DES CIRCONSTANCES ANATOMIQUES
Avoir reconnu la gravité du mal et la nécessité de recourir à l’opération, n’est pas assez pour le praticien habile pour passer immédiatement à son exécution ; car il peut se rencontrer telles dispositions anatomiques qui y apportent quelque obstacle. — La texture vasculeuse de l’organe se place sans contredit au premier rang dans l’examen des causes de cette nature ; n’est-ce pas pour avoir négligé celle considération importante que des chirurgiens sans s’être prémunis contre tous les accidents qui pouvaient en résulter, ont porté imprudemment le fer sur la glande parotide ou le corps thyroïde ? Nous avons rapporté ailleurs une opération bien simple en apparence pratiquée sur ce dernier organe , et qui cependant a compromis singulièrement les jours de l’opéré.
Ne faut-il pas placer sur la même ligne l’extirpation complète d'un utérus entièrement cancéreux? Non que nous ignorions qu’une ligature a été serrée, et une section pratiquée sur cet organe en état de J rolapsus ou de renversement ; mais déduire du succès obtenu dans ce cas, à la réussite de l’am-
putation de la même partie passée à l’état cancéreux , alors surtout qu’il n’a pas quitté sa position , nous paraît dépasser lesbornesde l'analogie : etsansconsidérer cette affection comme une de celles qui contre-indiquent l’opération d’une manière absolue , du moins est-il permis de dire que les connaissances anatomiques les plus parfaites permettent difficilement de l’entreprendre sans léser aucun des organes qui se trouvent situés dans le voisinage.— L'insuffisance des connaissances anatomiques ne devrait-elle pas faire rejeter l’extirpation des ovaires, quand, par suite de la tuméfaction de ces organes, ils se trouvent en rapporL avec la plupart des viscères et des gros vaisseaux de l’abdomen? — Nonobstant tout ce qui a été écrit dans ces derniers temps en faveur de l’opération du trépan, ne doiton pas considérer comme une contreindication à l’application des couronnes sur le trajet des sutures la facilité avec laquelle la phlébite traumatique se développe et sc propage promptement dans les troncs veineux considérables ; et ne sont-ce pas là autant de contre-indications puisées dans les circonstances anatomiques qui justifient pleinement le titre que nous avons donné à ce paragraphe ?