ATROPHIE DU TESTICULE
L’atrophie du testicule, c’est-à-dire la destruction ou l’absorption plus ou moins complète de cet organe peut survenir après que l’inflammation aiguë dont il était le siège s’est calmée ; mais cette atrophie a lieu plus souvent quand l’inflammation a été excitée par une vio-
(1) La terminaison de l’orchite par suppuration est toujours très-fâcheuse , mais elle diffère bien de gravité suivant que le pus s’est formé à l’intérieur du testicule lui-même ou dans les enveloppes dont il est recouvert. Cette distinction, qu’ont négligée presque tous les auteurs est très-importante à établir, car dans le premier cas le testicule est perdu soit qu’on laisse l’abcès s’ouvrir de luimême, soit qu’on lui donne une issue à J’aide d’un instrument tranchant. Une fois la tunique albuginée ouverte, les filaments ténus dont se compose le parenchyme de l’organe sortent, et le périteste se vide ainsi graduellement ; si au contraire le pus se forme dans le scrotum ou même dans la tunique vaginale, on peut espérer qu’aprôs sa sortie la guérison pourra s’effectuer comme pour tous les abcès en général. L’induration et le gonflementqui restentsouvent au testicule et surtout à l’épididyme après l’orchite sont pour les individus qui en demeurent affectés une source d’inquiétude pendant long-temps; ils croient toujours que leur testicule va devenir squirrheux ou que celte dégénérescence s’est même déjà produite. 11 faut bien savoir que la dégénérescence squirrheuse est fort rare quand le gonflement du testicule et de l’ôpididyme est la suite d’une orchite blennorrhagique ; je ne me rappelle pas en avoir jamais rencontré un seul exemple. Tous les sarcocèles que j’ai vus étaient dus à des coups, à des froissements qui avaient déterminé une inflammation aiguë suivie d’une inflammation chronique ou bien une inflammation chronique de prime abord à la suite de laquelle les symptômes d'un sarcocèle s’étaient graduellement développés. (Note du trad.)
lcncc extérieure que lorsqu’elle est la suite de la gonorrhée. Quand ces circonstances se présentent on ne peut douter que le tissu du testicule n’ait été altéré d’une manière irréparable par le travail inflammatoire , et probablement dans quelques cas l’atrophie peut être due à une oblitération du canal déférent ; car il y avait, au muséum de Saint-Thomas’s-Ilospital , un testicule présentant cette disposition, son canal déférent ne pouvait être injecté avec du mercure que dans l’étendue d’un demi-pouce environ à partir de l’anneau inguinal en se dirigeant vers le testicule. Ce fait est rapporté dans l’ouvrage de sir Astley Cooper. Quelquefois le testicule s’atrophie sans avoir été antérieurement le siège d’aucune inflammation : la pression exercée par un bandage sur le cordon spermatique peut causer cette atrophie, et Larrey rapporte plusieurs cas curieux dans lesquels elle a été la suile de blessures faites avec le sabre à l’occiput et à la nuque (1).