‹ Encyclopédie des sciences médicales (volume 3)Chapitre 549 sur 656 · GONFLEMENT DE LA LEVRE SUPÉRIEURE · texte numérisé non relu

GONFLEMENT DE LA LEVRE SUPÉRIEURE

Lorsque la membrane interne forme une sorte de bourrelet muqueux plus ou moins saillant , ce dernier tend à renverser la lèvre en dehors, quand le malade veut rire ou parler, et, pour remédier à cette difformité congénitale , on conseille de s’emparer avec des pinces de ce bourrelet, de faire renverser la lèvre en dehors et de le retrancher avec le bistouri ou avec des ciseaux courbes sur le plat. — Le gonflement est, du reste, quelquefois si prononcé chez les scrofuleux, qu’il altère complètement la physionomie; et, en examinant les parties, on trouve d’habitude le tissu cellulaire très-épais et infiltré plus ou moins de sérosité. Les muscles, pâles et sans couleur, rappellent par leur peu d’épaisseur ceux des vieillards; et plus rarement on les trouve épaissis par suite de l’interposition du tissu cellulaire entre leurs libres, et quelquefois même la membrane muqueuse participe à cette hypertrophie. — M. Paillard a proposé, pour remédier à cette difformité, le procédé suivant (i). — Le malade doit être assis sur une chaise basse, la tète appuyée sur la poitrine du chirurgien, qui se placera derrière lui et fera tenir le malade par des aides, en recommandant à l’un d’eux de saisir avec le pouce et 1 indicateur la commissure des lèvres du coté droit et de la tirer en avant. L’opérateur saisira ensuite celle du côté opposé avec la main gauche; puis, avec la main droite armée d’un bistouri droit et tranchant, il pratique une incision qu’il étend d’une commissure à l’autre, en commençant sur le bord libre de la lèvre, à une certaine distance de la face antérieure , et qui varie nécessairement suivant l’épaisseur des tissus à enlever Reste à disséquer ensuite de bas en haut" jusqu’à quelques millimètres du frein dé la lèvie; et une fois le Lambeau séparé de la lèvre jusqu’à sa base, à le couper avec le bistouri ou avec des ciseaux Le plus souvent il s’écoule beaucoup de sang à la suite de cette incision, mais le plu, so»vc„, aussi il s'arrête s,™,,.-

(1) Journal du t. m, p. 213.

progrès, première série,

TRAITE

En agissant ainsi que nous venons de le dire , la lèvre se trouve dédoublée, et on a ainsi une perle de substance qui empêche la guérison d’avoir lieu par le rapprochement de ses bords, et qui finit par amener le retour de l'organe à l’état normal. Le bord libre , en effet , qui , lors du gonflement, est antérieur, attiré qu’il est par le rapprochement des deux bords de la plaie, redevient vertical, et se trouve en rapport avec celui de la lèvre inférieure; et on a ainsi le grand avantage d’avoir remédié à une difformité sans en créer une autre. Et comme la cicatrice est à la partie postérieure de l’organe, aucun pansement ne se trouve nécessaire. Quelques lotions émollientes suffisent. Peut-être est- il bien cependant d’établir dans certains cas un appareil compressif sur la face antérieure de la lèvre. — Du reste, bâtons-nous de le dire, le gonflement qui survient dans les premiers jours se dissipe ordinairement très-vite, et, grâce à la suppuration qui s’établit, les tissus ne tardent pas à reprendre leur épaisseur normale.

Page 1