II. SUTURE A ANSE
Procède P alf y n. — Convaincu qu’i s'agit moins dans le traitement des plaiet longitudinales de l’intestin de réunir le lèvres de la plaie que de se borner à Jet mettre en contact avec une autre partie avec laquelle elle puisse conlr.icler de adhérences, Palfyn conseille simplement de passer une anse de fil dans h milieu de la plaie de l’intestin, de rap I procher cette dernière de la plaie de téguments et de fixer enfin les extrémi tés du fil sur la peau à l'aide d’emplà . très agglntinatifs.
Procédé Ledran. Ledran, pour obi’ tenir la réunion des intestins dans 1er plaies longitudinales, se servait d'autant de fils qu’il avait l'intention de pratiquer de points de suture et enfilait ensuite chacun d’eux à une aiguille à coudre or-
dinaire; puis, une fois les bords défi
solution de continuité bien tendus, il passait ces fils au travers, mais en ayapt soin de ne dévier de la ligne droite aucune façon, et à sept millimètres (S distance au moins les uns des aulr$fp ■ — Ces fils une fois ainsi placés, dran ôtait les aiguilles, nouait ensemfc tous les bouts du même côté, et en sait ensuite autant pour ceux du col opposé; de telle sorte qu’il en résolu deux faisceaux de fils, qu’on tortilla ensuile ensemble à deux ou trois togn et de façon à n’avoir qu'un cordon uni* que.
La portion d’intestin divisée se tro vait alors, on le conçoit, Iroissée, etl«| point de suture rapprochés; et, grâce ^ ce froncement des bords de la plaie,
DE MÉDECINE
drau espérait s’opposer à leur écartement et donner lieu à leur réunion,
; sans l'intervention d aucune autre adhé- : rence (l).
procède Rcybard. M. Rcybard conseille d'introduire dans l’intestin, dans les plaies longitudinales et obliques de cet organe, un morceau de bois, mince et uni, muni d’un double fil à ses extrémités, et d’armer les bouts de ce fil d’une aiguille destinée à traverser les lèvres de la plaie. Passant ensuite dans ces fils une aiguille courbe, il traverse les parois de l’abdomen, à sept ou huit millimètres du bord de la plaie, puis il fixe ces fils au dehors, à l’aide d’un petit rouleau de charpie, en ayant soin toutefois de les serrer assez pour que l'intestin ainsi réuni sur le morceau de bois soit appliqué à la face interne du péritoine et y contracte des adhérences.
En agissant de la sorte, M. Rcybard a été assez heureux pour voir la plaie faite à la paroi de l’abdomen se cicatriser promptement, les fils tomber le troisième jour et le morceau de bois s’en aller avec les selles (2).
Procédé Jobert. — L’opérateur, pour l’exécuter, commence par laver les bords de la plaie avec de l'eau tiède et, après les avoir renversés en dedans avec l’aiguille, passe les fils transversalement dans les bords en ayant soin de les rapprocher assez pour empêcher les parties qui se trouvent dans leur intervalle le faire hernie, et pour laisser les séreuses en contact immédiat. Ces précauions observées, l’opérateur réunit les ils ensemble, puis les ramène ensuite l u dehors, ainsi qu’on le fait dans Le procédé de Ledran, ou bien, s’il aime nieux, il fait autant de points de suture ntrecoupée qu’il y a de fils, en coupant :es iilsau ras des nœuds ou bien en en raaenant les extrémités au dehors : seulenent, dans le premier cas, les fils tomœront dans l’intestin, tandis que dans e second on pourra, au bout de cinq ours , les retirer par la plaie extéieure (3).
lir. SUTURE a POINTS. PASSÉS.
Procède de Bertrand. — Pour l'cxé-
(1) Traité des opéïations, p. 80. 1.74 2.
(2) Mémoire sur le traitent, des anus rtiliciels, etc. Paris, 1827.
(3) Mémoire sur les plaies, du canal itcstinal, Paris, 1827*
cuter, l’opérateur n’a besoin que d’qne aiguille droite armée d’un fil ciré avec laquelle, après avoir tendu les bords de la plaie, il perce chacun d’eux un peu obliquement et à une (jistapce d’environ quatre millimètres de l’ouverture de la plaie et à deux millimètres de leur extrémité : cela fait, il reporte l’instrument de la même manière à quatre millimètres plus loin et dans la même direction; mais du côté opposé, agissant ainsi jusqu’au bout à la façon d’un tailleur qui faufile une éloffe avec sa doublure.
Reste ensuile à réduire l’intestin et à fixer en dehors les deux extrémités du fil; sauf à les retirer quelques jours après en coupant l’un des bouts près de la solution de continuité, et en tirant ensuite légèrement sur l’autre bout. — Il est des chirurgiens qui, au lieu de se conduire ainsi que nous venons de le dire, préfèrent faire repasser les deux bouts du fil à travers les bords de la plaie, espérant, en agissant de la sorte, mieux fixer l’intestin. — Ce procédé, on le sait, a depuis été mis en usage par M. Reybard. Quelques autres, craignant au contraire que, par suite de la traction du fil, les adhérences de l’in lestin ne fussent, nonobstant la dilatation des piqûres, détruites par la suppuration, ont été tentés de recourir au procédé suivant, généralement attribué à Béclard.
