SON ARTICULATION AVEC LE PIED (T1BIO
tarsienne).
Le peu de parties molles dont cette articulation est revêtue , mais surtout la presque impossibilité pour les opérés de marcher sur l’extrémité du moignon, à raison de la difficulté de construire des moyens prothétiques convenables , ont fait rejeter cette amputation par presque tous les grands praticiens, nonobstant le succès obtenu par Sédillier, Brasdor et Rossi. M. Couprie (Thèses de Paris, 1826, n° 1 10) dit cependant avoir vu un malade amputé pendant la campagne de Russie qui s’était fait construire une
machine à peu près analogue à celle de M. Mille , et qui s’en servait avec avantage pour la marche, bien que, chose remarquable chez cet opéré , il y eût absence d’une des malléoles. Aussi MM. Velpeau et Lisfranc , et auparavant Sabatier, ne parlent-ils de l’abandon de cette opération qu’avec regret.
11 faut convenir néanmoins que les objections sur lesquelles repose l’oubli dans lequel est tombé l’amputation tibio-tarsienne ont une valeur réelle, et que la présence des malléoles, jointe aux autres raisons anatomiques énumérées plus haut, sont des motifs bien puissants pour justifier la préférence qu’on accorde à l'amputation de la jambe dans sa continuité , et pour expliquer le silence pour ainsi direabsolu des écrivains touchantles procédés relatifs à celte désarticulation.
M. Velpeau a proposé, il est vrai, de pratiquer deux incisions en demi- lune à deux ou trois centimètres (douze ou quinze lignes) en avant et en arrière de l’articulation , et se réunissant en demilune de chaque côté à deux centimètres (un pouceenviron) au-devant des malléoles ; puis, une fois la peau retirée, de diviser les parties molles, de pénétrer dans l’articulation, et de réunir les lambeaux une fois l’opération terminée, filais outre l’obscurité qui règne dans cette description , comment s’empêcher de faire remarquer que, vu la nécessité de recourir après l’opération à un pied artiliciel, il importe de ne pas mettre la cicatrice au centre, et que mieux vaut pratiquer d’abord un très-court lambeau en avant à l’aide d’une incision demi-circulaire, lambeau qui iraitaboutir au bord antérieur de chaque malléole?
L’instrument, dans ce cas, pénétrerait ensuite du côté malléolaire interne, attendu que l’extrémité tibiale inférieure descend moins que l'extrémité péronéale; puis, le lambeau, l’articulation une fois complètement ouverte, serait taillé aux dépens du talon. 11 n’y aurait d’ailleurs nul inconvénient, ce nous semble, à scier une partie des malléoles dans le cas où elles feraient une trop forte saillie ; mais alors peut-être serait- il préférable de recourir à l’amputation sus-malléolaire.