MAIS NE SONT PAS BLESSES
Quand une portion de l’inlestin ou de l’épiploon fait saillie au dehors, plus tôt on opère la réduction , et plus on empêchera d’une manière effective l’irritation provenant de son exposition à l’air et de la constriclion exereée sur lui. Il serait absurde de fomenter les intestins herniés , ainsi qu’on le conseille quelquefois; car quel est le topique qui pourrait être aussi salutaire que le sont la chaleur et l’humidité naturelle de la cavité dans laquelle on devra les relouler immédiatement, eu opérant leur réduction, et peut-on supposer qu’une fomentation artificielle serait assez efficace pour compenser le mal résultant de ce que les intestins demeureraient exposés à l’air et dans un état d,e constriclion ? Afin de faciliter la réduction , on devra relâcher les muscles de l’abdomen ; mais, relativement à la question de savoir si l’on doit employer quelque temps à donner des lavements, afin de débarrasser lis grands intestins avant d’essayer de réduire, les parties herniées , mon opinion est semblable à celle que j’ai émise à l’égard des fomentations. Ou devra
terminaisons qui laissent beaucoup de chances de sauver le malade, soit dans le péritoine en donnant lieu à une péritonite l'nortelle. Si donc le sang s'étant écoulé lentement un caillot s’est formé dans le point qui est la source de l’hémorrhagie, on s’expose en sondant la plaie à détacher celui-ci et à renouveler l’écoulement du sang. Ce que je viens de dire des épanchements sanguins s’applique aussi à ceux des matières alimentaires et de liquides digestifs, bien que dans ce cas les chances de salut soient encore bien moindres que dans ceux ou du sang s’est répandu dans la cavité péritoneale. Quant aux injections exploratrices dans la plaie pour voir si elle pénètre, celte pratique est si évidemment absurde, que je n ai pas besoin d'en discuter ici les inconvénients. D’ailleurs quels seraient les avantages de toutes ces recherches, puisqu’elles! ne conduisent qu’à des renseignements* vagues et qui ne sont point de nature ài changer la thérapeutique? Dans les cas?
douteux et obscurs un ou deux jours aui plus suffisent pour éclairer le diagnostic.. Il faut donc se borner au traitement antiphlogistique et savoir attendre.
( Note du trad.)
DE PATHOLOGIE CHIRURGICALE
toujours faire rentrer le mésentère avant l’intestin, et faire rentrer l’intestin avant l’épiploon ; mais il faudra d'abord réduire la portion de chacune de ces parties qui sera sortie la dernière. En opérant la réduction on devra prendre soin de faire rentrer complètement les intestins dans l’abdomen et de ne pas les laisser presser entre les couches des muscles abdominaux ou dans la gaine du muscle droit.
Quand l’intestin hernié est tellement distendu par l’air ou les matières fécales qu’on éprouve de la dilliculté à opérer sa réduction , on peut souvent , par la pression, faire passer graduellement ce qu’il contient dans la portion du canal intestinal qui se trouve renfermée dans l’abdomen , et l’on peut alors faire rentrer l’intestin. Mais si celte manœuvre offrait de la difficulté , j’aimerais mieux agrandir la blessure que d'exposer trop long-temps l’intestin aux attouchements de la main.
Quand l’intestin hernié est distendu par de i’air, Paré et d’autres auteurs conseillent d'y faire des ponctions trèspetites , au moyen d’une aiguille, de manière que l’air s’échappe et que l’intestin s allaisse. — Cette proposition est avec raison rejetée par la chirurgie moderne, et à cause des dangers qu’elle offre, et à cause de son inefficacité. Les petites ouvertures faites avec uneaiguilie ronde, ne feraient pas échapper l’air; car elles seraient bouchées par la membrane muqueuse (1 J; et si l’on pratiquait des ponctions plus larges ainsi que le conseille Désunit (2J, cette opération serait beaucoup plus dangereuse que celle de la dilatation de la blessure.
