‹ Encyclopédie des sciences médicales (volume 3)Chapitre 593 sur 656 · NOTIONS HISTORIQUES · texte numérisé non relu

NOTIONS HISTORIQUES

Le père de la médecine s’est exprimé ainsi qu’il suit louchant l’opération dont nous nous occupons : « Alius morbus » quutn tempus longius protrahilur, et » febris vehementer ac Sursis corripit et u laïus dolet , et ad sanam parlent de- » cumbere non potest sed ad dolentem, » et pedes et oculorum cavilates inlu- » mescunt. Hune ubi decimus quintus « ab eruplione dies adest, multa calida » lotum in sella Arma collocalo, et abus « quidem manus ipsius leneat, lu vero » humerum concutito, utaudiasin ulrum » latus atlectio slrepitum edat. Optan- » dam autem esset in sinistrum. Hune » ipsum igitur locum seces, minus enim « lelhalis est. Si vero præ crassitudine » ac copia strepitum non edat , quo » ipsum cognoscere possis (nam boc ali- « quando contingit) utrum latus tumue- » ritac magis doluerit hoc intime secalo « relr-o tumorem, magis quam ante ip- » sum, quo pu ris exitus f.cilem lluxio- » nem habeat. Secato autem inter costas,

» prr novaeulain primuin culem deinde » scaipello acuto , quoi! panniculo sit » ohliçalum, ita ut sunima ipsius pars ,

» ad unguis digiti mensurain expedita » resiet , quam introinittas. Postea a einisso pure quantum visuni tuent » vu In us linamenio ex lino crudo, alli- » galo foras propendente tilo conclu- » dilo ; et quotidie semel pus educito :

>> poslquam autem decimus aïïlu.erit dieS » Omni pure emisso linamentum ex lin- “ leo indilo. Deinde vinum et oleuin » tepefae^ per hstulain infundito ne » p.ilmo a pure humeclari solitus dere- » pente resiccelur, emiltendum autem » est id quod maiie infusum est, ad ves- » peram, quod vespera mane. Ubi vero » pus tenue velut aqua fuerit, et ad » digiti contactum vi*cosum ac modi- » cum, penicillum stanneum cavum m- « dito. Poslquam autem omnino venter -» resiccatus fuerit, paulalim linamen- - tuin præsectum minuilo, donec ulcus

!l) âetius, sermo vm, cap. lxv, 85.

Sé1dil'ot> ?« l’opération de l’empy- -me, introduction, p. i, iu.go, 1841.

858 TRAITÉ

» coalescat et ipsum penitus exinias.

» Sijjnum autem an evasurus sit liabes ;

» si pus album ac purum fuerit, et ft- » bræ sanguinis insint, plerumque sanus » fit. SL vero prima die profluat lutei » ori speeiem liabens, aut secunda die » deOuat crassum eum errore sub pal— » lidum fretens, moriuiitur ubi pus ef- » fluxit. Si hydrops in pulmone fiat, fe- » bris et lussis tenet, et acervatitn res- » pirat , et pedes Usinent , cl ungues » couirabunlur omnes, et patilur talia, » qualia is qui suppurâtes fit, sed debi- » lins ac diulurnius. Et si quid in- » fundas aut formentum aut sulfitum » adhibeas, pus non sequitur, atque ex » hoc sane cognoveris, non pus sed » aquam intus esse. Et si multo tempore » aure ad lalera adbibita audire teula- » veris, ebullit intrinsecus velut ace- » tum ; et hæc quidem aliquandiu , pa- » titur, postea erumpit ad alvum et sta- » lim quidem sanus esse sibi videtur ac « a morbo liberatus. Yerum progresse » temporis alvus incendilur , eadein- » que ilia patilur et adbuc amplius.

» Aliqui eliam intumescunt ventre, » scroto, ac facie. Et quidam ab infer- » na alvo id esse putant, quum videant » ventrem magnum et pedes lamentes.

» Intumescunt enim bæc, si sectionis » tempus transgrediaris. Ilunc si qui- » dem extra intumuerit inter costas sec- » tum curare oporlet. Si vero non intu- » muerit, milita calida lotum velut sup- » puratos collocato , et qua parte stre- » pilum perceperis , ea secato, quam >< potes, infiino loco, quo effluxio facitis » contingat. Post quam secueris, lina- » mentuin ex crudo lino, indito, ita ut » crassum et acutum linamentum facias » et aquam paucissimum parce einittas.

