CATARACTES ARTIFICIELLES
L’introduction d’un instrument dans J’œil doit être , pour ainsi dire , considérée comme une affection traumatique de cet organe : aussi convient-il d’attaquer vigoureusement les accidents qui lui succèdent. Ainsi, les opérés sont-ils forts , sanguins , pour peu que des signes d’intlammatiou se manifestent , tout aussitôt doivent être pratiquées une ou deux saignées abondantes , selon les cas. Pas n’est besoin de dire , je pense, que la diète la plus absolue et les purgatifs , pour peu que le praticien le juge convenable , seconderont les bons effets des évacuations sanguines générales. C’est à l’opium, c’est-à-dire au laudanum employé en frictions ou eu lavements, que l’homme de l’art aura recours pour guérir les accidents nerveux; et pour peu qu’ils présentent quelque chose d’intermittent, il s’empressera d’y ajouter du sulfate de quinine ou du carbonate de fer. Quant aux vomissements , qui paraissent se développer plus particulièrement à la suite de l’opération par abaissement , les boissons glacées , la potion de Rivière ou quelques pilules narcotiques suffisent ordinairement pour s’en rendre maître, à moins qu’ils ne s’accompagnent de céphalalgie et de rougeur de l’œil : dans ce cas, en effet, mieux vaut recourir aux antiphlogistiques. On retire, du reste, parfois des résultats on ne peut plus avantageux de l’application de sinapismes sur l’épigastre. Il va sans dire que le sulfate de quinine, uni ou non à l'opium, serait mis en usage si l’opérateur apercevait le moindre signe de périodicité dans ces symptômes. Nous passons à dessein sous silence ce qui a trait aux inflammations, car ce serait entrer pour ainsi dire dans le domaine de la pathologie , puisque nous serions conduit à nous occuper de la kératite et de
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l’iritis phlegtnoneuses. Disons seulement que ces plileguiasies doivent êlre traitées par les antiphlogistiques, Les plus énergiques , saignées coup sur coup, etc., etc., afin d’éviter les exsudations ou la fonte de l’œil.
I. DES MOYENS DE PRODUIRE Aurlf IC1EELE- MtEiNT LA CATARACTE..
Le besoin d’exercer les jeunes chir rurgiens à opérer habilement la cataracte a fait songer à produire artificiellement l’opacité du cristallin. Ainsi, Troja avait proposé de mettre cet organe en contact avec un acide étendu d’eau. M. Leroy-d’Eliolles a rapporté , dans un travail intéressant , avoir fait quelques essais pour apprécier les observations rapportées par Stenon et Tartra. : ainsi , il exposa des yeux de bœuf à la vapeur de l’acide nitrique et de l’acide sulfurique, puis il les plongea pendant un quart d’heure dans une solution très-étendue d’acide nitrique,, et il vit la cornée devenir opaque et le cristallin perdre une seule fois sa transparence; et il ajoute « qu’il conçoit difficilement que , dans les faits rapportés plus haut, la cornée soit demeurée intacte. » Qu’il nous soit permis , à cette occasion , de faire remarquer que , pour que ces essais fussent concluants, ils auraient du être faits sur des animaux vivants , l’action des acides sur le cristallin n’étant pas sans doute seulement chimique , mais étant à la fois chimique et vitale. Sans doute , la cornée , mise en contact avec des acides, se trouvera promptement altérée ; mais pour pouvoir se servir de ce fait en l’appliquant au développement des cataractes, il faut, non pas mettre la, cornée en contact avec ces acides, mais constater sur cet organe l’influence d’un acide gazeux : soit, par exemple , un animal vivant dont l’œil sera tenu pendant plusieurs mois à Faction de l’acide nitrique , h l’effet de reconnaître son influence sur les humeurs de l’œil et surtout sur le cristallin, et de voir en même temps jusqu’à quel point, celte lentille devenant opaque, la cornée conserve sa transparence. — En tout cas , comme rien ne prouve que les observations deStenon, de Tartra et de plusieurs autres soient entièrement dénuées de fondement , nous croyons cependant qu’il est sage de recommander aux graveurs, aux fabricants d’acides minéraux
et aux affineurs de prendre toutes les précautions convenables pour préserver leurs yeux de l’action de l’acide nitrique (acide azotique). — Ajoutons, avant de terminer ce chapitre, que ,11. ffeuner de Darmstadt se sert , pour obtenir de3 cataractes artificielles , d'une solution de 30 centigrammes de sublimé corrosif dans. 8 grammes d’alcool pur , tandis que M. Leroy - d’Etioües conseille de recourir aux décharges électriques. — Quand on se sert de lu solution, on l’in- Iroduit dans une pelite seringue en.
