‹ Encyclopédie des sciences médicales (volume 3)Chapitre 542 sur 656 · V. POLYPES DES SI SUS MAXILLAIRES · texte numérisé non relu

V. POLYPES DES SI SUS MAXILLAIRES

Des polypes de diverse nature peuvent se rencontrer dans le sinus maxillaire; mais , sous ce rapport , ils sont à-, peu près les mêmes que ceux que J’oav trouve clans les fosses nasales : les uns, , du reste , prennent naissance dans le .

pharynx ou les narines; les autres , an ; contraire, sont nés dans le sinus lui— même. La première espèce est fort rare;.,, nonobstant les observations publiées-, dans les bulletins de la Société anatomique; la seconde, quoique plus fré— quente, n’en est pas moins elle-même assez peu commune. Le diagnostic de.

l’une et de l’autre espèce est, du reste,., assez difficile , surtout à leur origine; . Lorsque, au contraire, par suite de son accroissement, celle affection a détruit ou la paroi externe des fosses nasales ou une ou plusieurs alvéoles, ou bien lorsqu’elle s'est fait jour par la joue ou par la voûte palatine (2), ou s’est introduite dans l’orbite (3) , alors son existence ne saurait être douteuse , et l’opéraleur est alors aussi moins embarrassé pour le traitement, évidemment toujours négatif, tout le temps que le polype n’apparaît point au dehors.

traitement.

Divers moyens analogues à ceux dont, nous avons fait mention à propos dm traitement des polypes des fosses nasales ont été préconisés contre ceux dfci; sinus maxillaire : ainsi , la ligature ... l’excision, la cautérisation , après ax’oir , au préalable, toutefois, ouvert la cavilééj qui les recèle. Ainsi , le polype s’est-il1 2 ! fait jour à travers une alvéole, l’opérateur enlève les dénis voisines, puis ex- , cise une portion du bord alvéolaire-avec des ciseaux ou avec la gouge et j

(t) Pour ccqui regarde la perforation s des sinus frontaux, voyez le chapitre re- t latif aux opérations de la tête. ■ I

(2) Recueil périodique de la Soc. de t méd. de Paris, 1. ji, p. 179.

(5) Dieffenbach, Gaz. médic., p. 375- ,1

le maillet , suivant qu’il se trouve plus ou moins ramolli. Le polype , au contraire, a-t-il perforé la voûte palatine , l’opérateur , dans le cas où l’ouverture ne lui paraîtrait pas assez large, l’agrandirait en enlevant une portion de l’arcade dentaire et en ayant soin, bien en-tendu, défaire communiquer la nouvelle perle de substance avec celle produite antérieurement par la tumeur.

Au besoin , du reste, l’opérateur pourrait imiter la conduite de Desault , qui, iy#nt à traiter un polype qui avait traversé la paroi externe du sinus maxilaire au-dessous de l'éminence malaire , détacha préalablement la joue de l’os naxillàire à l’aide d’une incision de la nembrane interne buccale, pratiquée à 'endroit où cette membrane se réfléchit ;ur cct os-, puis perfora la fosse canine :u-devant de l’orifice qui existait déjà,

■t emporta ensuite la lame osseuse commise entre les deux orifices à l’aide d’un □strument en forme de serpette ; et lomme l’ouverture n’était pas encore ssez large , Desault se servit de là ouge et du maillet pour enlever une ortion de la rangée alvéolaire , ce qui ni permit alors de pénétrer par une ittverl-ure assez large et de terminer eureusement l’opération. Dans un cas peu près semblable , nous nous comortâmes différemment : nous pratiquants, en effet , une incision à la commissure des lèvres à la partie correspondante de la joue, et, une fois la paroi Intérieure* du sinus ainsi mise à déeori- 8rt , il nous fut facile de perforer la ivité et-d’enlever le poly pes Parmi les trois moyens qui ont été réconisés à cet effet, du reste , l’arranement, il faut eu convenir; est presse toujours insuffisant à raison de la rgeur habituelle de la base du polype de la facilité avec laquelle a lieu la -chirure de la paroi sur laquelle l’imlantation a lieu. — L’excision est clleeme un moyen fort équivoque, à rai- •n de la difficulté de trouver le siège •écis de l’implantation de la tumeur, i moins qn’on n’y joigne la caulérisa- — La caulérisation , unie à l’exsion, nous paraît être eu effet un des oyens les plus convenables à opposer |ix polypes du sinus maxillaire. Ainsi, ie fois l’ouverture osseuse établie, 'pérateur s’emparera avec une érigne : la partie la plus saillante du polype, ttirera sans effort et enlèvera avec :s ciseaux ou le bistouri tout ce qu’il

