‹ Encyclopédie des sciences médicales (volume 3)Chapitre 586 sur 656 · SUR LES VOIES AÉRIENNES · texte numérisé non relu

SUR LES VOIES AÉRIENNES

bronchotomie.

Cette expression sert à désigner d’une manière générale rouverlurc que I on pratique aux votes aériennes, et 1 usa e a consacré celles de trachéotomie , de tracheo-Iarynsotomie et de larjrngotomfe pour "caractériser : .0 l’ouverture que l’on fait à la trachée-artere 2 au larynx , ou 3» aux deux canaux a la lois.

historique.

Sprengel, qui, au dire de M. Deze meris, s’est servi pour composer ce qui se rattache à l’histoire de 1 operation dontnous parlons, du Mémoire de Lou.s sans le citer, se trompe singulièrement quand il affirme qu’Asclepiade (1) tut le premier qui pratiqua Popérat. ion de la bronchotomie avec succès et sauva de la sorte un grand nombre de personnes menacées de suffocation, attendu que ni Cœlins Aurelianus (2) ni Arélée ne parlent en aucune façon de ses succès, et se bornent à 1‘» proscrire. QUl'lî j lien il se tait sur la valeur réelle de l'opération, et son silence a cet absolu. Il n’en est pas .le. même d Antvllus dont Paul d’Egme nous a con-

servl la description: «Dans les angtnes

intenses, où les bronches etles poumons sont affectés , la bronchotomie serait

(t) Sprengel,. Histoire de la médcc., t«

vu, p. 138. R

(2) Aculor. niorb., lib. m, cap. n , S p. l‘J3, ed. Almoloven.

sans résultat, mais la raison prescrit d’v. recourir quand la suffocation devient t imminente par l’effet d'une inflamma— tion siégeant dans l’arrière-gorge, audessus du larynx, et qui n’a point envahi la trachée elle-même. L'ouverture doit être faite au-dessous du troisième ou du quatrième anneau de la trachéeartère, et ne comprendre qu’une partie de la circonférence de ce conduit. Le; lieu est le plus convenable, parce que peu de chair le recouvre et que les vaisseaux en sont éloignés. Ainsi, la tele du malade étant renversée en arriéré, pour rendre la partie plus saillante , on fait une section transversale entre deux cerceaux; de manière à diviser non .es cartilages, mais la membrane qui JJ unit . On reconnaît qu on a penetie dans la trachée à la brusque sortie de l’air par l'ouverture, et à l’extinction de lu voix. ... *

Rhasès, Mesué, Avicenne font aussi mention de la bronchotomie com-nj d’une opération propre a remédie l’esquinancie suffocante, tandis qu bucasis n’en parle que pour rapp«*j qu’à son époque chacun pioscma bronchotomie : « Memoraverunt anl de hàc incisione m larynga, et eg novi aliqucm in regione noslia qui fecerit. i Puis, après avoir rapporté^ cas de plaie de la gorge heureuse rue* guérie, il ajoute : « Hinc dica™us.

scctio laryngis est s.ncper.culo » »

voluerit (l). >> — A. en croire Avenu*

De chirurgia, lib- h, sect- /l5-

qui expérimenta sur des chèvres, les plaies auxquelles donne lieu celte opération ne sont pus mortelles. Au moyen âge, tous les faits dont nous venons de parler furent reproduits par Guy de Chauliac; et il faut arriver ensuite jusqu au milieu du seizième siècle, c’est-àdire jusqu’à Musa Brassarola, pourvoir remettre en honneur cette opération, sinon oubliée, du moins non pratiquée depuis la chirurgie des Grecs, c’est-àdire pendant un intervalle de près de quatorze siècles. Ce fut, du reste, pour un cas désespéré d'angine, que Musa Brassarola y eut recours, et avec succès.