» — Siquidem in linamento pus adhæ- » serit quinta die, plerumque evadit.

» — Sin minus, ubi aquam exhauseris, » silis, corripit et tussis et mbritur. — » Quum latere tuberculum fit, tussis » emerget dura et dolor et fibris et gra- » vilas in latere incumbit, et dolor acu- » tus, in eodem semper loco urget, et » sitis vebeinens etcaliduin polum aver- » salur, et in Aolens latus decumbere » non potest sed in sanum. At ubi de- » cumbil, velut lapis iinpendere ipsi vi- » detur et inturaescit et rubescit et » pedes intumescunt. — Hune secato » aut urilo. — Postea pus emillito us- » que ad idecimuin diem , linamento ex >1 lino crudo indito. Décima autem die, » pure oinni einisso, vinurn et oleuui te-

» pida nnmittilo, ut ne derepente re- » siccetur, et linamento ex linteolo uti - » tor, ubi vero id quod infusum est » emiseris alius infur.dilo ; atque bæc » per dies quinque facito ; postquam » autem pus tenue effluxerit, velut pti- » sanæ succus ac modicnm ad manu* j> contactum stanneum penicillum in- » dito, et ubi penitus resiccalum fuerit, » linamento semper modice præsecto , » ulcus ad linamentum co.ilescere si- » nito. — Quod si non eruinpat abfcesu sus (multis enim progressa temporis » abscedil ad latus, et exluinescit) iiunc a si hoc fiat, secato, aut urilo. — Pulmo h ad latus prolapsus 19, ut si ex vulnere » hoc fiat, aut suppurato seclo fieri » (fieri enim in his solel), huic vesicatn » ad fislulam alligatum flatu impleto, » ac inlromitlo, et peniculum solidum u stanneum indito, ac ulterius propel- » Iilo. Sic curalionem instituens, maxime » profeceris. »

On le voit, les indications pour pratiquer l’opération de l’empyème élaient assez nombreuses pour Hippocrate puisqu’il la recommandait pour les épanchements purulents qui succèdent à la pleurésie, pour l'hydrolhorax, pour les épanchements circonscrits et peu étendus qui surviennent à la suite de la même inflammation , pour les abcès du poumon, les épanchements de pus que l’on remarque à la suite des blessures de la poitrine. — A s’en rapporier à Galien, les Grecs la pratiquaient en enfonçant un fer rouge à travers le thorax, après s’être au préalable assurés de la collection ; et les Arabes semblent avoir partagé les mêmes préceptes et n’avoir par conséquent rien changé des doctrines des Grecs et des Romains sur ce sujet. C’est dire que chez eux l’opération de l’empyème était considérée comme une opération régulière : toutefois, on y avait recours si rarement qu’elle finit pour ainsi dire par être oubliée. Aussi G. de Salicct et Guy de Chauliac n’en parlent-ils qu’avec une réserve extrême; Paul d’Egine proposet-il de la remplacer par la cautérisation du thorax, et Haly-Abbas la rejette-t-il formellement. — Grâce aux efforts de A. Benedetti, de J. de Vigo et de Paré l’opération de l’empyème reprit pendant quelque temps faveur; mais c est * J. Fabrice surtout qu’il faut attribuer la gloire de l'av >ir remise en honneur dans le dix-septième et le dix-huitième siècle, et d'avoir de nouveau fixé sur

DE MÉDECINE

elle l’aüention de hommes de l’art de celle époque. De nos jours néanmoins celle opération, il faut bien le reconnaître, était luinbée dans un tel discrédit que lu plupart des chirurgiens partageaient le sentiment de Heisier, qui la considérait comme très-dangereuse :

« Periculosa ut plurimum, hæe operalio # esse solet, atque ahcsse ut vix polest » quis subipsam, vel statim post eadem » æger expiret (I). » Témoin Corvisart (2), au dire duquel elle hàlail dans tous les cas la mort , et alors même qu’elle procurait un soulagement éphémère. En faul-il d’ailleurs d’autres preuves que la conduite tenue par l'illustre chirurgien en chef de l’Hôtel — Dieu, qui, après s’être décidé un moment à se faire opérer, s’y refusa ensilée, convaincu que 1 opération ne pourrait que hâter sa mort ou du moins était incapable de lui redonner la vie !