pourra delà tumeur, sauf à exciser de nouveau ce qu’il aurait laissé , de manière à mettre à jour le lieu de l’implantation. Survient-il quelque écoulement de sang , tout aussitôt l’opérateur s’efforce de l’arrêter ; puis, du moment où il a cessé, il porte sur le reste de la tumeur plusieurs cautères rougis à blanc. Reste ensuite à panser mollement la plaie avec de la charpie , à favoriser la chute des eschares à l’aide d’injections et à combattre les accidents inflammatoires s’il vient à s’en manifester; puis l’opérateur voit d’habitude les parties revenir sur elles-mêmes et la guérison s’opérer.

YI. CATHÉTÉRISME BU SINUS MAXILLAIRE..

Le cathétérisme du sinus maxillaire a été exécuté avec succès par Jourdain chez une malade qui n’avait plus de dents, et qui était atteinte d’une rétention de mucus pour laquelle on avait vainement eu recours à plusieurs perforations. Du reste, pour l’exécuter , Jourdain s’y était pris de la manière suivante : il avait fait asseoir la malade dans un fauteuil la tête renversée en arrière, puis avait introduit dans la narine , du cote aftecte , une sonde creuse et semblable à celle dont on fait usage pour sonder le canal nasal , seulement avec une courbure moindre et un peu plus de longueur (5 centimètres environ). Ensuite il avait porté la partie la plus déliée de l’instrument sous la voûte du -cornet ethmoïdal, et, ayant reconnu une espèce de gouttière formée par le repli de la membrane pituitaire , environ à 4 millimètres de cette voûte en descendant sur la convexité du cornet inférieur,- il avait levé un peu le poignet en se jetant sur la paroi du sinus dans lequel il était entré, en pesant un peu plus sur son ouverture, qu’il trouva oblitérée, ainsi que cela a presque toujours lieu dans les rétentions véritables. Une fois l’instrument introduit, des injections furent pratiquées, et il resta en place pendant vingt-quatre heuresau bout de ce temps il fut enlevé et la’ malade, en se mouchant , rendit une grande quantité de mucus. La puérison grâce aux injections qui eurent lieu’ survint au bout de six semaines. — Un so.n important, surtout chez les ner sonnes qu. font usage du tabac , est de faire moucher les malades ou de leur pratiquer quelques injections. M. Jour-

TRAITÉ DE MÉDECINE OPERATOIRE

dain poussa même la précaution jusqu’au point de reconnaître l'entrée avec une sonde pleine. Ce qu’il importe le plus, suivant nous, c’est de bien se rappeler lu position du sinus, dont l’entrée est au dessous du cornet inférieur, à peu près à la hauteur du méat moyen ; d'où il suit que , pour y introduire une sonde, l’opérateur devra la diriger obliquement en haut, en arrière et en dehors, de façon à pénétrer à 4 centimètres environ de profondeur et au niveau du pli supérieur de l’aile du riez , puis glisser doucement le bec de la sonde sous le cornet moyen , arriver ainsi naturellement à l’orilice, et pénétrer enfin dans la cavité par un mouvement de rotation. — Dans le cas où l’ouverture serait située plus en arrière, l’opérateur devrait se rappeler qu’elle sc trouve alors cachée par le canal moyen; ou bien la cloison est fortement dëjeléc de ce côté, ou l’ouverture se trouve oblitérée ; et alors, dans les cas dont nous venons de parler , l’opérateur se voit pour ainsi dire obligé de se créer une voie artificielle en poussant la sonde à travers la membrane muqueuse ou la lame osseuse très-fine qui compose la paroi interne du sinus.

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