‹ Encyclopédie des sciences médicales (volume 3)Chapitre 64 sur 656 · C. MÉTHODE A LAMBEAUX · texte numérisé non relu

C. MÉTHODE A LAMBEAUX

ci. Procédé de Brasdor. Ce procédé décrit dans le tome v des Mémoires de l'Académie de chirurgie, consiste à pratiquer : 1° une incision en demilune à convexité inférieure , à la moitié postérieure de la circonférence du membre, à quelques mil. ira très audessous de l’olécrane ; cette incision est destinée à diviser le tendon du triceps, les ligaments latéraux, et à pénétrer largement dans l’articulation du radius. Ce premier temps île l’opération terminé , le chirurgien soulève les chairs de la parie antérieure, y introduit à plat l instrument et , rasant les surfaces osseuses, taille un large lambeau de un décimètre à dix centimètres de longueur (tros à quatre pouces), et dont la base correspond à l’articulation. L’opérateur termine ensuite par la désarticula lion du cubitus.

B. Procède rte Jacquier. Un autre procédé a été décrit par M. Vacquier ( voyez Thèses de la Faculté de Paris, Ve l amputation dans Partir ulation cubit" -humérale , in-8'>, n“ 213, an xi,

( 1 80,3) , I. m) U consiste à former un lambeau antérieur de dehors eu dedans et de bas en liant , à l’aide d’un couteau à double tranchant avec lequel il remonte jusqu’à l’articulation : reste ensuite à coup.-r les ligaments qui retiennent les os de l’avant bras à I humérus a luxer 1 avant-bras lui-même, à diviser le tendon du triceps, à détacher l’oléc,*"e ’.et à tailler un lambeau de nuelqurs nul unètres à la partie postérieure.

Sa Ira lier, qui rapporte ce procédé à Diipuytren conseille de scier l’olécrane, et il modifie à cet effet le manuel opératoire de la manière suivante : une fois les ligaments divisés à la partie anlé-

traité

rieure, il incise tout ce qui reste autour des parties molles, et scie ensuite l’olécrane , qui , une fois sciée , reste en place.

b. Procédé de Dupuytrcn. L’avantbras doit être au tiers fléchi et placé en supination absolue : l’opérateur situé en dedans du membre cherche à reconnaître les parties latérales de l’articulation, et soulève les chairs de la face antérieure. Tout étant ainsi disposé, il arme sa main d’un couteau à deux tranchants, et le fait pénétrer transversalement au côté interne et antérieur de l’épitrochlée, de manière à le faire sortir au côté opposé , c’est-à dire, au-.îevant de l’épicondyle ; ramenant ensuite 1 instrument en bas, il rase la face antérieure du cubitus et du radius et forme ainsi un lambeau antérieur de huit centimètres d’étendue (environ trois pouces). Revenant à la base du lambeau qu’il vient de tailler, il pratique une incision à la demi circonférence du membre destinée à diviser tout ce qui se trouve de parties molles à la partie postérieure. Reste ensuite à pénétrer a plein tranchant entre le radius et le cubitus , à retirer le couteau une fois arrivé à ce dernier, à diviser tous les ligaments humiTO-cubilaux avec la pointe de l'instrument, et enfin à luxer l'articulation afin d’y introduire une scie , à l’aide de laquelle on enlève la partie de l’olécrane qui correspond à cet endroit, en laissant adhérer au tendon du triceps la portion suivante. Avec un peu d’habitude on pénètre assez facilement dans l’articulation radio humérale en même tco ps qu’on pratique l’incision demi-circulaire postérieure. Quant à l’enlèvement entier ou partiel de l’olécrane , Dupuytren avait recours indifféremment à l’irn ou l'autre piocédé: mais si oïl se décidait pour l’enlèvement complet, il suffirait , l’articulation une fois luxée , de diriger la pointe de 1 instrument en arrière, pour diviser les ligaments latéraux de celle apophyse, qui, ne tenant plus alors que par le tendon du triceps, céderait aussitôt après que celui-ci aurait été divisé.