Et pourlant Dieu sait, s’il y avait consenti, si la science ne le compterait point encore au nombre de ses représentants les plus dignes ! Et pourtant, à cette époque de douloureuse souvenance, les faits attestant la possibilité de guérir des cas analogues à celui dont il était atteint étaient des plus nombreux !

Pour peu qu’il puisse rester le moindre doute dans l’esprit du lecteur à cet égard, qu’il relise les discussions qui ont suivi en 1836 le rapport sur le Mémoire que mon digne ami M. le docteur Raymond Faure avait envoyé à l’Acaiémie de médecine (3), et il verra s’il ?st possible de voir une assemblée s’égarer davantage que ne l’a fait alors cette compagnie! A quoi bon s’occuper 1 empyème , y a-t-on osé dire, puisque inculte pleurésie n’est jamais mortelle car elle-même? Qu’espérer, ont dit pluiieurg autres, d’une opération qui ne mut donner issue au liquide contenu tans la poitrine sans que ce liquide soit mmédiatement remplacé par une proportion égale d’air atmosphérique , et lors que l’ introduction de ce fluide est •resque loujours, sinon toujours, morelle i’ Et pourtant alors et depuis longtemps des faits bien authentiques et en rand nombre avaient démenti chacune

(1) Institut, de chlrurg., p. 100.

(2) Essai sur les rnulad.du cœur. 1811.

(3) Bulletin de l’Acad. royale de méd., t*r, p. 62.

de ces assertions. — Mais c’est trop long-temps nous occuper de ce qui a été dit dans ces derniers temps à 1 occasion de l’opération de l’empycme , occupons-nous maintenant des circonstances dans lesquelles il convient de la pratiquer et de la manière dont il convient d’y procéder. — Et d’abord commençons par rappeler qu’on paraît généralement d’accord aujourd’hui pour reconnaître qu’on peut pratiquer l’opération de l’émpyème avec succès dans certains cas d'épanchement , 1° purulent, 2° séreux, 3° sanguin, 4° atmosphérique. Il faut donc nous occuper de chacun de ces états morbides en particulier, et indiquer quels sont les caractères qui leur sont propres : il faut par conséquent en établir le diagnostic positif et différentiel, en poser le pronostic, c’est-à dire faire connaître les chances de succès que peut présenter l’opération, et décrire enfin cette dernière avec les différents procédés qui s’y rapportent, et tout ce qui se rattache proprement dit à l’opération, savoir, le pansement, le régime et les soins hygiéniques.

ANATOMIE PATHOL OOI QUE.

Un des points les plus importants à étudier à l’occasion de l’empyème, c’est sans contredit ce qui est relatif à la fuussp membrane qui se forme à la surface de la plèvre costale et à la surface de la plèvre pulmonaire, pour peu que l’épanchement ait duré pendant, un certain temps et qu’il ait une certaine étendue. — On comprend en effet que quand une fois la matière s’est épanchée dans la cavité thorachique, le poumon doit sc trouver, à mesure que le liquide devient plus considérable, refoulé vers la colonne vertébrale, et par conséquent revenir sur lui-même, puis s’aplatir, cesser peu à peu d’être perméable et finir enfin par ressembler, suivant l'expression pittoresque d’Itard, à une sorte de mamelon propre à bouclier l’orifice des bronches et des gros vaisseaux. — Nul doute qu’il y ait à cet égard beaucoup (le variétés suivant une fo île de circonstances relatives et à l’ancienneté de I aflection et aux circonstances qui ont précédé ou suivi son développement. Ainsi par exemple, dans le cas où il se serait forme un épanchement partiel et enkysté, le poumon, au lieu de se laisser comprimer, aura continué alors