Procède de Béclard. — Dans ce procédé, l’opérateur commence par armer l’aiguille de deux fils dont l’un est eje couleur blanche et le second d’une autre couleur; de telle sorte que, quand il s’agit de les retirer, on s’empare d’abord du fil blanc, qu’on tire par une extrémité, puis du fil coloré, qu’on saisit également par l’autre, et par suite de ces deux tractions simultanées en sens contraire on est, dit-on, plus sûr de laisser l’intestin immobile.
APPRÉCIATION
Avant de nous prononcer d’une manière définitive sur la valeur de chacun de ces procédés, commençons par constater les résultats produits par la liralure. Or que se passe-t-il quand ^on étrangle une portion d’intestin sur les animaux au moyen de la suture ou de la ligature? Tout aussitôt les membranes muqueuse et musculeuse sont divisées ; la séreuse seule reste intacte, à moins qu elle ne soit enflammée : car alors elle cfcde d’autaqt plus facileuicut
TRAITE
que la plilegmasie dont elle est le siège est plus prononcée. Quelque fois même, liâtons nous de le dire, elle se divise alors même qu’elle est saine, surtout quand on l'étreint avec un fil simple; car avec un fil ciré elle résiste davantage.
Quant aux phénomènes qui suivent son application; l’expérience a appris que, dans les quinze premières heures, il se forme un épanchement de lymphe plastique sur les bords de la plaie et entre ces bords eux-mêmes, ainsi que sur les parties situées au delà des points de suture, qui en sont également recouvertes : un peu plus tard on voit apparaître une fausse membrane qui s’organise et unit non-seulement les lèvres de la plaie, mais encore l’intestin lui-même, aux parois abdominales et aux surfaces séreuses ambiantes; enfin, au bout de trois ou quatre jours on reconnaît à l’examen des surfaces que les fils provoquent une sorte de suppuration dans la fausse membrane et finissent par divi-.
ser tout ce qui se trouvait embrassé par le nœud et par tomber bientôt dans l’intestin à moins qu’on ne les retire à l’extérieur ainsi qu’on le fait, pour les fils qui ont servi à lier les vaisseaux artériels, lorsqu’on recourt à la ligature des abcès. A la rigueur donc, au bout de cinq ou six jours la réunion paraîtassez solide; mais il ne faut pas se dissimuler qu’elle n’a lieu alors qu’à l’aide d’adhérences de l’intestin avec les parties qui l’avoisinent, et que ce n’est que six semaines ou deux mois après, que cet organe jouit de nouveau de quelque liberté dans l’abdomen. Alors la plaie présente un caractère particulier, c’està-dire qu’elle est réunie par un tissu nouveau et qui se reconnaît aisément sur les membranes séreuse et musculeuse : seulement , nous croyons avec M. Malgaigne, du moins en nous en rapportant aux expériences auxquelles nous avons eu recours, pour ce qui a trait à la membrane muqueuse, et nonobstant ce qu’affirme M. Reybard, nous croyons, dis-je, que les bords de cette membrane se réunissent ensemble sans aucune trace de tissu nouveau intermédiaire.
Qu’on n’oublie pas, du reste, que chez l’homme les choses doivent se passer bien différemment que chez les animaux, et que, selon toute apparence, la cicatrisation complète ne doit arriver que beaucoup plus tard.
Quoi qu’il en soit, il n’en semble pas
moins résulter qu’il importe, alors qu’ontj fait usage de la suture à points serrés, .) 1° de se servir surtout de fils cirés J 2° de laisser ces fils d’autant plus lâches’ j ou de les serrer d’autant moins, que l’inflammation de la membrane séreuse est plus prononcée, et 3° de se borner, quand on veut serrer fortement, à comprendree seulement, dans la suture, la tunique sé--i reuse; au lieu d’agir à la fois sur les-i trois tuniques, comme le recommandent!!
quelques-uns.
Quant à la préférence à accorder àij telle ou telle suture : comme il paraît cer--j tain que, quand on fait usage d’une su--| ture qui unit parfaitement les tissus, les;| fils tombent d’eux-mêmes dans l’in tes — | tin, sans nuire aux adhérences exté-rieures ; mieux vaut, peut-être, couper:
ces fils au ras de la plaie que d’en rame- i ner les bouts au dehors. Dès lors le> choix se trouverait réduit entre la su--i ture à surjet de M. Reybard et la suture entrecoupée de M. Jobert; mais si:
l’on fait attention que plus il y a de:! points de suture, plus on est exposé àij voir apparaître une péritonite ou une:
entérite phlegmoneuse , on sera néces- sairement conduit à penser que la meilleure méthode est celle qui se compose de moins de points de suture, celle qui produit le moins de conslriction et dont les plis peuvent être retirés le plus aisément. Aussi , à notre avis , la suture • à anse l’emporte-t-elle, sous tous les; rapports, sur toutes les autres et n’hé--j sitons-nous pas à la conseiller pour les;' petites plaies. Pour celles d’une étendue ‘| plus grande mieux vaudrait sans aucun ij doute recourir à celle de M. Reybard, .! et réserver celle de M. Jobert pour les i plaies très-étendues.