‹ Encyclopédie des sciences médicales (volume 3)Chapitre 591 sur 656 · DILATATION · texte numérisé non relu

DILATATION

Conseillée par Mauchart (I), Mono (2), Brogna (3) et les commissaires ■ommés pour examiner le mémoire qu’il vait adressé à la Société de médecine

4) , la dilatation le fut aussi par Boyer

5) , Dupuylren, etc., etc., et néanmoins elle eut peu de succès en France. Cependant il ne paraît pas douteux que îarle, Paletta (G) , Everard Home (7) , laulwain (8) ont eu à se louer de son mploi , tout aussi bien que M. Gen- Iron (9); aussi concevons - nous que 1. Mondière (10), tout en tenant compte les insuccès , ait cependant conseillé l’y avoir recours : seulement il importe, 'lors qu’on y a recours, de ne pas faire •énétrer la sonde dans le larynx , ainsi [u’il est arrivé chez un malade de Larcy 0 0- Qu’il nous soit permis, à cette ccasion, de rappeler que le moyen onsidéré par quelques-uns comme in-

(1) De strumâ œsophagis. Tubingue,

(2) Morbid anatomy of the gullet stoîach and intestines, 2* édit. Edimbourg. ' 830, in-8°.

(3) Journ. gén. de méd., t. lu, p. 31.

j (4) Recueil périod., oct. 1811.

(5) Ouv. cité.

(6) De dysphagia dans Exercit. path.

1(7) Practical observ. on the treatment striclures in the urethra and œsophais in Med. Comment., t. t, p. 336: t. n, 393. Lond., 1821.

(8) Journ. hebd., t. t, p. 578. 183G.

(9) Arcliiv. gén. de méd., t. xxx, p.

'7 et suiv.

(»0; Mém. dechir. mil., t. tt, p. 147.

(tt) Mem.de la Soc. méd. d’émulat., b P- 221.

OPÉRATOIRE. S4i

faillible pour constater la présence de la sonde dans les voies aériennes , savoir, l’agitation qui survient dans la flamme de la bougie , n’est rien moins que certain, puisque Worbe a vu cette agitation survenir alors que la sonde était dans l’œsophage : aussi conseillet-il de s’en rapporter , pour s’assurer de l’endroit où se trouve l’instrument , au plus ou moins de facilité avec laquelle on fait pénétrer profondément l’instrument , ce dernier devant nécessairement arriver beaucoup plus bas alors qu’il est dans l’œsophage. Avant tout , il importe de ne pas oublier que l’étendue des rétrécissements est ordinairement très - restreinte : ils n’ont guère en effet d’habitude que quelques millimètres de longueur; quelques-uns cependant ont jusqu’à cinq à six centimètres et même plus , mais ces cas sont exceptionnels. — Un autre point sur lequel nous croyons devoir appeler l’attention du lecteur est relatif aux parties situées au-dessus et au-dessous du rétrécissement : constamment, en effet, alors que la communication est étroite, on remarque à la partie supérieure de l’œsophage une dilatation en forme de poche qui peut se prolonger jusqu’au pharynx, ainsi qu’il arrive surtout quand l’obstacle a son siège au cardia. Nous avons vu une fois cette dilatation assez prononcée pour recevoir près de 500 grammes de liquide, et la muqueuse qui y correspondait être remplie d’ulcérations qu’on rencontre parfois aussi , à ce qu’il paraît, quoique beaucoup plus rarement, au-dessous du rétrécissement.

Chez le malade dont nous parlons, il y avait en même temps engorgement des ganglions lymphatiques qui avoisinent la face externe de l’œsophage, et hypertrophie avec altération de la glande thyroïde. — Quoi qu’il en soit , un certain nombre d’instruments ont été inventés pour procéder k la dilatation : de ce nombre se trouve celui que l’on doit à Fletcher. Fletcher , ennemi des bougies, a inventé pour la dilatation un instrument dont l’usage semblerait mettre k l’abri de tous les inconvénients attachés à l’usage des sondes, et qui est recourbé et si petit qu’à en croire l’auteur jamais il n’a trouvé, ni pendant la vie, ni après la mort, de rétrécissement assez prononcé pour s’opposer à son introduction. Quoi qu’il en soit, cet instrument , alors qu’il est fermé , présente une tige terminée k une extrémité

TRAITÉ

par une boule en acier, et qui, lorsqu’on fait exécuter au manche ou à la tige un mouvement de rotation, sépare l’instrument en trois inanches , puis remonte au milieu d’elles, et, suivant son degré d’élévation, augmente plus ou moins le diamètre du dilatateur. Quelque avantageux que soit cet instrument, on ne peut s’empêcher de reconnaître que , dans les rétrécissements circulaires par exemple, il ne peut agir que sur trois points de la circonférence : aussi doutons-nous qu’il soit souvent employé.

