ADHÉRENCE ANORMALE DES LEVRES
L’adhérence des lèvres, alors qu’elle est congénitale, peut s’étendre à toute la lèvre, et dans ce cas elle constitue f imperforation delà bouche qu’on rencontre assez souvent chez des enfants mort - nés qui présentent en même temps quelque autre vice de conformation. Cette maladie, signalée du reste par Baller dans l’espèce humaine, a été observée sur quelques animaux par Verdier; bien plus, à en croire Desgeneltes, il aurait vu un fœtus venir au monde à sept mois avec une bouche imperforée. Schenckius affirme avoir trouvé des enfants atteints d’imperforation de ce genre et auxquels il avait été obligé d’ouvrir la bouche. — Quoi qu’il en soit, si un enfant se présentait avec une difformité semblable il conviendrait de pratiquer, avec un bistouri étroit, une ouverture dans le point qui correspond à la commissure : on se servirait, à cet effet, d’une sonde cannelée pour diriger l’instrument tranchant, et on agrandirait autant qu’on le jugerait convenable l’ouverture. — Il va sans dire, qu’une fois l'opération achevée, il faudrait tenir, avec un soin extrême, les bords de l’incision écartés avec des linges enduits de cérat et de petites compresses qu’on laisserait entre les parties jusqu’à leur cicatrisation complète.— Il faudrait recourir à un procédé analogue dont le cas où il ne s’agirait que d 'oblitérations incomplètes et congénitales de l’orifice buccal. — Faisons remarquer seulement que dans ces cas les lèvres sont seulement
collées entre elles, tandis que dans les coarctations qui sont la suite d’une perte de substance ou qui succèdent à la cica-i trisation des ulcères, ce procédé ne sau-i rait suffire ; car, quelque soin qu’on prenne, l’agglutination des bords de la division finit par se reproduire et on voit alors la difformité se reproduire à ' son tour et quelquefois même alors avec des caractères plus disgracieux : aussi», était-ce dans le but de s’opposer à la: tendance du tissu inodulaire à rétrécir»:, l’orifice buccal que Boyer avait conseillé .« de donner le plus d’étendue possibles aux incisions pratiquées à l’effet d’y re-s inédier, sans intéresser toutefois les artères labiales, et recommandait-il d’exer--cer une compression aux deux extrémités? de l’orifice buccal à l’aide de deux pe-1tits crochets d’argent tirés en sens con-*traire au moyen d’un bandage. On sait que ce moyen lui réussit une fois dans»un cas d’oblitération incomplète de lal> bouche, mais ce fait malheureusementest pour ainsi dire exceptionnel et nepermet pas de considérer ce moyen comme d'une grande ressource. — Nous»
en disons autunt du suivant, qui consiste» à faire à l’endroit où devait se trouver la commissure une ponction avec un»; trois-quarts pour y passer ensuite un fu.?, de plomb dont un des bouts se trouvai ramené par l’orifice buccal rétréci ek est tordu ensuite avec l’autre bout, reste au dehors, de manière à couper peu ipeu les parties intermédiaires en res-?
serrant le fil à mesure qu’il se relàchei trop souvent; alors en effet on voit se recoller en dehors les lèvres de la sec-:*; lion et disparaître aussi tous les avanta-s h ges de l’opération. — Krugenhausen J il i du reste modifié ce procédé ainsi qu'ils. • suit : l’opérateur, après avoir placé fil de plomb, ne le resserre pas, et ce n’esfi' qu’après la cicatrisation complète de h perforation qu’il achève l'incision dé l'adhérence. — Un temps très-long élanh:
nécessaire pour la cicatrisation des piqûres, l'opéré, au lieu d’un orifice buccal naturel, n’a souvent qu’une ouverture calleuse qu’il ne peut ni ouvrir ni fermer ; aussi conçoit-on que le procédé 3 ' de Diefl'enbach. étant de beaucoup supérieur à ceux dont nous venons de parler, était généralement préféré.
Procède' de Dicftenbach. — Le malade est assis sur une chaise, et a la lètft I maintenue par un aide; quant à l’opé- > rateur, il introduit le doigt indicateoi » gauche dans la bouche et avec le der-
DE MÉDECINE OPERATOIRE.
nier soulève et tend la joue droite tan- < dis qu’avec l’autre main il porte une ilame de ciseaux pointue, sur le bord de ! l’ouverture contractée, un peu au-dessus de la commissure, l’enfonce avec pré ■ i caution d’avant en arrière entre la muqueuse et les autres tissus, jusqu’au ni- 'veau du point où il veut placer la commissure des lèvres, puis coupe, d’un seul 1 trait et carrément , tout ce qui est com- ; pris entre les lames de l’instrument. Plus bas et parallèlement à la première incision, il en fait une seconde entièrement analogue à la première, les réunit en arrière à l’aide d’une petite incision en demi-lune, puis détache le lambeau ainsi limité sans intéresser la muqueuse. — Une incision semblable est pratiquée sur la joue gauche, et il fait abaisser fortement la mâchoire de manière à tendre le plus possible la portion de la muqueuse mise à découvert. Reste à l’isoler des autres tissus à plusieurs millimètres, et à la diviser horizontalement des deux côtés en prenant garde de ne pas prolonger l’incision jusque vers l’angle. La muqueuse est attirée ensuite sur la plaie des parties molles et ses bords et ceux de la section de la peau sont réunis ià l’aide de la suture entortillée. — A la portion qui correspond au centre des lèvres, la muqueuse est plissée en tirant fortement en dehors des angles la partie de cette membrane non divisée; on borde de la sorte les bords de la plaie avec la membrane inlerne de la cavilé buccale, comme on le fait pour la bortdure des souliers.
Reste ensuite à appliquer quelques : compresses imbibées d’eau froide et à les renouveler incessamment. — Une fois la réunion opérée par première intention, elle a lieu presque toujours du deuxième au quatrième jour; le chirurgien se hâte ! d’enlever les aiguilles.
Procédé de M. Campbell.— M. Campbell préfère, au lieu de bistouri étroit, :se servir de ciseaux qu’il plonge à plat entre la muqueuse et les téguments exi ternes, et dont il retourne ensuite le i tranchant de ce coté, de manière à diviser la peau de dedans en dehors, en faisant sortir d’abord la pointe.
Procédé de M. Serres. — M. Serres conseille de couper au même niveau la peau et la muqueuse et de les réunir ensuite par la suture, peut-être en agissant ainsi s’eiposc-t- on à voir rétracter les tissus de la plaie. — A coup sûr ce
procédé l’emporte de beaucoup sur les autres pour sa simplicité.