‹ Encyclopédie des sciences médicales (volume 3)Chapitre 601 sur 656 · I. Paracentèse abdominale · texte numérisé non relu

I. Paracentèse abdominale

Le liquide dans l’hydropisie de l'abdomen (hydrops aùdominis) peut occuper toute la cavité abdominale ou être renfermé dans un kyste (hydrops snceatus ) appartenant au péritoine oit à tout autre organe de la cavité abdo-

minale, et le plus souvent à l’ovaire. • (hydrops avnrii)\ mais, quel que soit!

l'organe où le liquide se soit rassemblé, il n’en convient pas moins de lui don-ner issue, une fois qu’on a essayé vainement de le faire disparaître à l’aide des divers moyens préconisés contre les - Causes qui y ont donné naissance.

I. 'opération qui s’y rapporte est du reste une des plus anciennes sic la chirurgie, ainsi que le prouvent surabon-

damment les faits contenus dans les annales de la science et qui attestent que quelquefois une blessure de l’abdomen, en permettant au liquide de s’épancher, a suffi pour amener lu guérison : témoin le fuit rapporté par Messoynicr (l) d’un jeune enfant qui, la main armée d’un couteau , s’amusait dans la cour d’un pays-an ascitique, sur lequel il fut précipité et auquel il ouvrit le ventre de manière à laisser s'échapper une grande quantité d’eau pendant trois semaines, au bout desquelles il guérit ; témoin encore le fait de celui qui désespéré de ne rencontrer personne pour lui pratiquer la ponction, s’avisa de briser le verre dont il faisait usage pour se désaltérer, et se l’enfonça dans l’abdomen, après l’avoir au préalable régularisé, et fut assez heiiretix guérir; témoin encore les faits rapportés par MM. Isabeau et Dupasquier. Toutefois, nonobstant ces faits heureux et ceux que nous pourrions y ajouter, on ne saurait se dissimuler que bien souvent la paracentèse abdominale n’est qu’un moyen palliatif, le liquide Une fuis évacué ne tardant pas malheureusement, à reparaître. Celte operation cependant, hâlons-nous de le dire , a plus d’une fois aidé la guérison, surtout dans les ascites : sthéniques (2), surtout en modifiant l’état

(t) Cours de médecine» p. 276, in-4°, ' 7* édition.

(2) Quelques auteurs ont rapporté à (I plusieurs chefs principaux les causes des B hydropisies ascites et ont fait :

1° Des ascites sthéniques , survenant

■ chez les individus jeunes, pléthoriques, I et survenant après des accès de colère , lune impression vive du froid le corps K étant en transpiration, ou succédant à la ï suppression d’un exanlhème , d’une lié- R morrhagie, d’un exuloire, etc. ; celles I que 1 on observe à la suite d’une exci* I talion portée sur les viscères abdoriîi-

■ naux, voire même à certains accès de

■ fièvre intermittente (voyez hacher, Re- I cherches sur les maladies chroniques, et 1 particulièrement sur les hydropisies. Pa-

■| ris, 177b. — Stoll , Môdec. pratique. .

B Broussais, Phlegm. clironiq. — ci les cuivrages de Morgagni, de Pierre Frank, de H Réveillé , etc. ; les thèses de Mafandel, a Breschet, etc.).

2° Des hydropisies asthéniques, stirVc- Bnant chez les personnes affaiblies, Scor- ■bàtiques, cancéreuses; chez celles en rç proie à de profonds chagrins , à la mi-

des parties relativement à la manière dont elles absorbent les médicaments, ainsi que nous avons eu occasion de le faire constater tout récemment à nos jeunes camarades de la Salpêtrière, sur un malade qui nous avait été envoyé du service des fiévreux. Chez ce militaire en effet, atteint d'une ascite par suite d’une excitation directe portée sur les organes de l’abdomen, les médicaraenls administrés avant la paracentèse abdominale restaient sans effet, tandis qu’une lois la ponclion pratiquée ils ont agi admirablement , le mot est exact ; aussi la guérison a-t-elle été prompte et pour ainsi dire merveilleuse. Il est vrai que chez le militaire dont nous parlons la maladie était peu ancienne, et c’est là sans contredit un grand avantage pour le succès de l’opération , qu’il s’agisse d’hydropisies ascites ou d’hydropisies enkystées, les altérations organiques qui accompagnent souvent les kystes n’ayant pas encore eu le temps de se produite, je veux parler de l’épaississement , de l'induration et de la dégénérescence squirrheuse

sôre, aux privations; chez les personnes dont le sang est appauvri, etc.

