CAUSTIQUES
Que dire de l’opinion de Desault et de Chopart, qui recommandent de détruire , après l'excision , les restes du mal avec le fer chaud ou les caustiques, sinon que ce moyen ne peut être utile qu 'exceptionnellement , c'est - à - dire pour consumer quelques parcelles morbides échappées à l’instrument de l'opérateur?
CLANDE SOUS-MAXILLAIRE.
Il est douteux qu’on ail observé jamais de tumeurs squirrheuses ou cancéreuses de la glande sous maxillaire :
car, en lisant avec quelque attention les observations qu’on en a rapportées, il semble qu’il s’agissait de l’altération des glandes conglobées situées dans son voisinage , et non de la glande ellemême. Qu’on parcoure, en effet , Les faits rapportés par Warren (t), Siclierer (2) , Malcolmson (3) , Oiday (4) , Petrunti (5), et on se convaincra, je pense , qu’il s’agissait ou de tumeurs lymphatiques, ou de kystes salivaires, etc. Quoi qu'il en soit, l’exlirpation de la glande sous-maxillaire ayant été pratiquée plusieurs fois et ayant été conseillée par plusieurs praticiens, nom devons nous en occuper ici et décrire auparavant tout ce qui se rattache à l’anatomie de cet organe
Anatomie chirurgicale. — La glande sous-maxillaire , située au-dessous du bord inférieur de la mâchoire, se trouve séparée des téguments par la veine faciale et le muscle peaucicr. File répond, en haut, à la face interne de l’os maxillaire; en bas, au muscle digastrique:
en dedans, aux muscles hyo-glosse et mylo-hyoïdien ; ses côtés supérieur et interne se trouvent longés par l’artère faciale; le nerf hypoglosse et l’artère linguale passent au-dessous ; enfin, tout
(1) Ouv. cité, p. 120.
(2) Gaz. méd. do Paris, p. 8!0. 18 »ô. (5) Didnv , Thèse de concours de Paris, p. B5. 1830.
(4) Ibid., p. 30.
(5) Gaz. méd. de Paris, p. 122. 1839.
DE MEDECINE OPERATOIRE.
à fait en haut, elle reçoit le plexus du nerf mylo-hyoïdien.
MANUEL OPÉRATOIRE
Le malade doit être situé de manière à avoir la tôle renversée en arrière et de côté, le menton relevé et la bouche fermée ; puis l’opérateur mel à nu la glande ou la tumeur; et dans le cas où l’incision première à laquelle il a eu recours ne suffit pas, il n’hésite pas à diviser la peau de haut en bas , depuis le bord de la mâchoire ju=qu’à l’os hyoïde , à disséquer ensuite les lambeaux , à les écarter et à les renverser, pour appliquer deux ligatures sur la veine facialé et diviser dans l’intervalle dans le cas où ce vaisseau le gênerait trop et où il ne pourrait l’éloigner avec un crochet. Armant alors sa main d’une érigne , il enfonce cette dernière dans le corps de la glande et la fait tirer en dehors et en haut, en arrière et en bas, pendant qu’il détache à petits coups la moitié inférieure ou antérieure. 11 va sans dire que, pendant qu’il agit de la sorte, il prend toutes les précautions pour ne blesser ni l’artère linguale ni le nerf du même nom ; qu’il cherche en arrière le tronc de la maxillaire externe et y place une ligature; qu’il dirige enfin l'érigne en avant et en bas, puis sépare la masse morbide du côté de l’organe du goût pour l’enlever sans difficulté. — Quelques chirurgiens préfèrent commencer par lier l’artère maxillaire, et alors il convient de faire la première incision sur le trajet du vaisseau. M. Velpeau fait remarquer avec raison qu’au lieu de lier le vaisseau on pourrait se contenter de conserver intact jusqu’à la fin le point far lequel les branches de cette artère pénètrent dans la glande, et de l’embrasser ensuite , comme un pédicule , avec une forte ligature.
Pansement. — Le pansement ne diffère pas de celui dont on fait usage après l’enlèvement de la parotide : on comprend seulement qu’après l’extirpation de la glande sous-maxillaire , la réunion immédiate doit offrir bien moins de danger qu’après celle de la totalité de la glande parotide.