HERNIE DES JEUNES ENFANTS
Avant tout, il importe, pour bié comprendre le mécanisme de la form; lion de cette hernie , de se rappeler disposition que présente l’ombilic apr la chute du cordon ombilical. Or, cicatrice qui succède à la séparation i ce dernier repose en quelque sorte, il! le sait, sur le péritoine, dont un peu > tissu cellulaire la sépare à peine , t’a a neau fibreux se trouvant un peu plus < dehors, et n’ayant pu fournir par cons quent à la cicatrice aucun tissu apont vrotique. Il est vrai que plus lard veine et les artères ombilicales divisée: comme le cordon, par l’ulcération qu déterminé la chute de ce dernier, vie tient aboutir à celle cicatrice par 1er; , extrémités oblitérées , et que cette cic trice et le tissu cellulaire qui la suppôt: • ne tardent pas à acquérir, comme to les tissus inodulaires, une force de rés- 1 2 * 4 5 6 tance assez grande, et à former un nœ qui, finissant par s’unir fortement a face externe du péritoine, n’ajoute j peu à la force avec laquelle la partie rr ‘ sisle . — Que si maintenant nous ajoulo que l’anneau aponévrolique devient 1 même plus dense , plus élastique , plj épais, que les vaisseaux oblitérés adhli rent chaque jour davantage à la cic trice, et que dès lors ils sont naturel! j ment moins séparés les uns des autre | on comprendra qu’il arrivera un inomu où le déplacement, la sortie des viscèi seront rendus beaucoup plus difficile mais, avant qu’il en soit ainsi ,' c’estdire avant que les parties aient acqi une grande résistance, il doit s’écou :
un certain temps, et c’est pendant ce J période que se forment les hernies om : licales, o i quelque temps après la chiij du cordon, ou du deuxième au quatrici mois , comme le pensait Desault. j Quant à l’endroit précis où se fait
DE MÉDECINE
hernie du jeune âge , si on veut bien se rappeler que l’anneau qui lui livre passage n’est pas également marqué dans toute sa circonférence, et que c'est surtout en haut qu'il se dessine, on sera disposé à reconnaître que c’est surtout sur ce point, c’est-à-dire sous la partie supérieure de la circonférence de l’anneau et près de l’endroit où se trouve la veine oblitérée, que la hernie se forme. On sera bien plus disposé encore à croire qu’en effet les choses se passent comme nous venons de l’indiquer si l’on réfléchit qu’à cet endroit la veine lui adhère fort peu, et que le péritoine y jouit d’une certaine mobilité. Ce fait semblera enfin encore bien moins douteux quand nous aurons rappelé qu’en bas les limites de l’anneau sont mal définies, et que le péritoine y adhère assez intimement au tissu fibreux de cette région, où viennent d’ailleurs se confondre les vestiges de l’artère ombilicale et de l’ouraque. — Quant aux organes que l’on y rencontre, c’est presque toujours une portion du colon transverse ou de l'intestin grêle, rarement de l’épiploon. — On cite cependant un cas dans lequel l’exomphale était constituée par le sommet de la Vessie, ou plutôt par la persistance et la dilatation de l’ouraque prolongé au delà de l'anneau ombilical. Chez la jeune fille qui en fut atteinte, la hernie n’existait point encore au moment de la naissance; mais la vessie et l’ouraque s’étant dilatés par suite de l’accumulation de l’urine, qui ne pouvait, à cause de l’imperfuration de l'urètre, s’écouler au dehors , il survint promptement à l’ombilic une tumeur assez considérable, qui finit par sç rupturer et.se convertir en fistule.
Quoi qu’il en soit, la hernie ombilicale de l’enfance apparaît sous la forme d'une tumeur un peu allongée en doigt de gant, presque cylindrique et avec tous les caractères propres aux tumeurs de cette nature. — Relativement aux organes qui la composent, la tumeur offre peu de complications. Ainsi , c’est d'abord la peau qui forme la couche exlcrieure, et celte couche est ordinairement plus mince et plus pâle vers le sommet de la hernie que partout ailleurs; quelquefois, cependant , c'est sur le côté que la particularité que nous signalons se fait remarquer. C'est là qu’est la trace de
(1) Hict. de méd. en 30 vol., t. xxu, p. 31.
la chute du cordon. Par conséquent, la cicatrice ombilicale, en tant qu’elle consisterait en une partie crispée, épaisse et enfoncée, n’existe ni sur la tumeur ni dans son voisinage, et elle a été dilatée, soulevée et amincie par le sac herniaire : aussi rencontre-l-on sous la peau la couche cellulo-fibreuse qui revêt l’aponévrose abdominale, et cette couche existe à peine là où se trouvait inséré le cordon. Plus profondément enfin , le chirurgien rencontrerait le sac péritonéal, à la fois mince et transparent ; et il chercherait en vain dans les parois de la tumeur, comme dans la hernie congénitale , les vaisseaux ombilicaux ; car le périloine, en soulevant la cicatrice, a séparé la tumeur des extrémités des vaisseaux qui se perdent alors en filaments irréguliers dans le pourtour du sac péritonéal et sans s’élever jusqu’à son sommet. — Pas n’est besoin de dire, je pense, que des adhérences peuvent s'établir ici, comme dans les autres hernies, entre les viscères déplacés ou avec les parois du sac. Quant au diagnostic, il est en général facile : il importe seulement de ne pas confondre la hernie de l’enfance avec une petite tumeur rouge, arrondie , pédiculée, irréductible, que présenté parfois l'ombilic des jeunes sujets, et que Ast. Cooper considère comme un débris du cordon (1).