5° Des hydropisies mécaniques, causées par suite de la difficulté que le sang éprouve à circuler dans les vaisseaux, soit que l’obstacle provienne des cavités droites du cœur ou de la veine cave, soit qu’il provienne des' vaisseaux abdominaux eux-mêmes, etc, (voyez à cet égard Morgagni : « F,t certa quæcumque pars, uno quæcumque causa diutius potesl sanguinis aut lymphæ cursum morari, aut httmoris quo caveæ corporis madent præter motlum aut secrelionetn augere , aut exitum deinde imminuere, morbo liuic potest originem præbere. »

Epist. 58, p. 364, édit, de Cbaussier. — Voyez encore, p. 590 : « Forte accidit ut cum aliquando animi et studiorum causa

adolescens rusticafcl » Et plus loin

encore, p. 599 : « Non possunt autem minimæ jecinoris partis adeo amplificari... »).

4° Des hydropisies par altération (lu rein , décrites pour la première foison 1827 par Brighl, puis par Christ ison et Gregory (Archives gén. de médecine, octobre 1832); par Dance (ibid. , juin 1852). Rayer, etc.

■y’ Quelques -uns ont admis encore une nydiopisie ascite essentielle ; mais, malgré 1 autorité clos noms qui eu ont parlé, du la met généralement en doute.

TRAITE

des tissus. — Dans les cas au contraire ou l’ascite est ancienne et dans ceux surtout où elle s’accompagne d’indurations douloureuses des organes de l’abdomen , ou bien encore lorsque l’épanchement est considérable ou enkysté et le malade affaibli, alors il est à craindre que le bien-être qui suit l’évacuation du liquide ne soit que momentané, et qu'en définitive le résultat ne soit funeste.

traitement.

On n’attend pas de nous que nous nous occupions du traitement de 1 hydropisie abdominale au point de vue médical, car ce serait évidemment sortir de notre sujet : aussi nous borneronsnous à rappeler que si les antiphlogistiques aidés des diurétiques conviennent plus particulièrement aux hydropisies par pléthore, par irritation, aux hydropisies que nous avons appelées sthéniques, en un mot, on ne saurait espérer un résultat aussi avantageux dans les hydropisies asthéniques ou mécaniques. Qu’espérer en effet de l’action des médicaments, alors qu’il existe une oblitération de la veine-porte , une dégénérescence ou même une affection ancienne du foie, une affection du rein encore mal connue? Aussi voyez dans quel chaos se trouve alors plongé la thérapeutique : émissions sanguines générales ou locales, mercuriaux, diurétiques plus ou moins puissants, purgatifs drastiques plus ou moins énergiques; tout a été pour ainsi dire essayé, et il n’est aucun de ces remèdes qui ne compte plus ou moins de guérisons ! Nul doute cependant que les mercuriaux ne soient de nature à être préférés dans les affections de l’organe hépatique, soit le calomel et les frictions avec l’onguent gris ; nul doute que les évacuations sanguines ne doivent être choisies dans les affections du cœur : souvent même alors le praticien est assez heureux pour voir s’affaiblir peu à peu les symptômes fournis par l’organe central de la circulation et disparaître sous les phénomènes de l’épanchement abdominal ; mais que de fois aussi c’est vainement qu on s adresse à ces différents remèdes, y compris les purgatifs drastiques, les préparations de scdle, de digitale, de crème de tartre, de nitrate de potasse, sans contredit les plus puissants et les plus efficaces en pareil cas! — Reste