traite

à se laisser dilater dans une portion plus ou moins étendue, et la fausse membrane formée aux portions correspondantes de la plèvre pulmonaire et de la plèvre costale, se trouvera nécessairement trèslimitée. Nous ajoutons cpte celle fausse membrane, quelque puisse être d’ailleurs son étendue, se présentera naturellement avec des caractères variables, dans sa structure, suivant le plus ou moins d’ancienneté de son existence. — Ainsi elle pourra dans certains cas ê're résistante au point de rendre le poumon imperméable (l ), ou bien, sous 1 influence d’un dépôt de lymphe coagulable ou de matière caséiforme stéatoinateuse, elle aura pu se transformer en tissu qui, d’abord fibreux, sera devenu ensuite cartilagineux et même osseux (2); cas excessivement rare, sans doute, puisque presque toujours le poumon reste perméable et se laisse dilater une fois que le liquide ou une partie du liquide qui s’est épanché a été évacué. — Il en est surtout ainsi quand des adhérences se sont établies entre certains points du poumon et certaines portions correspondantes de la plèvre : alors en effet, et on le conçoit, le poumon se trouvant en rapport avec les parois pectorales ne saurait être comprimé (il).

La science est du reste surtout redevable à Delpech de l’importance qu’on a attachée dans ces derniers temps aux fausses membranes; car, un des premiers, il a insisté sur le rôle qu’illes jouent dans 1 état morbide si grave dont nous nous occupons. Ainsi, suivant l’illustre professeur de Montpellier, c’est au tissu ino lulaire qui s’organise à la ftee interne rie la plèvre que doit être attribuée la déformation du thorax qui survient dans certains cas. Toutefois ce n’est pas que nous adoptions celte opinion d’une manière absolue du chirurgien célèbre dont nous parlons ; car, selon nous, il convient de faire entrer en ligne de compte la tendance naturelle qu’ont à se rétrécir et à s’oblitérer toutes les cavités organiques, pour expliquer les déformations chroniques dont nous venons de faire mention. Cette tendance, plus encore peut-être que la rétraclilité du

(1) Bulletin do l'Acad. royale de méd., t. i«r, p. 872.

(2) Lefaucheux, Journ. gén. de méd., t. xxt, p. 49.

(3) Roux, Gaz. méd., p. 734. 1836.

tissu dont parle Delpech, doit ici être invoquée pour expliquer la conformation vicieuse du thorax.

Quoi qu’il en soit au reste, ce qu’il importe alors avant tout à l’homme de l'art, est rte constater le degré d’organisation dans lequel se trouve alors la fausse membrane puisque la guérison de l'empyènie ne saurait, pour ainsi dire, sc taire sans elle; et s'il est vrai que celte membrane parcoure toutes les phases des plaies naturelles, il s'ensuit naturellement que, une fois l'opération faite, il convient d’examiner aussitôt la nature du liquide, puisque par son as- ( pect il sera possible de juger de l’état ) dans lequel se trouve la fausse metu- j brane, au point de vue de son organi- I sation. — Le liquide purulent est-il en effet séreux et mal lié, on sera en droit d’en conclure qu alors le sac pseudo— [ pleural est mou, peu cohérent et pour ainsi dire tomenteux. Le pus est-il au ; conlraire de bonne nature, c'est-à-dire épais et crémeux, tout semble indiquer i que le sac alors e.>t consistant, fibro celluleux, et le siège d'une circulation propre. Le liquide enfin ressemble-t-il ài une sorte de lymphe plastique, alors le: sac doit être voisin d’une cicatrisation il complète et ne peut tarder à être résorbe . , en partie ou complètement.

Dans la majorité des cas en effet, le î sac disparaît partiellement ou en totalité, et se résorbe surtout entièrement,, alors que la suppuration a été peu abondante, l'épanchement récent et la guérison rapide. — Des circonstances plus?

heureuses encore que celles dont llOUS^ venons de parler peuvent se rencontrer, .j nous voulons parler des cas où le pou-- I mon étant sain .se trouve entouré d’unci i fausse membrane trop faible pour empêcher son développement. Alors, en effet, l’organe pulmonaire prend la place t du liquide, au fur et à mesure que le: liquide disparait sous l’influence de l’absorption , et le poumon se trouve ainsi ramené peu à peu vers les parois • thoraciques en brisant les liens qui l'embrassaient.

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