c. Procédé cle M. Séddlot. Le membre doit être placé dans la demi flexion L’opérateur, s’il agit sur le membre droit , pratique à deux centimètres huit millimètres (un pouce environ) des tubérosités, qu’il a au préalable reconnues, une incision demi circulaire à convexité inférieure sur la face postérieure de l'avantbras; cette incision ne doit comprendre

qu’un tiers à peu près de la circonférence du membre: la peau relevée par un aide, le tendon du triceps est divisé sur le sommet de l'olécrane qui , mis à nu , se trouve séparé de ses ligaments postérieurs et latéraux par la pointe de l’instrument, à laquelle on fait suivre l’interligne articulaire de manière à arriver sûrement en dedans sur l'apophyse cororioïde, et en dehors sur la tète du radius : faisant ensuite descendre de l’extrémité externe de la première incision une autre incision verticale d’une étendue de cinq centimètres environ (deux pouces), l'opérateur porte l’avant-bras, maintenu dans la demi-flexion, en arrière et en dedans, désarticule sans obstacle en coupant les portions de ligaments non encore entamées par l'instrument. Reste ensuite à engager à plein tranchant la lame de l’instrument audevant des os, à contourner ceux-ci d’arrière en avant, et a terminer l’opération en taillant un lambeau qui renferme les deux tiers des téguments de la circonférence du membre, et dans lequel il y a peu de lissu musculaire; ce que l’on obtient facilement en faisant tirer fortement la peau en avant au moment où on achève le lambeau. L’incision ver- i licale devrait être faite au côté interne, et la désarticulation commencée également, de ce côté dans le eus où on agirait : sur le membre gauche.

D. méthode ovalaire.

Procédé de il/. Daudens. Le malade est situé sur une chaise un peu élevée, et l’avant-bras du côté gauche placé dans la supination. 1° On commence d'abord par tracer avec une plume sur les téguments un ovale commencé sur u le bord antérieur du radius, à cinq , travers de doigt au-dessous du pli du bras, et terminé un travers de doigt plu: haut sur le bord postérieur du cubitus, afin d’avoir sur ce point moins de peae et un hiatus plus ouvert pour l’écoule ment des humidités de la plaie. 2° Of incise ensuite les téguments en suivan la ligne tracée, et ou les enlève à trois centimètres (douze ou quinze lignes dr hauteur ) en coupant les brides cellu leuses. 3U Enfin on divise d’un seul cou} toute la masse musculaire jusqu’aux ospuis on 1 embrasse immédiatement d la main gauche en la relevant le plu.

haut possible , pour déterminer an côn à la base duquel on porte le couteau

DE MÉDECINE OPEBATOIRE.

ifin d'ouvrir l'articulation huméro-raliale et achever ensuite de désarticuler le cubitus.

Pansement. L’artère humérale a seule besoin d être liée , à moins d’anomalie , dans le procédé de M. Velpeau; dans les autres, au contraire, il faut presque toujours jeter une ligature sur les divisions de ce vaisseau, les chairs doivent être ramenées en avant et en arrière , et maintenues comme d’habitude à 1 aide des moyens convenables. La guérison dure ordinairement un mois.

E. Appréciation. La méthode circulaire doit être encore ici préférée à cause de la régularité de la plaie, cl du peu d’épaisseur des lèvres destinées à former la cicatrice: c’est là un avantage incontestable; aussi n’hésitons nous pas à nous prononcer pour cette méthode, tout en recommandant aux praticiens la modification apportée par M. Velpeau. Quant à la méthode à lambeaux, le procédé de Dupuytren nous paraît d’une exécution assez facile, nonobstant la difficulté qu’on éprouve quelquefois à détacher l’olécrane des parties auxquelles il adhère. — Sous ce rapport, le procédé de IM. Sédillot est préférable; car, en attaquant l’articulation par la face postérieure, on i’a pas besoin de luxer cette apophyse, ;t on n’est point exposé à manquer l’arlicle. Ce procédé offre encore l'avantage 3e ne couper les vaisseaux et les nerfs qu’en achevant l’opération ; malgré cela, nous douions qu’il prévale sur le procédé de Dupuytren. En tout cas il doit lire préféré au procédé de M. Baudens, jui est beaucoup plus compliqué et ne îonne pas de meilleurs résultats. En déinilive , la mélhode à lambeaux ne doit lire employée qu’exccpiionnellement ;

:t alors il est presque vrai de dire que es différents procédés connus réussisent également bien.

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