AI, T. IV. AMPUTATION DU BRAS
Le bras ne présente pas dans toute son | tendue les mêmes conditions, sous le joint de vue anatomique ; et dès lors j>n ne saurait être surpris de voir professer des doctrines différentes à son Jujet, suivant qu’il s’agit de pratiquer 'amputation à son tiers inférieur , à sa ■arlie moyenne, ou à sa partie supérieure. Ainsi, lorsque c’est près de l’arliculalion cnkilo humérale que l’opéra- Jion a lieu, le biceps seul par son extrémité inférieure, est exposé à se rétracter
plus que les autres organes de même nature, à raison de son adhérence à l’os huméral, et de sa situation pour ainsi dire superficielle : au-dessus de 1 empreinte deltoïdienne , au contraire, et non loin surtout de l’articulation scapulo-humérale , les attaches des muscles grand pecloral, grand dorsal et grand rond, qui se fixent par leur extrémité aux parois antérieure et postérieure du thorax, peuvent devenir une cause d’insuccès par suite de leur rétraction. Telle est du moins l’opinion de M, I arrey à cet égard. Aussi cet illusLe chirurgien préfère- 1 -il désarticuler le bras plutôt que d’amputer au niveau du col chirurgical, les musclés sus- et sousépineux devant à son avis donner lieu à une extension permanente du moignon. L’observation, il faut le dire, n’a pas justifié ces craintes, (t M. Champion de Bar- le -Duc se félicite chaque jour d’avoir conservé la partie supérieure de l’humérus à trois individus qui font journellement usage de leur moignon pour placer entre lui et le thorax une canne, un portefeuille, etc., sans compter ta facilité plus grande qu'i's ont de faire tenir leurs bretelles par suite de ta conservation du creux de l’aisselle. — Nonobstant donc l’autorité de notre illustre maître le baron Larrey et l’opinion émise autrefois par de LaFaie à ce sujet, nous pensons avec Leblanc, Percy et Richerand qu’il est préférable de scier l’os au-dessus des muscles ci-dessus dénommés, plutôt que de désarticuler l’humérus.
Deux méthodes ont d’ailleurs élé conseillées pour l’amputation du bras dans la continuité : 1° la méthode circulaire, 2° la méthode à lambeaux.
B. MÉTHODE CIRCULAIRE
Le malade est couché ou assis et l’opérateur placé en dehors ou en dedans du membre, suivant le membre qu’il doit amputer. Du côté gauche, en effet, il y a quelque avantage à se placer en dedans du bras, qu’un aide dans tous les cas tient relevé presque à angle droit. Tout étant ainsi préparé , l’opérateur commence son incision circulaire et se borne à diviser d’abord la peau ; puis il incise avec la pointe de l'instrument les brides aponévroliques qui pourraient la retenir aux tissus sous-jacents, et, quand il juge qu'il a séparé assez de téguments, il divise, dans un second temps, tous les muscles
jusqu'à l’os: ensuite, apres en avoir détaché toutes les parties .no 1rs et s être assuré que le nerf radial, loge au colé üoslérieiir et externe dans une gouttière, Télé également incisé, .1 termine en sciant l’tiumérus , après, au préalable cependant, avoir fait placer la compresse destinée à relever les chairs. Au tiers inoven ou supérieur, il imparte plus encore que pour la désarticulation numéro cubitale qu’il y ait as-ez de peau pour recouvrir les os, car les pallies musculeuses y sont très-abondantes et très rétractiles. Samuel Cooper, au lieu de couper tous les musdesd’un seuleoup, commence par diviser d’abord 1 aponévrose et le biceps; ce qui augmente 1 opéralion d’un temps de plus, mais celte augmentation est a peine sensible. Peu de praticiens pourtant se conforment du reste a ce précepte , que nous croyons néanmoins avantageux. Quant a l incision destinée à séparer dans I étend e d’un pouce environ, a la mameie de Bell les libres charnues qui adhèrent a l’os avec la pointe de l’instrument tenu parallèlement à la longueur de I apophyse que l’on contourne circub.irement- et cela une fois les muscles piofon ls’ divisés ; nous engageons les praticiens a recourir à cite quadruple incision , atin dêtre plus sûr d obtenir une cica irisation exempte d accidents..
L’opérât on terminée, il suffit de lier l'artère brachiale située entre le biceps cl la portion interne du tnceps, «A parfois aussi quelques branches secondaires
vêler l’écoulement du sang. Uesie. tn suiti à réunir d’avant en arriéré ou de côté, ou mieux peut-être encore obliquement, et de façon à placer Un des ancl.s de la plaie a la partie la plus clive; une lois l'opéré reporte dans son
lit.