CAUSTIQUES
Celse et Ileister ont non-seulement conseillé de faire dans ces cas usage des caustiques minéraux , mais encore d’avoir recours à l’application du feu. Et pourtant qu’espérer de pareils moyens?
N’est-il pas évident que si l’eschare est superficielle ils ne sauraient produire de bons effets, et qu’attaquer la totalité du mal par de semblables procédés serait très-dangereux? Aussi y a-t-on renoncé depuis long temps; et , pour notre part, nous n’hésitons pas à déclarer que la tumeur que Pretsch (l) dit avoir guérie par la cautérisation n'était pas un goître.
INCISIONS
La inélbode dont nous allons parler justifie surtout et l’importance des divisions que nous avons établies et celle que nous avons attachée au diagnostic différentiel : à nos yeux , en effet, les incisions ne sont applicables qu’au goi ^ Ire humoral , c’est-à-dire à celui qui est représenté par une tumeur contenant non— seulement un liquide dans son intérieur , mais encore des concrétions calcaires , ainsi qu’il est arrivé à Sellié (2) ; ou des produits analogues aux kystes, ainsi que l’ont observé heureusement Beck (3) , Rey (4), Laugier (ô),
(1) Gaz. salut., n° 54, p. 5. 1771.
(2) Kougcinont, Bibliolh. du nord, p.
(5) Archiv. gén. de méd., 5° série, t. i, p. 510.
(4) Thèses de Paris, n» 79. 1854.
(5) Dict. de médec., 5* édit., t. ix, p.
DE MÉDECINE
Pelrali (1) , et M. Velpeau (2), quia même insisté, dans un mémoire parliculier (3J, sur les avantages d’une méthode qui se compose de quatre incisions pratiquées sur la tumeur. Ce qu’il y a de mieux à faire alors, en effet, nous paraît être de pratiquer d’abord une incision sur le point le plus fluctuant; puis, une fois parvenu dans un conduit, on en reconnaît souvent un autre, et on y fait le jour même une contre-ouverture, ou le lendemain au plus tard , selon que la fumeur a plus ou moins d’étendue, ou selon que le sujet est plus ou moins irritable. En procédant de la sorte , on peut pratiquer huit, dix, douze incisions, et même davantage si on le juge convenable, et on est sûr de vider complètement et sans danger Je goitre. Que si, une fois ie liquide évacué , l’irritation produite par les incisions suffit pour déterminer 1 adhérence des parois , l’opérateur se contente d un pansement simple, ou îen il a recours à d’autres moyens dont nous allons nous occuper, les sétons, les injections. Disons seulement auparavant qu il ne faut pas considérer les incisions comme un moyen entièrement innocent : car nous avons vu notre honorable maître M. Bégin (4) attaquer un f,oitre qu, reposait sur la trachée-artère onner lieu à des hémorrhagies assez importantes pour inspirer des inquiétudes serieuses et faire cesser l’opération.