alors, il est vrai, à l’opérateur à essayer quelques autres moyens préconisés par quelques praticiens, et dont nous allons nous occuper en commençant par les vésicatoires volants, recommandés par Trouvé (1), et dont nous avons eu pour notre part à nous louer beaucoup sur deux militaires que nous avons traités récemment : il est vrai que nous n’avons pour ainsi dire laissé aucune partie de la peau du ventre sans cantharides , tellement les vésicatoires auxquels nous avons eu recours étaient grands; mais des malades en ont été bien récompensés, car leur ascite s'est promptement dissipée et n'a plus reparu depuis. — Du autre moyeu qui nous a également réussi récemment chez un malade qui nous avait été adressé par un de nos confrères de l’armée d’Afrique, et chez une bonne de Mustapha supérieur, en condition chez M. Pesez, est la compression essayée d’abord par les Anglais, mise en usage en France par MM. Récamier et Husson, recommandée par M. Speranza (2) et M. Godelle de Soissous (3), et sur l’efficacité de laquelle M. Briclietèau (4) a publié en 1832 un Mémoire qui réduit pour ainsi dire au néant les objections de MM. J. Darvial et J. Copeland (5), au dire desquels il faudrait fa rejeter complètement. — Quant à la manière d’exercer cette compression, il convient, alors qu’il n’existe pas de lésion organique, de se servir pour la pratiquer d’un bandage lacé qui comprime exactement le ventre depuis la base de la poitrine jusqu’au bassin. Du moins est-ce à ce moyeu que nous avons eu recours, et avonsnous été assez heureux pour voir tout aussitôt les urines devenir [dus abondantes et le venlre diminuer de volume.

— Maintenant, que les guérisons s’o- 1 pèrent ou non avec un certain degré de péritonite , comme le veut M. Fenoglio (6j ; au point de vue où nous sommes placé, c’est-à-dire au point de vue

(1) Archiv. gén. de médecine, t. xvtu, .

(2) Biblioth. méd. , t. u, p. 242. 1S29.I

(3) Revue méd., t. i, p. 12. 183t.

(4) Archiv. gén. de méd. , t. xxvm ,

(5) The Cyclop. of pract. med., vol. b p. 169.

(6) Fcnoglio, Annali universali di me* dicina, mai 1852 et juin 1857.

DE MÉDECINE OPÉRATOIRE

delà médecine opératoire, peu importe, la guérison étant avant tout le point essentiel. — Du reste, disons-le bien vite, afin de faire voir que nous attachons aussi une grande importance à ce que nous appelons la physiologie pathologique, les belles recherches de M. Reybanl (1) ont fait voir comment, lorsqu’il y a oblitération de la veine-porte, la circulation collatérale s’établit par l’intermédiaire des veines profondes et par le développement des veines soustégumenteuses de l’abdomen. Or, qui ne conçoit que la compression dont nous parlons doit avoir pour effet de venir au secours de cette nouvelle circulation, et de favoriser par conséquent le développement de ces nouveaux vaisseaux, en s'opposant à la dilatation indéfinie de l’abdomen. — Enfin , à nous en rapporter à M. Velpeau (2), il aurait vu survenir une amélioration trèsgrande à la suite d’une acupuncture pratiquée à l’aide d’une longue aiguille et d’une aiguille à cataracte, et nous affirmons à notre tour eu avoir obtenu des résultats on ne peut plus satisfaisants dans quatre cas d’ascite, en enfonçant sur différents points du ventre des aiguilles se rapprochant un peu des | aiguilles et des canulettes de Thouve- ! not (3), qui les recommandait dans ces : cas : aussi ne saurions-nous trop engager nos lecteurs à essayer de ce moyen thérapeutique opératoire, également recommandé par King, leur promettant d’avance qu’ils pourront en retirer quelque succès.

MANUEL OPERATOIRE.

Anatomie chirurgicale. — La paraccentèse de l’abdomen se pratiquant généralement de nos jours avec un trocart, on conçoit que l’introduction de cet instrument puisse avoir lieu au besoin sur les différents points qui forment les parois de cette cavité, puisque ces parois sont molles; mais comment songer, par exemple, à pénétrer parla paroi supérieure en contact avec les viscères de la poitrine? Et quel est l’opérateur qui irait songer sérieusement à traverser la vessie, le vagin ou le rec-

(t) Reybard, Gaz. méd., t. m, p. 558- ■885. 1833. — Journ. hcbd.

(2) Méd. opérât., t. iv, p.5. 1839.

