidents, et l’affaiblissement qui suit si souvent l’opération de la cataracte ne portant alors que sur un seul œil, enfin l'inflammation étant d’habilude plus violente quand on a opéré les deux yeux. Pour notre part, nous avouons partager une opiniou contraire, et nous ranger à l’avis de ceux . qui croient qu’il vaut mieux opérer les ; deux yeux le même jour et à quelques • minutes d’intervalle ; car, en agissant ainsi on a l’avantage 1° de rendre plus I tôt et plus complètement la vue au malade, 2® d’éviter une seconde opération i propre à faire naître plus tard de nou- • veaux accidents, enfin d’être toujours • sûr de réussir au moins d'un seul œil; . tandis qu’en agissant différemment, c’està-dire en opérant sur un seul œil, dans h le cas où l’opération ne serait pas suivie ■ tle succès, on aurait vraisemblablement beaucoup de mal à décider le tnilade à subir une seconde opération. Dans le
181 4. — Wardrop, Observ. on a mode of ruaking the incision of i lie corne» forihc extraction of t lie calaract. Lond., ISISin-8°. . jSj
(2) Journ. desconn. méd.-chir- — *"* cyclographie des sc. méd., p- 355 a 35VL Juillet 1844.
cas cependant oit l'existence de quelque complication locale ou générale serait de nature à faire redouter quelque accident, mieux vaudrait sans contredit alors imiter Beer, et n’opérer qu'un seul teil, afin de réserver l’autre pour une autre époque, et d'essayer pendant ce temps de faire disparaître la complication générale (l); mais ce cas, au lien :de détruire la règle générale que nous établissons, la confirme au contraire en prouvant seulement quelle n’est pas absolue.