LA PLAIE
Dans les observations que nous avons rapportées et qui ont été couronnées de succès (1) nous avons procédé de la sorte, c’est-à-dire qu’après avoir ouvert la poitrine et laissé s’écouler une certaine quantité de pus nous avons introduit dans la plaie du thorax une bandelette de linge, puis nous avons mis par-dessus une compresse fenêtrée quelques compresses et nous avons maintenu le tout avec un bandage de corps. En agissant ainsi, du reste, nous n’avons fait qu’imiter les préceptes déjà établis par l’école grecque et adoptés par Marchettis, par Kavaton , par feu notre illustre maître le baron Larrey, etc. On a reproché à cette méthode, il est vrai, de laisser pénétrer l’air dans la poitrine; mais on conçoit que s’il devait en être ainsi, ce qui est loin d’avoir lieu dans tous les cas, on pourrait, à supposer que le poumon ne se dilatât pas suffisamment pour prendre la place du liquide, remplacer momentanément ce dernier par une injection et s’opposer par conséquent à l'entrée du fluide atmosphérique. D’ailleurs n’en fût-il pas ainsi, que, pour notre part, nous nous effraiererions peu de sa pénétration : tout en convenant cependant qu’il est mieux de chercher à l’éviter.