(3) Planque, Biblioth., t, v, p. 635.

lum pour donner issue au liquide contenu dans la poitrine? Quant au scrotum, on ne saurait y penser davantage; à moins qu’il ne s’agît de cas dans lesquels il y aurait communication entre la tunique vaginale et le scrotum. Que dire maintenant des parois latérales , sinon qu’elles répondent à des portions adhérentes d’intestin, qu’à l’hypochondre droit correspond l’organe hépatique, à l’hypochondre gauche la rate, à l’épigastre l’estomac, et à la région suspubienne enfin la vessie. Reste donc en définitive la région ou, si l’on aime mieux, la zone ombilicale dans presque toute son étendue. A ussi, d’après Samuel Cooper ou plutôt d’après les Anglais, le point à préférer doit être la ligne blanche à 8 ou 9 centimètres (2 ou 3 pouces) au-dessous de l’ombilic; car, sur ce point, la paroi abdominale est non-seulement très-mince et dépourvue de vaisseaux, mais encore la distension de l’abdomen y est ordinairement plus considérable. Choisir en effet, comme le veut Boyer, le point qui sépare en deux parties égales une ligne menée de l’ombilic à l’épine antérieure et supérieure de l’os iliaque, en adoptant principalement le côté gauche, ou bien encore adopter de préférence le point d’entre-croisement de deux lignes dont 1 une irait du bord inférieur de la dernière fausse côle à la crête iliaque, et dont l’autre partie de l’ombilic se rendrait horizontalement à la colonne vertébrale, n’est-ce pas s’exposer, en cas de distension extrême de l’abdomen, à tomber sur un des points où la couche musculeuse de l’abdomen sera le plus épaisse, eu égard à la largeur plus grande des muscles droits, ou à diviser l’artère épigastrique ou l’une de ses branches? Aussi, à notre avis, est-il mieux, quand on n’adopte pas la méthode anglaise, de choisir le point où le liquide lait le plus de saillie et où la fluctuation est le plus manifeste, sauf dans les cas douteux à agir avec la plus grande prudence, c’est-à-dire à procéder couche par couche à l’incision des parois abdominales jusqu a ce qu’on soit arrivé au péritoine.

Lieu d’ élection. — Maintenant , il va sans dire que quand il existe un point fluctuant au-devant d’une induration siégeant dans l’abdomen, c’est sur ce point q(l il fa„t ouvr;r |a cavit(;.

c es aussi sur le lieu où la fluctuation c le plus manifeste qu’il convient de

TRAITÉ

pénétrer dans la cavité, à moins que l’artère épigastrique ne repose ou ne soit placée sur ce point. — L’ombilic devrait être choisi dans le cas où la cicatrice serait distendue en forme de vésicule ; nous en dirons autant du scrotum pour le cas où le liquide aurait pénétré dans la tunique vaginale, sans être accompagné d’intestin ou d’épiploon : ce serait au contraire le vagin qu’il faudrait choisir dans le cas où une des parois de ce conduit se trouverait refoulée par le liquide ; seulement on conçoit combien il importe de procéder, dans ces deux derniers cas, avec une précaution extrême, une anse d'iwlestin ou une portion d’épiploon ayant contracté des adhérences pouvant se rencontrer dans la tunique vaginale, et une portion d’intestin ou, ce qui a lieu plus souvent encore , la vessie pouvant se trouver également placée dans le culde-sac que forme le vagin (i). On conçoit aussi aisément que dans ces cas le manuel opératoire subit quelques modifications : ainsi, la malade, dans la ponction vaginale, est couchée en travers de son lit, ses cuisses sont maintenues écartées par un aide, un bandage de corps est appliqué dans le but de refouler le liquide vers l’excavation du bassin, le trocart et sa canule sont introduits dans le vagin sur l’indicateur de fa main gauche, etc., etc., toutes choses que nous indiquerons à l’occasion deà opérations qui se pratiquent sur le vagin ou sur la sclérotique à propos de la pouction par celte partie. — Reste encore un autre cas dans lequel quelques praticiens ont parlé d’un point d’élection pour la paracentèse abdominale, nous voulons parler de la grossesse, à raison de la difficulté qu’on éprouve alors à reconnaître par la palliation l’état du fond et du corps de l’utérus, par suite de la dilatation quelquefois extraordinaire des hypochondres, et de l’interposition du liquide entre l’utérus et les parois abdominales, et du refoulement des viscères vers le diaphragme. Toutefois, à l’aide de la palpation, on constate presque toujours une fluctuation obscure, il est vrai, dans les points correspondant aux régions hypochondriaques et iliaques, mais manifeste surtout dans les hypochondres ,

(1) Zang, Opérai. , vol. m , pars i , p. 29.

