‹ Encyclopédie des sciences médicales (volume 3)Chapitre 603 sur 656 · PANSEMENT · texte numérisé non relu

PANSEMENT

Une fois le liquide écoulé et la plaie ou du moins son ouverture fermée avec l’un des doigts de la main droite, l’opérateur, comme nous l’avons dit, fixe avec les autres la canule et cherche à la retirer en lui imprimant un mouvement autour de son axe pendant qu’avec les doigts de l’autre rmin il repousse en arrière les téguments qui sont appliqués autour de la canule. Reste ensuite à nettoyer les bords de l'ouverture, à la réunir avec un morceau de diachylum, à recouvrir ce dernier d’une compresse et à serrer d’une manière convenable le bandage de corps que quelques-uns recommandent de placer autour de l'abdomen avant de commencer l'opération,' et que d’autres au contraire ne mettent qu’après la ponction. — Quoi qu’il en soit, pendant lesdeux premiers jours q ui suivent l’opération, il convient de laisser le malade au lit et de lui conseiller de ne prendre que peu de nourriture ; puis, le troisième jour on enlève l'appareil, pour renouveler le pansement et commencer le plus souvent par faire usage de frictions résolutives, spiritueuses ou ammoniacales.

B en entendu que s’il survenait une phlegmasie du péritoine ou une irritation d’un des organes de l’abdomen, il faudrait tout aussitôt l’attaquer par des antiphlogistiques puissants ou modérés,

(1) Rnmsay, Med. and surg. Journal, vol. viii, p. 281.

(2) Medical communication, t. i, fig. i; t. II. — Ce journal contient l'indicaiion des cas où l’artère épigastrique a été lésée lors de l’opération de l’abdomen.

suivant le degré d’intensité de l'inflammation; car, qu’on ne l’oublie pas, la péritonite, si on ne la Iraite vigoureusement,' peut se terminer d’une manière grave en peu de jours par la suppuration ou la gangrène. — Du reste, lorsque les coliques, au lieu d’être inflammatoires, pré-* sentent un caractère différent, il faut alors, au lieu d’antiphlogistiques, recourir aux antispasmodiques ou aux aromatiques.'— Que la crainte de donner naissance à cette irritation du bas-ventre n’empêche cependant pas les praticiens d’exercer une certaine compression avec le bandage après l’opération, car un grand nombre de faits, dont personne du reste ne révoque l’authenticité, semblent démontrer que le bandage compressif qu’on applique alors est d’un grand secours pour la guérison. Pour notre part, du moins, devons-nous dire, pour rendre hommage à la vérité, que nous avons eu beaucoup à nous en louer et tout récemment encore pour une malade que nous avons vue à Alger avec noire honorable ami M. Casimir Broussais.— Aussi ne saurions-nous trop en recommander l’emploi aux praticiens, qu’ils aient recours, pour l’appliquer, à une bande de flanelle, comme le recommandent S. Cooper et avant lui B. Bell, ou au bandage de Monro ou simplement à un bandage de corps, des compresses ou des serviettes.

Maintenant avons nous besoin de répéter que trop souvent, nonobsiant tout le mal qu’on s’est donné, toute la peine qu’on a prise, Je mal se reproduit et : qu'on se trouve de nouveau obligé de recourir à une nouvelle ponction et que, ces ponctions se multipliant, on arrive de la sorte à un chiffre vraiment effrayant: ainsi, nous nous rappelons avoir ponctionné cent quatre f"is, à l'hôpital d’instruction de Strasbourg, un officier du.

53e atteint d’une ascite et qui se trouvait, dans le service de M. Roux alors méde-cin en chef et premier professeur. Cer brave officier, que nous voyions alorspresque tous les jours avec notre digne et savant ami M. Hippolyle Larrey, n’eu finit pas moins par succomber. Ce fait, à raison de la multiplicité des ponctions, pourra peut-être paraître extraordinaire, et cependant, nous le répétons, il possède tous les caractères d’aulhenliciléa que l’on peut désirer, puisqu’il a été j observé par tous les élèves et tous les sous-aides d’un grand établissement.— Quelque remarquable qu’il paraisse, du

DE MÉDECINE

resle, il l’est moins encore que celui

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rapporté par Ruloff, qui parle d’une 91 femme chez laquelle elle eut lieu cent R quatre-vingt sept fois ( i); de celui pu- M blié par le Journal universel des .! sciences médicales, qui fait mention : d’un cas où elle fut pratiquée deux cents j fois (2J; de celui entin de Rejard (a), où * il est question de six cent cinquante-cinq fois. Comment après ces exemples oser rappeler ceux de Callisen, où il est seulement question de cent ponctions; de Mead, qui y recourut soixante-cinq lois; de Schmucker, cinquante-deux fois; de Cheselden, cinquante-sept fuis; de Lamb, quarante-six lois; de Grew, vingt-neuf fois; etc., etc.

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