verre garnie d’une platine , terminée par un siphon très-fin et traversé , de manière à en dépasser les deux extrémités, par un stylet très-aigu. Une ouverture préalable étant faite an côté externe de l'œil, on y plonge le siphon de la seringue- jusqu’à la face postérieure du cristallin, dans laquelle on enfonce le stylet, qui fait jour au siphon lui même. Le stylet une fois retiré, on pousse l’injection , et le cristallin ne tarde pas à blanchir. Peut-être, ainsi que le fait remarquer lVI. Ilalgaigne, scrait-il plus simple de se servir de la seringue d’Anel, ou d’un tube de verre affilé dans la lampe , dans lequel le liquide serait soufflé en poussant ; ou de l’instrument employé par M. Turck pour la cautérisation des dents , et qui consiste dans un tube de verre à parois très-minces, de 18 millimètres à peu près de diamètre, renfle en houle à une extrémité, s’effilant à l’autre en un tube d’une finesse capillaire, courbé au degré convenable. En prenant le tube et la boule à pleine main , ou échauffe suffisamment l’air qu’il contient pour en chasser une petite quantité. Si on plonge alors l’exlrémilé capillaire dans un acide, en laissant refroidir l’instrument, une quantité plus ou moins considérable de liquide monte dans le tube. Rien n’est plus fa ci 1 e à graduer que celte quantité. On porte l'instrument ainsi chargé au point de vue qu’on veut cautériser, et,. en l'échauffant avec la main,, on chasse immédiatement le liquide.
§; IX. Pupille artificielle.
L’ouverture naturelle de la pupille peut ne pas exister, ou être oblitérée ou . rétrécie, ou bien un point opaque d une certaine étendue peut exister sur la cornée, sur un point qui lui correspond, et on conçoit que, pour rendre la vue. au sujet, on songe à lui pratiquer à 1 iris
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ne ouverture artificielle qui permette ux rayons lumineux d’avancer, ou bien déplacer, l’ouverture naturelle pour amener dans un point où ces rayons, ourront pénétrer aisément.
A.. INDICATIONS
Il a’ est pas besoin de dire que l’absence ongéniale de la pupille doit être conidérée comme une circonstance, qui éclame l’opération dont nous parlons..
o us en disons autant pour Le cas où i pupille a été effacée par un reaserreîent graduel suivi d’une adhérence des ords de cette ouverture,, et pour ceux ù elle a été comblée par une fausse lembrane ou tout . autre produit de inflammation de cet organe , et pour eux où la cornée est opaque et surtout uand Jes taches qui y donnent naisnce se présentent sous la forme du ucoma ou de l’albugo , etc. Rien, du :ste, on le sait,, n’est variable comme forme et l’étendue de ces taches , qui : rapprochent [dus ou moins de la rconférence de la membrane , en se irigeant vers la partie externe ou inxne, ou en haut et en bas, et coïnciînt parfois avec un siaphylome de la >rnée. L’opacité de la cavité du corps, itsé, avec. lequel le cristallin se: trouve s contact, a été considérée aussi comme a état morbide qui nécessite l’opéraon de la pupille artificielle; et si nous outons que chacun des cas que nous ;nons d’énumérer peut offrir des comicatious , on comprendra que celte >ération peut être plus fréquente et os grave qu’on ne serait disposé d’a- »rd à ie penser. Ainsi , l’iris peut adirer à la cornée, à la capsule cristalae.de manière à donner lieu à une néchie (diminution de la chambre par :ojection de l’iris) antérieure et à une [néchie postérieure ; il peut y avoir tcfois des altérations de la rétine ou s la choroïde, ou une atrophie du corps itré, une amaurose , etc. , etc. ; et cela institue autant de complications dont praticien doit tenir compte , car elles îuvent avoir une influence sur l’issue : l’opération, ou constituer une contredication , ainsi que nous allons l’indi— icr.