et principalement dans Vhypochondre gauche, où la palpation est pour ainsi dire vibrante enlre la partie supérieure du côté externe du muscle droit et le bord des fausses côtes : aussi Scarpa (l) a-t-il indiqué de pénétrer, en cas de gossesse compliquée d’ascite , sur ce dernier point, c’est-à-dire dans l’hypocliondre gauche, un peu au-dessous de la troisième fausse côte ; car on ne risque de léser ni l’utérus ni aucun autre organe , l’opérateur faisant refouler au besoin par les deux mains d’un aide l’utérus vers la colonne vertébrale , en ayant soin de soulever un repli de la peau à l'endroit où il désire opérer (2), en pratiquant au préalable une incision à travers les téguments (3), — Mil. Cruch et Laugslall (4) partagent l’opinion de Scarpa, M. Olivier (6), au contraire., d’accord avec Lanfranc et les deux Fabrice, recommandent de perforer l’ombilic, et M. Bigot d’Angers est aussi de cette opinion. A en croire MM. Einery et Velpeau (6), on peut indistinctement attaquer, et sans crainte aucune, les différents points du fhinc gauche. Moins confiant que M. Velpeau, nous nous conlenlerons de répéter qu’en général il convient de choisir le point où la saillie du ventre est le plus prononcée et la fluctuation est le plus sensible ; sauf, dans les cas douteux, à procéder comme nous l'avons déjà dit, c’est-àdire couche par couche jusqu’au péritoine.

Position du malade. — Le malade doit être couché sur le dos et rapproché du bord du lit qui correspond au côté sur lequel doit être pratiquée la ponction , la tête et la partie supérieure du corps maintenues légèrement élevées à l’aide de quelques oreillers , les jambes et les cuisses a demi fléchies; un aide, placé à côté de lui, le soutient et applique en même temps une de ses mains sur la partie antérieure et un peu laté-

(1) Scarpa, Mélanges deméd. dtrang., t. i. — Atl i dell’Alenoo di Treviso, vol. i. Trévise, 1817.

(2) A’icusseux , Medical and physical Journal, janvier 1802.

(3) Bonu, Ueber die IJarnverhallung,

(4) Archives gén. de méd. , t. viii, p.

(5) Archiv. gén. de méd., t. vi, p.178. (G) Méd. opérât., t. IV, p. 6.

DE MEDECINE OPERATOIRE.

raie du ventre, et dirige l’autre au contraire du côté où la ponction doit être faite. Un autre aide, situé sur le bord opposé du lit ou bien placé à genoux sur lu lit même, quand ce dernier a beaucoup de largeur, applique ses deux mains sur le ventre. — Une fois le malade ainsi convenablement situé, l’opérateur, placé au côté du lit qui correspond plus spécialement au corps du malade, arme sa main d’un trois-quarts, car, depuis la fin du dix-septième siècle, on a cessé de se servir de l’instrument aigu et tranchant des deux côtés auquel on substituait ensuite une canule propre à faciliter l’écoulement des eaux, et dont on se servait alors pour donner issue aux liquides épanchés dans le ventre ; l’opérateur, dont la main est armée du Irois-quarts , enduit l’extrémité de cet nslrument avec un peu de cérat, le saiit ensuite avec la main droite, de madère à faire appuyer le manche contre a paume de la main, à faire soutenir a tige par les trois premiers doigts et à aire descendre le doigt indicateur jusqu’à l’endroit où il veut faire pénétrer e trocart. Bien entendu que quand le avillon de la canule est en gouttière il ;e faut pas omettre de diriger sa face onvexe en bas, et on doit avoir soin e recommander également aux aides, ine fois le point où doit pénétrer l’intrumentfixé, de comprimer doucement - ventre afin de diriger la sérosité. — , îne fois toutes ces précautions prises , lia peau tendue avec le pouce et l’inicaleurde la main gauche, l’opérateur dt pénétrer ou plulôt enfonce d’un -ul couple trocart dans le ventre ; puis, issilôt qu’au sentiment de résistance aincue et à la liberté dont jouit i’inrument il a reconnu que ce dernier a énétré dans la collection aqueuse , il rend la canule avec le pouce et l’in— icaleur de la main gauche et t’enfonce n peu plus, en même temps qu’avec autre main il en relire le poinçon. La itosilé s écoule alors en arc dans le ase préparé à cet effet, et un aide en vorisc la sortie , par une pression ouce, en meme temps que l’opérateur aiiiiieut la canule j a mesure que le quide s évacué , les aides ont soin pour dter les syncopes de continuer la coniression, et l'opérateur, pour rendre la >rlie du liquide plus complète et plus icile vers la fin de l’évacualion, a soin ’ de faire relever et soulenir le bassin u malade au moyen d’un oreiller;

