‹ Encyclopédie des sciences médicales (volume 3)Chapitre 636 sur 656 · OPÉRATION DE LA HERNIE OMBILICALE ÉTRANGLÉE · texte numérisé non relu

OPÉRATION DE LA HERNIE OMBILICALE ÉTRANGLÉE

A en croire Polt (2] , il faut se garder de se hâter quand il s’agit d'opérations comme celle de la hernie ombilicale étranglée; et sans partager entièrement ce sentiment, nous sommes d’avis cependant, en considérant surtout que les lavements de tabac réussissent ici plus que dans aucune autre hernie (3), nous sommes d’avis, dis -je, qu’il ne faut opérer que quand on a épuisé les divers moyen, préconisés pour en obtenir la réduction. — Passons maintenant à la description du manuel opératoire.

Lorsque l’étranglement survient dans la hernie ombilicale et que le chirurgien juge l’opération indispensable, il ne saurait procéder à l’incision des légumen's avec trop de soin, car ils sont souvent très minces, et parfois même le sac herniaire est adhérent à la plaie ou aux intestins, et, qui plus est, déchiré. L’opérateur pratiquera donc avec précaution une incision verticale à la peau ; puis, une fois le sac ouvert et les organes herniés mis en ordre, il essaiera de taire la réduction, et, s’il ne peut y parvenir, introduira aussitôt entre le

(J)Ouvr. cité p. 339.

(2) Dict. de méd. en 30 vol., t. xxn p. 48. ‘ ' '

(ü) Ouvr. cité, p. 405.

(4) Astley Cooper, ouvr. cité, p. zïi.

collet du sac et la partie déplacée une sonde cannelée , afin d’y introduire un instrument et d’inciser directement et de haut en bas l’anneau. Nous ajoutons que dans le cas où , avant de procéder à l’opération , le chirurgien aurait reconnu , par suite delà multiplicité et de l’intensité des adhérences ou par toute autre cause , l’impossibilité de la réduction, il devrait alors, après avoir au préalable constaté l’état non gangréneux des parties herniées, pratiquer soit à droite , soit à gauche de la base de la tumeur, une incision semi-lunaire qui lui servirait seulement à traverser la peau ; puis il chercherait ensuite à introduire à la partie supérieure ou à la partie inférieure de l’anneau, et entre ce dernier et le collet du sac, une sonde cannelée sur laquelle il glisserait aussitôt le bistouri destine a diviser l’anneau. Que s’il ne pouvait parvenir à faire passer la sonde cannelée entre l’anneau et le collet du sac, l’opérateur alors introduirait entre ces organes et à leur partie inférieure , l’extrémité du doigt indicateur de la main gauche , en ayant soin de diriger en bas la face convexe de l’ongle, puis diviserait sur ce dernier, en dédolant, de dehors en dedans, les parties qui constituent l'étranglement. L’opérateur pourrait, s’il aimait mieux, recourir au débridement multiple, que M. \ elpeau (1) et plusieurs autres ont mis plusieurs lois en usan'e avec succès. Que si , au contraire , les parties herniées étaient frappées de gangrène ou que leur étranglement fût le résultat de leur entrelacement, il ne resterait alors à 1 opérateur d’autre ressource que de faire avec soin , sur un point quelconque de la tumeur, une incision au sac, en se rappelant qu’il est souvent très-mince et qu’il est le plus souvent adhérent aux enveloppes et aux organes herniés. L’opérateur se comporterait ensuite comme nous l’avons déjà dit à 1 occasion des hernies avec gangrène.

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