II. DES POLYPES DES SINUS FRONTAUX
Bien que rares , les polypes des sinus frontaux n'en ont pas moins été observés par Levret (l) et par Rust (2) , et nous-même avons eu occasion d’en rencontrer un et de constater qu’il existait en même temps une maladie analogue des fosses nasales. On conçoit du reste que le diagnostic , pour peu que la tumeur ait peu de volume, doive être fort obscur. Les symptômes que le malade présente peuvent être, en effet , aussi bien rapportés à une phlegmasie des sinus et à la présence du pus qu’à un polype , la tuméfaction du front et des paupières et la douleur de ces régions étant propres à chacun de ces étals. Il n’en est pas de même , au contraire , quand les polypes ont un certain volume et surtout quand il existe simultanément des polypes dans les fosses nasales ; dans ce cas, en effet , le chirurgien se trouve aussitôt mis sur la voie; et nous faisons volontiers l’aveu que, sans la présence de ces derniers, nous aurions peut-être diagnostiqué moins facilement leur existence dans le cas qui s’est offert à nous. Quoi qu’il en soit, que convient-il de faire alors que la maladie incommode on ne peut plus le malade? Pour notre part , nous n’avons pas hésite à trépaner le front, après avoir au préalable incisé les parties molles, et à extraire le polype avec des pinces et des ciseaux , et nous n’avons eu qu’à nous en louer : car, ayant fait plus tard l’extraction des polypes du nez , le malade a fini par guérir complètement. Rossi (3) , Rust (4) et Hoffmann (6) avaient, du reste, déjà mis en usage et avec succès le trépan dans des
(1) Ouvr. cité, p. 240, 5* édit.
(.-) Journ. de Kust, année 1825. — Denonvilliers, Thèse pour l’agrégation.
(3) Méd. opér., I. h, p. UG, note 5.
(4) Denonvi Iliers, 1835.
(5) Revue méd., t. n, p. 152. 1826.
cas semblables ; seulement Hoffmann après avoir extrait le polype , s’était v dans la nécessité de passer un séton d sinus dans le nez (I).