‹ Encyclopédie des sciences médicales (volume 3)Chapitre 640 sur 656 · COMPLICATIONS · texte numérisé non relu

COMPLICATIONS

Des complications plus ou moins graves peuvent venir s’ajouter encore à l’anus contre-nature, et au premier rang nous plaçons: 1° le renversement de l’intestin à travers l’ouverture abdominale ; 2° l’engorgement de l’entonnoir membraneux; 3° l'infiltration des matières fécales dans les parois abdominales.— Les chirurgiens, jaloux de connaître tout ce qui a trait au renversement de l’intestin consulteront avec fruit le Mémoire publié par Sabatier (2) ; ils s’y convaincront, par la lecture d’une observation empruntée au père de la médecine, que ce qui regarde les altérations de cet accident est loin d’être de science récente : ils y verront entre autres que presque toujours les orifices des bouts supérieur et inférieur sont occupés par une petite portion saillante et rouge de la muqueuse, et que souvent celte membrane invaginée forme une tumeur plus ou moins considérable , simple ou double , selon que le renversement occupe l’un des deux bouts de l’intestin ou tous les deux en même

(t) Mém. de l’Acad. royale de mèd. , t- h, p. 208. Paris, 1828.

(2) Mém. de l’Acad. de chirurg., t. v. p. 592. 0

OPERATOIRE. 1003

temps, et que cette saillie peut avoir de 12 à 54 centimètres (4 à 18 pouces).

Ils v verront encore que cette lésion peut s’accompagner de l’issue d une portion d’intestin située dans le voisinage, invaginée d’abord dans un des bouts qu’il a dépassé ensuite. Fab. de liildeu avait du reste eu occasion d’observer aussi un accident de cette nature chez un malade ; la tumeur située à l’aine droite avait une longueur de 29 centimètres, et égalait par son épaisseur celle de l’avant bras au-dessus du poignet (l). Quant à la forme de cetle saillie, elle est conique et curviligne : elle est en outre resserrée à sa base, de sorte que le cône semble sortir d’un repli cutané; d’un rouge plus ou moins vif à sa surface, elle y est surtout remarquable par les replis valvulaires qu’on y observe et parle grand nombre de tubercules plus ou moins proéminents qu’on y rencontre, et qui ne sont que les follicules gonflés de l’intestin. Nous ajoutons qu’elle offre des mouvements antipéristalliques qu’on peut provoquer à l’aide de quelques gouttes d’eau froide, et que, à en croire Boyer, alors qu’elle est unique, elle appartient au bout inférieur, tandis que, suivant Dupuylren , ce caractère indique au contraire que c’esl le bout supérieur; ce qu'il est heureusement facile de reconnaître par un autre caractère beaucoup plus cerlain, savoir : Y écoulement des matières par la base du cône pour le bout supérieur, et Y écoulement au contraire par le sommet pour le second. L’introduction d’un liquide par le rectum et celle d’une substance colorée pourraient an besoin venir en aide au chirurgien s’il se trouvait embarrassé.

— Quant à l’engorgement de Y entonnoir membraneux , il est considéré à bon droit comme un accident plus redoutable que celui dont nous venons de parler, attendu qu’il n’arrive guère que quand la plaie est fort rétrécie, ou, ce qui est pire encore, quand elle est voisine de la cicatrisation. On conçoit en effet que, dans ces cas, le chirurgien doit craindre de se voir rupturer les membranes ou bien le malade périr avec tous les symptômes de l'étranglement interne. — Reste l’i n fil t ration clés matières fecalcs entre les aponévroses des muscles de l’abdomen et sous les

(1) Traité des opér. de chir., t. vm.

TRAITE

téguments, accident également des plus graves, et donL Scarpa a rapporté un exemple. M. Lallemand en a aussi rapporté un exemple; seulement le professeur de Montpellier fut assez heureux pour voir, après bien des accidents, se rétablir son malade.

traitement.

Le traitement de l’anus contre nature peut être palliatif ou curatif.

traitement palliatif.

Lorsque l’on veut s’arrêter à ce traitement, l’opérateur se borne à appliquer sur l’ouverture extérieure un obturateur quelconque, qu’on laisse en place jusqu’au moment où le malade, averti par des coliques, sent qu’il a besoin de rendre ses excréments; ou bien on peut sc contenter de soutenir les bords de l’ouverlure avec un cercle d'ivoire ou d’acier, garni a .sa circonférence d'un bourrelet de crin et recouvert d un taffetas ciré, percé à son centre d’une ouverture facile à obturer. On peut aussi, si l’on aime mieux, adapter un réceptacle en métail ou en ivoire et qu’on maintient, su ivant les cas, à l’aide d’un brayer ou d’une ceinture élastique , ou faire établir une communication entre le bout supérieur cl l’inférieur, à l’aide d’une grosse canule en gomme élastique d’une longueur de 6 à 8 centimètres légèrement courbe et dont la concavité pourrait au besoin, en portant sur l’éperon, repousser non-seulement ce dernier en arrière, mais encore favoriser la cure radicale en fixant la convexité de l'instrument vis-à-vis la plaie au moyen d’un fil.

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