MOYENS PROPRES A ATROPHIER LA GLANDE PAROTIDE ELLE MÊME
On sait que Desiult a cherché à atrophier la glande parotide à l’aide de la compression directe, et que Richter a eu recours au même mojen en comprimant également la glande elle même. — Yiborg, au contraire, a conseillé de pratiquer une incision partant de l’arcade zygomatique, et dirigée directement en bas, de manière à mettre à découvert le commencement du conduit de Sténon, à comprendre ce dernier dans une ligature , puis à panser ensuite la plaie avec du diachylum. Nous ajouterons que, jaloux de faire prévaloir sa méthode, Yiborg eut recours, pour en démontrer l’excellence, à des expériences sur les animaux, chez lesquels on vil une fois, le conduit salivaire lié, gonfler d’abord la parotide , puis la luméfaction disparaître peu à peu et l’atrophie survenir.
APPRECIATION
Lorsque la fistule est très-étroite et ne donne passage qu’à une petite quantité de salive, le praticien peut recourir avec quelque chance de succès à la cautérisation par le nitrate d'argent. Il faut du reste peu compter en général sur la compression , alors que cette dernière est exercée sur la plaie elle-même; et, quand on l’applique entre la plaie et la glande ou sur la glande elle-même , on doit craindre de voir survenir un engorgement douloureux analogue à celui observé par Louis (1) et Duphœnix (2). —
(1) Mém. de l’Acad. de chir., tome et page cités.
(2) Ibid.
Tll AIT K
Jusqu’à quel point serait-il permis de compter sur une mince feuille d’or appliquée contre l’orifice du conduit fisluleux et assujettie avec de la poix? Est-il vraisemblable qu’arrêtée par celle barrière la salive aille ensuite reprendre son cours naturel? Cela est douteux; mais on conçoit, en tout cas, qu’à l’expérience seule il convient de fixer la valeur de ce moyen. — Quant à la seconde méthode (la dilatation du conduit naturel), il importe, ainsi que nous l’avons dit , que le bout antérieur du canal soit ouvert, pour la mettre en usage; et encore a-t-on bien souvent à regretter alors son peu d'efficacité : aussi beaucoup de praticiens n’y ont -ils recours que chez les personnes qui ne veulent pas se laisser perforer la joue. Et alors le procédé du séton de fil nous paraît devoir être en général préféré, à raison de sa simplicité et de la promptitude de son exécution.
M. Malga'gne est si partisan de ce procédé, qu’il déclare n’en excepter même pas les cas où la fislu'e a son siège derrière le bord antérieur du masséler, rien, en effet, 11e s’opposant à ce qu’on dirige les aiguilles assez obliquement en avant pour ne pas traverser ce muscle. • — Bien entendu que, dans le cas où l’orifice naturel serait perméable, rien n’empêcherait d'y passer un bout de séton, sauf à introduire ensuite l’autre par une ouverture artificielle. — Reste à apprécier encore la troisième et la quatrième méthode. Or, puisque nous avons dit dans le paragraphe précédent qu’à nos yeux la dilatation du conduit naturel 11e constituait qu’une méthode pour ainsi dire exceptionnelle, il en résulte nécessairement que nous préférons pour notre part l’établissement d’un conduit nouveau; et, quant au choix du procédé, nous avouons avoir une tendance à adopter celui employé par Béclard, car il nous paraît un des plus simples de tous ceux qui ont été recommandés. Celui de Langenbeck, en effet, modifié par M. Bonafond, tout ingénieux qu’il est, est loin d’être d’une exécution facile. — Quant à la quatrième méthode ou à l’atrophie de la glande , nous avons déjà dit que rien ne nous paraissait difficile comme de faire disparaître par la compression une glande aussi profondément enfoncée que l’est la glande parotide; et, quant au procédé de Viborg, il importerait, ce nous semble, de constater par de nouvelles expériences l’exactitude des faits avancés par ce chirurgien : car, s’il était
vrai que la ligature du conduit de Sténon sur des chevaux n’entraînât aucun des inconvénients que la physiologie semble faire craindre en produisant l’atrophie de l’organe ,’ nous n’hésiterions pas, le cas échéant, à mettre ce procédé en usage.
CIIENOUILLKTTE.
On donne ce nom à une tumeur souvent molle, fluctuante, parfois dure et résistante, quelquefois transparente , et qui a son siège au dessous de la langue. Dans l’opinion générale, cette maladie est duc à une dilatation du conduit de Warlhon ; mais nous ne sachions pas que, jusqu’à présent au moins, aucun fait anatomique ait été produit à l’appui de cette opinion ; et nous sommes disposé à penser avec Dupuytren (I) que ces tumeurs ne sont souvent que des kystes séreux ou séro-muqueux qui se sont développés sous la muqueuse buccale , ainsi que M. Breschet l’a établi par la dissection pour la grenouillelte observée chez les enfants. — Quoi qu’il en soit, le volume de la tumeur à laquelle la grenouillette donne naissance varie singulièrement On en a vu qui remplissaient toute la bouche (F. de Hilden ) , ou qui comprimaient les artères carotides et la trachée-artère (Marcheltis), ou qui menaçaient de suffoquer ceux qui en étaient atteints (Alix), ou qui empêchaient de manger (Taillardanl).