2° de faire pencher le ventre du côté opposé; 3° de le comprimer en diflTé renlssens et divers endroits ; 4° et enfin d’incliner le boni de la canule de divers côtés, surtout s’il veut rendre l’évacuation complète. — Reste ensuite, une fois qu’on a liré la quantité d’eau que l’on croit convenable , à saisir et à tirer doucement la canule avec la main droite, en ayant soin, pour rendre cette partie de l’opération plus facile, de placer le pouce et l’indicateur gauche sur le côté de l’ouverture et d’appuyer en même temps sur la peau. — Il peut arriver, lorsque la sérosité s’écoule, que tout à coup cetle dernière s’arrête, et cela a lieu surtout alors que le malade tousse; car, alors, soit une tumeur située dans le voisinage de l’ouverture faite par l'instrument , soit une portion d’épiploon ou d’intestin, soit un lambeau membraniforme, un flocon d’albumine peuvent venir s’introduire dans la canule aussi convient-il, pour remédier à cet inconvénient , de diriger dans le premier cas l’instrument du côté opposé à celui où la tumeur existe et d’introduire un gros stylet boutonné dans la canule pour éloigner les autres. — Lorsque, comme nous l’avons vu récemment sur un juif maure chez lequel il existait des kystes abdominaux, il sort un liquide bourbeux , noirâtre et semblable à de la lie de vin , il convient alors de pratiquer une incision à l’abdomen, afin de donner issue à celte matière- et il faut agir de même alors que des hydatides plus ou moins volumineuses remplissent la cavité du périloine. — Enfin lorsque la sérosité se trouve contenue dans deux ou trois poches, on conçoit que la ponction alors peut ne donner issue qu’au liquide contenu dans une seule, ce que i on reconnaît à la sortie d’une petite quantité de liquide, à la mollesse cl à l'abaissement de la portion de l’abdomen correspondant à la parue évacuée, et surtout à la résistance el a la fluctuation qu’on perçoit dans les autres; il reste donc à l’opérateur à les vider.

Procédé Fleury du P al- de- Il race.

— Pour pratiquer la paracentèse d’après ce procédé, il convient de se munir au préalable d’une soude de gomme él-nsii que dont le volume puisse traverser facilement la canule du Irocurt, et dont on aura soin d’enlever le goulot de cire rouge qui entoure le pavillon ; puis, une fois la ponction faite, d'introduire la

TRAITÉ

sonde dans la canule et de la conduire jusque dans l’abdomen à une profondeur convenable, et, quand elle y est parvenue, de retirer alors la canule du tronc afin de voir le liquide s’écouler par la sonde. — Quels avantages, dirat-on peut-être, y a-t-il à procéder de la sorte? Ces avantages sont les suivants : 1° et d’abord la flexibilité de la sonde permet à cet instrument de suivre le retrait des parois abdominales et n’exige point qu'on le maintienne ; 2° cet instrument peut être plongé dans les parties de l’abdomen où se trouve le liquide ; 3° il est moins exposé à être obstrué par les flocons albumineux, puisqu’il est pourvu de deux orifices; 4° parce qu’il dirige sans contredit beaucoup mieux vers le vase où on veut le recevoir ; 5° et surtout parce que celle sonde peut rester en place pendant plusieurs heures, de manière à faciliter l’écoulement du liquide d’une manière graduée et continue, et que, la rétraction des parois abdominales survenant spontanément, elle évite au malade les syncopes ou du moins l’embarras que lui causent les soins qu’on prend pour les empêcher. Aussi, nous l’avouons, ce procédé nous souril-il beaucoup plus que le procédé précédemment décrit, et le mettons-nous souvent en usage.

