III. INCISION EN HAUT
Procède' de JBrisseau de Tournay,
V enzell, Richter, etc.
Pour exécuter ce procédé, l’opérateur introduit horizontalement le couteau le tranchant en haut; puis, une fois l’instrument introduit, il taille en lambeau la demi-circonférence supérieure de la cornée, en prenant tout le temps qu’il croit nécessaire et en partageant l’opération en plusieurs temps, suivant qu’il le juge convenable. Santarelli avait, il est vrai, l’habitude de pratiquer l’incision d un seul coup avec un kératotome ad hoc. On ne saurait se dissimuler
TRAITÉ
cependant <jue ce procédé est, comme exécution, plus difficile que ceux que nous venons de décrire, et cette difficulté se fait sentir surtout alors que l'œil se tient convulsivement relevé sous la •paupière supérieure : aussi plus d’un praticien est-il d’avis, nonobstant l’avantage qu’il offre d’exposer moins à la sortie du corps et au décollement des paupières , qu’il est pour ainsi dire exceptionnel et ne convient guère qu’aux cas où la cornée très-petite réclame en quelque sorte une incision des deux tiers de sa circonférence, ou pour ceux où son opacité occupe sa moitié inférieure. Peut-être est-il vrai de dire qu’en suivant les préceptes de M. Malgaigne, qui, pour l’œil droit, se place, on le sait, derrière le malade, peut-être estil vrai qu’alors dans ce cas les difficultés de l’exécution seront moins grandes.
En tout cas, convient-il de ne pas perdre de vue, dans l’appréciation de ce procédé , les succès qu’en ont obtenus Jœger et Græfe. Si nous ne parlons pas de la difficulté dont ont fait mention quelques écrivains, relativement au relèvement de la paupière supérieure, c’est que dans notre pensée il est facile d’y remédier, en appuyant l’élévatoire de Peltier sur le repli inférieur de la conjonctive entre l’œil et la paupière inférieure, et surtout en le retirant en bas à l'aide d’une pince à dents de souris ou d’une érigne.
D. SCLÉROTICOTOMIE.
Proposée par Bell et Earl , l’extraction de la cataracte par l’incision de la cornée a été on ne peut plus vantée par Quadri , qui prétend avoir obtenu 21 succès sur 25 opérations. Ce procédé consiste, on le sait, à diviser la sclérotique dans le lieu d’élection pour l’introduction de l’aiguille , alors qu’on a recours à l’opération par abaissement , puis à aller chercher le cristallin avec des pinces, ce qui occasionne souvent la sortie d’une assez, grande quantité de l’humeur vitrée, indépendamment de la section des vaisseanx ciliaires, qui donne souvent lieu à une hémorrhagie ; aussi les praticiens sont-ils loin de partager l’opinion de M. Quadri sur la valeur de ce procédé. Dans l’opinion de beaucoup de praticiens , en effet, les insuccès de M. Quadri sont aussi nombreux que ceux de M. Roux , qui persiste à préférer l’extraction par abaissement. Ces in-
succès , du reste , n’empêchent pas le professeur de Vienne de continuer à inciser la partie inférieure de la cornée en même temps qu’il introduit une aiguille pour le scléroticonyxis ; procédé imaginé, du reste, par Adams, mais promptement abandonné par ce dernier, qui s’était convaincu qu’il ne procurait pas des succès plus nombreux, et qu’il avait l’inconvénient d'exposer le malade et aux dangers de l’extraction et à ceux de l’abaissement. Aujourd’hui, en effet , chacun paraît convaincu avec Carron duYillards que 1° après l’incision de la sclérotique, l’œil peut se vider instantanément ; 2° que le cristallin , fuyant dans l’intérieur de l’œil, ne peut souvent être extrait , car il peut passer dans la chambre antérieure, ainsi qu’a pu le constater trois fois M. Collier; 3° qu’il se manifeste souvent une hémorrhagie qui peut donner lieu à une cataracte grumeuse ; 4° et que la suppuration qui survient dans la plaie peut amener la fonte purulente de l’œil ou des hypopions.