Lorsqu il y a nécessité absolue d’aerandir la plaie, il faut le faire dans une direction telle, qu’on ne coure pas te danger
d’intéresser l’artère épigastrique, et, s’il
est possible, parallèlement aux libres musculaires.
Lorsque l’intestin hernié est déjà enflammé, tous les chirurgiens s’accordent à dire que sa réduction immédiate est une pratique rationnelle. Alors même que l'inflammation est intense, la réduction de la partie opérée sans délai, et emploi des remèdes antiphlogistiques
Q) Voy. Travers, On injuries of intes- ,nes> etc., p. no.
. ni 1X135 dCS maladies cllirurgicales,
préviennent souvent la gangrène. La couleur terne, brune, rouge-foncé de l’intestin hernié pourrait faire supposer au praticien, ou que cet intestin est déjà affecté de gangrène, ou qu’il le sera inévitablement et que par conséquent on pourrait attendre pour opérer sa réduction. Mais malgré la couleur défavorable de l’intestin , la fermeté qu’il présenté au toucher prouve qu’il n’est pas gangrené ; il faut donc pratiquer sa réduclion immédiate. La guérison d'une portion d’intestin , dans les conditions présentes, est toujours matière à incertitude ; mais il est parfaitement sûr que 1 on doit se hâter de lui faire reprendre sa situation normale. Si, après la réduction de l’intestin, cet organe était affecté de gangrène on ne devrait pas abandonner tout espoir de sauver la vie du malade.
Lorsque l’épiploon fait saillie au dehors et qu'il se trouve étranglé par suile de l’exiguïté de l'ouverture, il contracte des adhérences. Richerand nous conseille d’exciser toute la portion de cette membrane qui dépasse Je niveau des téguments et de ne pas nous occuper de la partie qui reste, laquelle, ajoute t il, fera 1 office d’un bouchon et empêchera le retour d’une hernie. Si des adhérences étaient déjà formées, celte méthode serait peut-être la meilleure à employer; mais si I épiploon était sain et non étranglé , on devrait sans aucun doute le réduire immédiatement. A l’égard des cas dans dans lesquels cette membrane nonseulement fa il saillie au dehors mais en outre est affectée de gangrène, quelques auteurs approuvent que l’on , pratique 1 excision de la partie morte et la réduction du reste, après avoir d’abord lié avec un petit fil de soie chacun des vaisseaux qui donnent du sang. Il arrive cependant que lorsque l’épiploon a été exposé à 1 air assez long-temps pour que cette partie herniée se soit transformée en eschare gangréneuse, des adhérences ont eu le temps de se former à l’intérieur de la plaie; cet accident embarrasserait le chirurgien et constituerait un motif absolu de s’abstenirde l’opération. La réduction ayant été pratiquée , le malade i oit cire couche sur le dos , ses cuisses étant un peu relevées ou pliées, et il doit s’abstenir avec soin de faire aucun effort dans la crainte de donner lieu à une autre hernie. On doit alors fermer la blessure a l'aide du diackylon, du bandage unissant ou de la suture. 11 a été
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beaucoup parlé dans tous les anciens traiiés de chirurgie, de la suture des plaies des parois abdominales , sous le nom de gaslroraplue , qui n'était autre chose qu’une suture empennée que l’on pratiquait en introduisant l’aiguille à travers les deux lèvres de la plaie de dedans en dehors, afin d’éviter tout danger de piquer les intestins. Pibrac (1) dans sa disserlion sur l’abus des sutures rapporte des cas qui prouvent d’une manière satisfaisante que la majorité des blessures pénétrantes du ventre peut être parfaitement guérie sans ce moyen; et si l’on désire avoir des preuves encore plus convaincantes à l’appui de ce fait, on les trouvera dans les résultats de l’opération césarienne : car la plaie étendue qu’elle produit a été souvent guérie a l’aide des moyens ordinaires.
Mais quoique les sutures ne soient pas nécessaires dans tous les cas de blessure du ventre , elles peuvent être utiles dans des circonstances particulières ; par exemple , si la plaie était d’une certaine dimension , elles pourraient être indispensables popr empêcher l’éventration (2).