Procédé de l'incision. — 11 est de nos jours encore quelques chirurgiens qui regrettent l’ancien usage et proposent de nouveau de recourir à l’incision, pour donner issue au liquide contenu dans le péritoine. A leur tête il convient de placer Physick, au dire du quel l’opération pratiquée avec la lancette est bien moins douloureuse qu’avec le trocart; et tout récemment un chirurgien de Londres a essayé de démontrer que c’est à l’avenir à cet instrument qu’il faut accorder la préférence : dirigée par l’indicateur gauche qui le guide et lui sert de point d’appui, l’opérateur l’enfonce (la lancette) avec la main droite sur la ligne blanche, au-dessus du pubis, et introduit aussitôt à sa place une sonde de femme qui pénètre dans le péritoine; d’où il suit que ce procédé n’est autre que celui déjà décrit par Petil-Radel et proposé par Cœlius Aurelianus.

Jusqu’à preuve du contraire, nous doutons qu’il soit préférable d’en agir ainsi, plutôt que d’avoir recours au trots-quart, attendu que, pour peu que l’instrument tranchant rencontre quelques branches vasculaires, il les divise nécessairement

aussi bien que tous les autres organei qu’il rencontre; tandis qu’en faisant usage du trois-quarts l’opérateurdéplacci plutôt qu’il ne blesse les organes qui si présentent devant lui et qui jouissen d’une certaine mobilité : sans compte»

qu’une fois retiré la plaie à laquelle h trois-quarts a donné naissance se re> ferme presque aussitôt, tandis que hi; solution de continuité faite par la lan cette reste libre et n’apporte aucun obstacle à la sérosité qui tend à s’y engagerr

INJECTIONS

Pleins de confiance dans les injection irritantes employées avec tant d’avan tages à la suite de la ponction d’hydro) cèles, quelques médecins ont osé espéreti un semblable succès pour la cure dii l’hydropisie ascite et ont en conséquence introduit dans le péritoine des liquide) plus ou moins irritants dans le but d’ob tenir une inflammation adhésive. De ce nombre est Brenner : il paraît même êlre le premier qui ait proposé de faire usage, pour fortifier les viscères, d’ur mélange d 'eau-de-vie camphrée, d'aloèi et de myrrhe ; et Warrick, qui en fin l’essai, fut assez heureux pour guérit; son malade. Il est vrai que plus tardi mettant à contribution le vin rouge er l 'eau de goudron sur deux femmes atteintes d’iiydropisie abdominale, il les:

perdit toutes deux, aussi avait-il fini pai : donner la préférence aux eaux de Bristol. Imité par Ileuermann, Bossu, elc., qui, eux aussi, préconisèrent les injections dont nous venons de parler, l’exemple de Warrick était néanmoins tombé) en désuétude et était à peu près oublié, lorsque parurent dans les annales publiées par feu notre illustre maître Broussaisdeux nouveaux faits de guérison qui rappelèrent l’attention des médecins sur ce moyen et engagèrent M. Lhomme (1) de Château-Thierry à recourir; à celui dont il était fait mention dansi les annales de la doctrine physiologique, c’est-à dire à l’introduction de vapeurs vineuses dans la cavilé du péritoine; et le succès, d’aprèsee qu’il affirme, dépassa ses espérances : son malade, ainsi que celui opéré par M. Gobert et celuiobservé par M. Lafaye (2), guérit com-

(1) Archives gén. de inéd., t. xiii, p.

(2) Lancette française, t. n, n° 88.

plétenient. Qu’il nous soit permis de dire à notre tour qu’appelé à C Liera gaï (Algérie), pour donner des soins à la femme d’un employé de l’administration civile, atteinte d'une ascite non accompagnée de lièvre et qui s’était développée sans cause bien connue, paraissant exempte de toute lésion organique de l’abdomen, nous nous décidâmes à faire usage d’injections légèrement iodées et que nous avons été assez heureux pour réussir complètement. Qu’on se garde de penser toutefois que nous nous fassions le champion des injections ou des vapeurs vineuses dans le péritoine pour le traitement des bydropisies ascites. En relisant en effet avec attention les observations publiées par M. Jobert(t) ou bien celles que l’on doit à Hauermann et Bossu, ou bien encore celles que l’on trouve dans Litlre et Garengeof, on arrive à reconnaître que ces faits semblent ne se rapporter qu’à des bydropisies enkystées ou n’a-voir été suivies que d'un succès équivoque; nous en disons autant de celles de Warrich : d’où il suit en définitive que les cas de succès réel se-

d’une lésion grave d’un viscère, et plus rare encore est qu’on soit assez heureux pour faire usage d’un modificateur qui détermine des adhérences sur tous les points du péritoine et s’oppose ultérieurement à toute sécrétion nouvelle.

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