ULCERES ET INDURATIONS DE LA LANGUE
Mettant tout à fait hors de' cause les effets du mercure, on peut considérer l’irritation produite par une dent cariée offrant des pointes et des inégalités comme une des sources les plus fréquentes de l’ulcération de la langue.
Dans ce cas on comprend facilement que le traitement rationnel consiste à extraire cette dent ou à limer ses aspérités.
Il se développe quelquefois sur le dos de la langue des tubercules durs dont le pédicule est étroit et dont la tète est large et semblable à celle d’un petit champignon. On peut les enlever d’un seul coup île ciseaux, ou bien les lier et ensuite toucher les parties avec le nitrate d’argent.
J’ai vu la surface entière de la langue couverte de tubercules durs dont quelques-uns étaient dans un état d’ulcération. Je pense que le mercure a un effet très-salutaire sur ce genre d’affection.
On peut guérir quelques ulcérations invétérées de la langue par des altérants semblables à ceux que j’ai conseillé d’employer pour les ulcérations du même caractère et situées sur les lèvres. Quanl à celles de nature vénérienne je les ai décrites en parlant de la syphilis.
CANCER de la langue.
Celle affection commence ordinairement par une induration irrégulière rugueuse, résistante, située généralement dans le tiers antérieur de cet organe entre son raphé et son extrémité. L,à surface muqueuse est plissée et présente des aspériiés, et le malade ressent des douleurs très-vives dans la partie et des élancements dans la direction de l’oreille. Quelquefois la tumeur atteint une dimension considérable avant que l’ulcération commence, les individus de l’âge de quarante ans environ sont les plus •ujets à la maladie cancéreuse de la
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quelque lemps sont affectées de gonflement et d’induration; des hémorrhagies abondantes ont lieu de temps à aulre; et à la suite de ces accidents le malade tombe dans une débilité et une atonie excessive.
U y a deux manières d’enlever les parties cancéreuses de l’organe , l’une par le bistouri ; et l’autre , au moyen d’une ligature double passée à travers le centre de la langue à l’aide d’une aiguille courbect à pointe aiguë. L’aiguille étant fixée dans un manche : on serre forlcmcut un des côtés de l’organe dans une partie de la ligature, et l’autre côté dans la seconde partie de celte même ligature. En pratiquant celte opération quelques chirurgiens saisissent d’abord la langue avec des pinces à érigne , afin de la maintenir. L’inconvénient de l’opération par le bistouri, c'esl l'hémorrhagie qui en résulte ; car si elle est abondante et si on ne peut l’arrêter par les moyens indiqués dans les remarques sur les blessures de langue, il faut adopter pour la faire cesser quelque mesure extraordinaire : telle que l’application du cautère actuel, ou même la ligature de l’artère linguale à l’endroit où elle passe sur la corne de l’os hyoïde. Quand on peut pratiquer l’extirpation d’une induration cancéreuse en excisant une portion de la langue en forme de V, le meilleur moyen d’arrêter l’hémorrhagie est de rapprocher parfaitement les Lords de la plaie à l’aide d’une suture. On peut aussi enlever la langue au moyen d’une incision faite sous la mâchoire, entre la symphyse et l’os hyoïde. Si la partie qui doit être enlevée est attirée au dehors par la plaie , et si l’on maintient le reste avec un tenaculum, on pourra pratiquer l’incision convenable et la ligature des artères. L)e celle manière aussi l’extirpation au moyen de la ligature peut être faite plus en arrière que par la méthode ordinaire (l).
Les récidives sont fréquentes après les opérations faites sur des langues cancéreuses ; ce qui doit nous rendre circonspectsà l’égard du jugement quenous portons sur les chances de guérison (2).
(1) Arnott, Transactions médico- chirurgicales; vol. xxii, p. 20.
(2) On ne doit employer la suture entrecoupée après les amputations partielles de la langue, que quand on a enlevé seulement une portion moyenne de l’organe à l’aide d’une incision en Y; aulre-