BEC-DE -LIÈVRE DOUBLE
Dans le bec-de-lièvre double, il peut exister à l’angle de la division de la lèvre, un simple mamelon charnu à base étroite ou presque à pédicule, ou bien au contraire, il peut s’y. rencontrer un véritable lambeau triangulaire dont la base est en haut, et qui sépare deux fentes très-distinctes l’une de l’autre.
Or, dans le premier cas, le tubercule qui surmonte la division de la lèvre et qui tient et au tissu des gerçures, et au bord libre de la cloison des narines, offre en général si peu d’étendue, que d’habitude il est possible de le comprendre entre les deux incisions latérales pratiquées, comme pour un bec-delièvre simple, sans qu’il soit besoin de prolonger en haut ces incisions; aussi convient-il alors d’enlever le tubercule charnu, dont la présence apporte à peine quelques modifications à l’opération.
Dans le cas où le tubercule reposerait, par sa base, sur le sommet du nez, et où il aurait assez de longueur pour être conservé, il se trouverait nécessairement entraîné si on voulait l’unir au reste des lèvres, en bas et en arrière, par ces lèvres elles-mêmes, et il entraî-
(1) Morel-Laval 16e , Bulletin de thérapeutique, t. xxyii, décembre 1844.
nerait à son tour la pointe du nez dans le même sens, en donnant à celte éminence la forme d’un museau. — C’est pour éviter cet inconvénient que ï)upuytren avait imaginé d’aviver ce lambeau par sa face postérieure et de l’appliquer sur la sous-cloison des fosses , nasales avivées préalablement et qu’il 1 sert à compléter. — Dans le bec-de-lièvre double réel, c’est-à-dire dans le becde-lièvre composé de deux fentes sépa- • rées par un lambeau, soit que cette por- • tion moyenne de la lèvre ait autant t d’étendue en hauteur que chacune des, parties latérales de la lèvre, soit qu’elle ; finisse au-dessus du bord libre de la i lèvre, il convient de la conserver; du. reste, il serait difficile de l’enlever sans , se mettre dans l’impossibilité de réunir: la plaie qui succéderait à une perte det substance aussi considérable. — Aussi, en cas de bec-de-lièvre double, le chirurgien doit non-seulement exciser les bords du lambeau, mais encore enlever en même temps ceux des deux portions latérales de la lèvre, afin d’opérer ensuite une coaptation exacte entre ces.
trois parties. Reste à savoir seulement s’il est bien de pratiquer toute l’opération au même moment ou s’il est plut avantageux d’y recourir à deux reprises, différentes et à des époques diverses. — Les anciens suivaient cette dernière mé-. thode. Home, Heister, B. Bell et d’au-i très n’agissaient pas autrement. — D( nos jours, au contraire, l’opération en ma seul temps a prévalu, l’expérience ayanr. démontré que la crainte qu’avaient les anciens de voir tomber en gangrène hà lambeau moyen était chimérique.
En résumé donc, exciser les quatre bords de la double fente, chacun des deu.. lambeaux moyens formant un angb aigu avec celui de la portion correspond dante de la lèvre, puis traverser, en ap; pliquant les aiguilles , le lambeau ave; ces dernières de manière à faire sorti; leurs extrémités à la surface des deu parties latérales de la lèvre; réuni, les deux divisions en même temps voilà l’opération entière : après que il reste pour trace de la difformil une cicatrice en V ou en Y selon que 1 lambeau moyens’étendaitou nes’étenda pas jusqu’au niveau du bord libre <Lï la lèvre. — Bien entendu que si on trot | vait plus d’avantages à suivre, dans 1 î placement des épingles ou la section d( i lambeaux, quelques-unes des modifies lions proposées, il faudrait sans hésil<
DE MÉDECINE
avoir recours. — Mais hâtons-nous arriver à ce qui concerne le bec-debvre compliqué.