— Un soin que ne doit jamais omettre l’opérateur , alors qu’il se décide à recourir à la dilatation, est de chercher à favoriser la résolution de l’engorgement soit par des antiphlogistiques ou des révulsifs, soit par des' frictions faites avec le mercure ou l’hydriodate de potasse.

CAUTÉRISATION

Bien rarement employé en France , ce moyen , mis en usage pour la première fois par Paletta en 1789 , a eu surtout du succès en Angleterre. Everard Home, entre autres, l’a essayé à plusieurs reprises et en a obtenu en général de bons effets. Quoique moins heureux, le docteur Andrew a cependant réussi une fois à l’aide de ce moyen, qu’il a essayé trois fois. Sont venus ensuite Charles Bell et Maulwain, qui tous deux se sont prononcés en faveur de l’opération, et avant eux Darwin. Mondière a penché aussi en faveur de cette méthode, que, pour notre part, nous n’hésiterions pas à employer si nous avions affaire à un rétrécissement dû à une inflammation chronique de la muqueuse pharyngienne ou bien à une induration , fut-elle mêm'e de nature lardacée : et à cet effet nous nous servirions de nitrate d’argent solide, préférablement à tout autre caustique ; l’exemple de Paletta devant éloigner à jamais de l’idée d’en faire usage. On sait en effet que ce chirurgien , qui fit usage de caustique liquide, eut la douleur de voir périr son malade de perforation œsophagienne.

Manuel opératoire. — Nous ne parlerons pas de la tige de baleine à l’extrémité de laquelle Paletta attacha son linge imbibé de solution de caustique; nous ne dirons rien non pl us de la grosse bougie de toile enduite d’emplâtre agglulinatif et roulée sur elle-même, et à l’extrémité de laquelle Darwin voulait

qu’on fixât un morceau de pierre infernale , destiné à toucher le point rétréci de l’œsophage. Nous commencerons, en effet, par conseiller au praticien de s’assurer du siège précis du rétrécissement à l’aide des instruments explorateurs dont on fait usage en pareille circonstance , et de passer au besoin la sonde exploratrice contre les incisives supérieures pour mieux reconnaître l’endroit jusqu’où doit pénétrer la bougie; puis de laisser ensuite l’instrument rempli de nitrate en contact pendant trente secondes environ ou soixante au plus la première fois , en augmentant successivement la durée de son contact. Du reste , qu’on ne s’y trompe pas, il suffit quelquefois de trois ou quatre cautérisations pour amener les parties dans un état satisfaisant : du moins avons-nous été assez heureux pour réussir en Afrique chez un employé de l’administration des finances atteint d’un rétrécissement de l’œsophage à la partie moyenne de cet organe, à la suite d’une œsophagite chronique, et chez un riche Maure atteint d’une induration du même organe. Dans ce dernier cas seulement, l’application du caustique fut chaque fois d’une plus longue durée, et cela sans aucun inconvénient pour le, malade, qui se plaignait à peine d’une légère douleur; tandis que, chez le financier, la douleur qu’il éprouvait paraissait être des plus vives : aussi, 'la J première fois, l’application du caustique fut-elle suivie d’un mouvement fébrile, assez intense, mais qui céda prompte-ment aux émollients. Everard Home a vu, dans un cas analogue, survenir une. aphonie qui, heureusement pour Ile malade, ne fut qu’éphémère.

POLITES DE L’OESOPHAGE.

Observés par Græfe, Baillie, Schneider , Pringle , Monro, les polypes de l’œsophage se rapprochent , par leur forme et leur texture , de ceux que l’on rencontre dans les autres organes, ÎSotis 1 ajoutons que le plus souvent ils pre* J sentent un pédicule d'une longueur par- f fois si prononcée, que la niasse charnu® . qui les constitue apparaît au fond dcj> gorge dans les efforts de vomissement dOijl

malade.

Traitement. — Monro a eu occasion d’employer contre celle affection uï procédé qui se rattache au traitement de ees affections : nous voulons parie) :

de médecine

e la ligature, et le procède dont il s’est :rvi se trouve décrit dans son Edinurgh medical literary Essay (i ). Les raticiens, du reste, qui seraient jaloux e savoir les modifications qu il conient d’apporter aux procédés nombreux roposés pour les polypes de la gorge ourront consulter avec fruit le liavail e M. Dallas (2) et celui de M. Hofer (3). our nous , nous dirons avec M. Monière que, quand on se décide à recour à ce procédé , ce qu'il importe le lus alors est d’examiner chaque jour ttentivement la ligature , afin d’empêxer que le pédicule, une fois divisé, ne isse périr le malade d’asphyxie en se laçant sous l'ouverture de la glotte.

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