TUMEUR DES LEVRES
Nous ne parlerons ni des furoncles , ni des anthrax qu’on rencontre aux lèvres, car ils ne présentent rien de particulier ; nous en dirons autant des abcès qui s’y développent. Nous nous bornerons aussi à mentionner les petites loupes dont a parlé M. Blandin , et qui , dans un cas observé par ce praticien , guérirent par une simple incision, bien que la tumeur eût été considérée comme un cancer (I). Nous consacrerons au contraire un paragraphe pour les tumeurs enkystées de cette région, et qui occupent le tissu sous-muqueux de la lèvre, et surtout de la lèvre inférieure.
tumeurs enkystées.
Ces tumeurs sont, en général, peu gênantes. Toutefois on comprend qu’il n’en saurait être ainsi alors que leur volume devient considérable. Boyer, qui a eu occasion d’en rencontrer plusieurs d’un certain volume, a eu recours pour en opérer l’extirpation au procédé suivant. — L’opérateur commence par
(i) Dicl. de médoc. et de chirur. prat,, t. h, p. 78.
pratiquer à la base de la tumeur une incision demi-circulaire, puis, cela fait, il dissèque du côté du bord libre de la lèvre la muqueuse qui recouvre le kyste, ouvre ce dernier, et saisit ensuite avec ; une érigne les adhérences qui existent k sa face antérieure et qu’il divise. La . tumeur une fois enlevée, il applique le lambeau de la membrane interne de la lèvre sur l’endroit qu’occupait la tumeur et, avec de la charpie, qu’il place 1 à la face postérieure de la lèvre, il la maintient immobile en même temps ; qu’il exerce à l’extérieur une compression . légère. En se conduisant ainsi, la réu- • nion survient ordinairement en vingtquatre heures. — Bien entendu que si, , au lieu d’une tumeur d’un volume mé-diocre , on avait affaire à une tumeur d’un volume plus ou moins considéra- ble , on se conduirait différemment ; et i peut-être conviendrait-il de n’exciser d’abord que la partie postérieure, sauf 1 à irriter ensuite par des applications de caustiques la partie antérieure afin de la faire disparaître. — Nous nous taisons à dessein sur les tumeurs érectiles qui se montrent parfois aux organes dont nous parlons en ce moment , parce que nous en avons traité ailleurs avec détail.