A en croire Sprengel , ce serait à Benivieni, qui existait a la (in du quinzième siècle, qu’il faudrait rapporter 1 honneur d’avoir le premier parmi les modernes praliqué cette opération j mais Sprengel est encore ici dans l’erreur, attendu que Blnivieni, nonobstant ce qu’en dit Casserio à propos de la laryngotomie, ne pratiqua que des incisions profondes au-dessous de la mâchoire et au cou. — Cinquante ans plus tard bantorio (l), au rapport de Malavicini , près avoir perfore la partie avec un rocart, laissa la canule pendant trois jours dans la plaie. Fabrice d’Acquapeniente (2) est, en effet, le premier qui parle de la nécessité de recourir à une :anule ailée , afin de faire usage d’un ns (ruinent qui ne soit pas exposé à omber dans la trachée. Casserio (3) on disciple, s’en occupa davantage ; car prit la peine de rassembler tous les as heureux de guérison observés j usiniers, et décrivit avec soin le manuel pératoire. Ilabicot (4) fit mieux eurc> 11 pratiqua lui-même l’opération u.r lm corps étranger arrêté dans l’œtpbage et qui comprimait la trachée- •teie- e; on sait que son mémoire fut ,pic Çt écrit en latin par un médecin almand qui ne craignit pas de le publier

DE MÉDECINE OPERATOIRE. 831

sous son nom, en ajoutant, il est vrai, qu’il fallait placer au nombre des cas indiquant la nécessité de l’opération la présence des. corps étrangers tombés dans la trachée : ce qui fait remonter au moins d un demi-siècle une idée que M. Robert a à tort attribuée à Rau (]}, auquel ne revient pas même l’honneur d’avoir le premier pratiqué la bronchotomie pour ce cas; ainsi qu’on peut s’en convaincre en lisant la Pathologie de V erduc.

Vinrent ensuite René Moreau, qui parla avec une certaine réserve de l'operation de la laryngotomie , et Marc- Auièle Severin , qui s’en montra, aucontraire, le chaud partisan (2), mais dans 1 ouvrage duquel on cherche en vain nonobstant ce qu’en dit M. Robe>-t (:}f l’idée de la laryngotomie cri co- thyroïdienne. — Nous indiquons en passant le mémoire de Dekkers (4), qui conseilla de pciloier du meme coup avec le trocart la peau et la trachée, et les modifications apportées aux instruments pur Bauchot, qui recommandait un broncho tonie ; Martine, qui se servait d’une double canule, etc., etc., pour arriver au mémoire de Louis, inséré dans les Mémoires de l’Académie de chirurgie (5) Mémoire des plus savants, et qui contiibua surtout a appeler l’attention des chirurgiens sur la bronchotomie, ainsi quil est facile de s’en convaincre par Je nombre des mémoires qui ont paru depuis sa publication, et parmi lesquels 1 convient de citer d’abord le travail sur la laryngotomie cri C0- thyroïdien ne

Desluîm^1/ (^’ la la'rng°tomie de iJcsault ( 7J, la tarynyo- trachéotomie de

de M. Malgaigne (8), h, méthode suslaryngienne de M. Vidai (de Cassi,) (9) et ks divers travaux qui se rattachent a cette operation .

G) Collect. med.-phys. Venise, I6S2.

(2j Opérations chirurg. , OEuvr. cliir 6r?'-* chap. xliv, p. 623-682, édit do on, 1674, in-8°.

û) Jules Casserio de vocis et auditûs ;ano; Ferraro, 1600, in-fol.

/i) Nicolas Habicot. — Question chigicale par laquelle il est démontré ! le chirurgien doit pratiquer l’opéra - ■îs^6 a kronchotomie. i620 , in-8°,

(1) Gaz. méd. de Paris. 1852.

(2) Do efficaci medicinâ cliirurgi effî

Un. Pa''S cap* «• !>• «3. FraStfon,

(3) Gaz. méd. de Paris. 1833.

(4) Exercitat. pact., p. 242,

(5) Acad. roy. de cliir., t. 1V D /.s-

“S 616m‘ el dc

édit. 184^° llC m6detîine opératoire, 4e

TRAITE

Ce qu’il nous importe, en tflcl,, maintenant, est de décrire chacune des opérations dont nous venons de parler, afin de mieux indiquer ensuite les cas dans lesquels chacune d elles semble particulièrement convenir.

Avant tout, qu’il nous soit permis de dire quelques mots sur le cathetérisme des voies aériennes qu’on peut être appelé à pratiquer, soit pour laisser la sonde à demeure à l’effet d'entretenir par celte voie la respiration dans certains cas d’angine inflammatoire ou d’œdème de la glotte , soit dans le but d’insuffler les poumons chez les individus asphyxiés.

Du reste , que ce soit pour frayer un passage à la respiration ou pour faire pénétrer, par l’insufflation, de l’air dans les poumons; l’introduction peut avoir lieu, dans l’un comme dans l’autre cas, par le nez ou par la bouche.

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