Au dire de Burne (A.) un homme, qu'il vit dans la cabinet de Ciine, avait la respiration si embarrassée qu’il tomba sans connaissance, après avoir éprouvé de violentes convulsions; et nous nous rappelons pour notre part en avoir vu une en 1837, à la consultation publique de la Charité, qui avait envahi la totalité des régions parotidienne et sus hyoïdienne gauches. — Cette maladie , du reste, est parfois congénitale, ainsi que le démontrent les observations rapportées par M. P. Dubois et par un des professeurs les plus distingués de la Faculté de médecine de Strasbourg, auquel je suis toujours heureux de trouver l’occasion de rendre justice , M. Sloltz; elle peut même dans des cas occuper la glande sublinguale. — Quant à la nature du liquide qui y est renfermé , on peut, au lieu de salive, y rencontrer, ainsi qu’il nous est arrivé dernièrement, une matière plus ou moins
(1) Leçons orales.
DK MEDECINE OPERATOIRE.
ourulente; on peut même y trouver des graviers, voire même des calculs : lénoin le cas où on fut obligé, pour déruirc la tumeur, d’avoir recours au cau- ,ère actuel (Tulpius); témoin encore les aits observés par J.-L. Petit, Freemann, l’aillardant , Loder , Boyer, et plus réaniment par Wallher et Baker.
TRAITEMENT
Rétablir le cours de la salive par ses muloirs naturels, ou procurer à ce lipide une issue artificielle permanente ur un des points de la surface de la tuneur , et dans l’intérieur de la cavité juccale , tel doit être le but que doit se iroposer le médecin opérateur dans le raitement de la grenouillette; et, pour r parvenir, il peut avoir recours à divers ooyens dont nous allons nous occuper, l qui sont : 1° la ponction ou l’incision impie du kyste; 2° l'incision unie à la autérisation a l’aide d’un caustique liuide ; 3° l’introduction dans l’ouverare pratiquée à la tumeur d’une espèce e canule à chaque extrémité par une etite plaque destinée à s’opposer à l’oiitéralion de l’orifice artificiel.
INCISION
Recommandée par Hippocrate, qui la ratiquait avec une lancette, l’incision onne immédiatement naissance à l’issue u liquide contenu dans la tumeur, et imble au premier abord procurer une Jérison que Jourdain , vers le milieu J dernier siècle, considérait comme tifinitivc , mais qui en réalité n’est que omentanée : aussi ne faut-il attacher i une importance minime relativement i choix du procédé à employer pour 'acuer la tumeur. Ainsi, qu’on se serve )ur la pratiquer du phlébolome, comme voulait Aranzi , ou qu’on la perce outre en outre, après avoir fait tomber nilamrnation , pour en faire sortir le Imtenu, comme Je recommandait Six • n en reste pas moins certain que, dans majorité des cas, le kyste salivaire ne rde pas a se reproduire: aussi le moyen »nt nous parlons ne peut-il être consine que comme palliatif.
ITIIÉrÉtiques , INJECTIONS ET TENTES.
Quelques chirurgiens, à l’imitation de Se s.onl servis f]e subs tances ives qu’ils introduisaient dans la
plaie ; d’autr.-s ont préféré recourir aux slyptiques , h la pierre infernale ; quelques-uns enfin s’en sont tenus à la charpie simple; mais aucun de ers moyens n’a prévalu, et nous en disons autant du nitrate de mercure préconisé par Leclerc. Mieux vaudrait, selon nous, faire usage en pareil cas d’injections iodées, surtout chez les individus à constitution lymphatique. Tout porte a penser en effet que , sagement combinées , des injections devraient réussir assez souvent,
CAUTERISATION.
Très-anciennement employée, la cautérisation a trouvé beaucoup de partisans; seulement, chacun semble avoir fait choix d’un caustique particulier :
ainsi , pour Dionis, c’était l’acide sulfurique et le miel ; pour Paré, c’était un trois-quarts chauffé à blanc qu’il enfonçait dans la tumeur à travers une plaque métallique propre à garantir les parties environnantes. F. d’Acquapendente préférait se servir d’une canule fenêtrée , à travers laquelle il portait son cautère. Louis avait aussi fait choix du cautère actuel. Quoi qu’il en soit, on comprend que ce moyen puisse être d’une certaine valeur dans les cas de grenouillette d’un volume médiocre, et dont les parois ont peu d’épaisseur; car alors , à l’aide d’un fer rouge porté sur la tumeur, à travers un instrument protecteur, une plaque de fer fenêtrée ou un peu de carton mouillé , on obtient une perte de substance assez considérable. Touiefois, ce procède a reuni peu de suffrages- Larrey et Pli. Portai semblent être en effet les seuls chirurgiens qui l’aient piéconisé dans ces derniers temps.
EXCISION
^recomsee par LeJse, Fabrice de Hilden , Petit , Desault , Lassus , Richter Sabatier, 1 excision d’une portion de la surface supérieure du kyste mérite réellement la préférence, alors surtout que
la grenouillette a un certain volume.
Pour la pratiquer, il convient une fois la tumeur soulevée avec des pinces à disséquer ou avec une érigne, de faire, avec un bistouri droit, une incision en demi-
oüfe’ C.Xtcrne’ *««• presque
toute a face gingivale de la tumeur;
P - , saisissant ensuite le lambeau ainsi huilé, I opérateur le détache à coups de ciseaux, de manière à mettre de niveau
TRAITE
le plancher de la bouche avec le fond du kyste : un peu de douleur suit à peine l’opération ; et le chirurgien, une fois le sang arrêté, ne s’occupe plus de la plaie, qui guérit d’elle-même, ainsi que le démontrent les faits rapportés par Boyer et ceux publiés par M. Coley et Græfe.