AUGMENTATION DE VOLUME OU INFLAMMA- TION CHRONIQUE DU TESTICULE
Cette affection commence ordinairement par de l’induration et du gonflement à l’épididyme , ces symptômes n’étant d’abord accompagnés que d’une gêne qui va à peine jusqu'à la douleur ; à la hn la partie glanduleuse de l’organe se prend aussi et le testicule affecté paraît un peu plus volumineux et plus sensible que celui du côté opposé. Si Ja maladie est occasionnée par la réception d’un coup elle peut commencer dans le corps du testicule , qui présente alors une
(1) L’atropine du testicule due à cette cause résulte pour ainsi dire de la continuation du travail de résolution, ou en d’autres termes, d’absorption qui au lieu de s’arrêter quand l’organe a retrouvé ses dimensions normales, poursuit toujours sa marche jusqu’à amener sa destruction totale; on ne connaît rien qui puisse l’entraver d’une manière réellement efficace- Aussitôt qu'on s’en aperçoit on conçoit qu’on doit supprimer tous les moyens résolutifs et fondants.
Sanson conseille de faire alors des applications fortement narcotiques et astringentes, mais le plus ordinairement ces moyens demeurent sans effet et le testicule se réduit à un très-petit volume.
(Noie du trad.)
DE PATHOLOGIE
forme globuleuse au lieu de celle ovale qui lui est naturelle, et quelquefois, bien que son volume soit augmenté et que sa forme ait subi des altérations, il ne présente pas d’inégalités à sa surface. Dans d’autres cas , cependant , il est d’abord inégal, de sorte qu’on y peut sentir des nodosités ; et, d’après sir Benjamin Brodie, c’est ce qui a ordinairement lieu au début, la maladie présentant à une époque plus avancée une augmentation de volume générale et uniforme sans aucune nodosité.
Il est rare que celte affection soit assez douloureuse pour forcer le malade à observer le repos absolu et a s abstenir a la fois du travail et de l’exercice. Dans quelques cas de la sérosité claire et transparente s'épanche dans la tunique vaginale, ce qui constitue une des formes (de l'affection à laquelle on applique vaguement la dénomination d’hydro-sarcocèle. Dans les cas ordiuaires , le cordon spermatique n’est pas induré, mais ses veines sont quelque peu augmentées de volume; et lorsque la maladie a existé pendant un temps assez considérable et que les parties sont notablement plus volumineuses , l’individu affecté se plaint de douleurs et d’un sentiment de pesanteur dans les reins et les cuisses.
Cette inflammation chronique du testicule, le sarcocèle tuberculeux de M. Cruveilhier, qui a été si bien décrit par sir Benjamin Brodie, amène la production d’une substance tuberculeuse jaune dans le tissu de cet organe; cette matière jaune non organisée se réunit d’abord en petites collections et ensuite en masses plus considérables dans certaines parties du testicule , tandis que dans d’autres points de cet organe le tissu glanduleux est tout à fait sain. A une epoque plus avancée de la maladie , la matière jaune, qui est sécrétée à l’intérieur des conduits séminifères et du canal de l'épididyme , prend une consistance plus ferme et est généralement laminée. Cette maladie se produit chez des individus dont l'économie est soumise à des influences morbides telles que le rhumatisme, la syphilis, ou d’autres affections générales. Elle se présente souvent chez des individus qui ont été ■scrofuleux dans leur jeunesse ou dont la constitution a été délabrée par le long usage du mercure (1). Ce qu’on appelle
(1) D'après ce qu’on vient de lire on
sarcocèle vénérien n’est qu une variété de cette maladie. Dans cc dernier cas, d’après l’opinion de M. Cruveilhier, la déposition tuberculeuse se fait toujours dans l’épididyme. Il décrit un cas remarquable dans lequel la substance tuberculeuse était déposée, non -seulement dans l’épididyme et le corps du testicule , mais encore dans le canal déférent, les vésicules séminales, les canaux éjaculaleurs et la glande prostate (1).
D’après l’opinion de sir Astley Cooper, quand un épanchement de matière solide a eu lieu dans les canaux séminifères, ou même dans la substance du testicule ou de l’épididyme, on peut guérir la maladie en gardant exactement le décubitus el en recourant à l’emploi de trois grains de calomel et d’un grain d’opium, soir et matin, ahn d’exciter l’inflammation des gencives pendant un mois au moins. On doit administrer, tous les quatre jours, le matin, une médecine noire (manne et séné) , et quinze ou vingt gouttes de vin stibié (pharm. de L.). Le traitement local doit consister en deux applications de sangsues par semaine, et dans l’usage d’une lotion composée de cinq onces de la solution d’acétate d’ammoniaque et d'une once d’alcool. M. Cruveilher vient à l’appui de celte opinion en faisant observer qu’une déposition de matière tuberculeuse dans l’épididyme,
pourrait penser que rinllammation chronique du testicule peut à elle seule, et dans les circonstances ordinaires, déterminer la formation de matière tuberculeuse au sein de son tissu ; dans ce cas, comme dans tous les autres, il faut nécessairement admettre une prédisposition existant dans la constitution de l’individu; l’inflammation peut favoriser le travail de tuberculisation, mais ce travail de tuberculisation n’est pas une terminaison de 1 inflammation. Lorsque de la matière tuberculeuse s’est formée dans le testicule d un individu âgé de plus de quinze ans, el ce n’est guère que chez les adultes que celte maladie se développe, on doit redouter que les autres organes, et surtout les poumons, n’en contiennent. Il faudrait donc avoir égard aux symptômes généraux et pratiquer l’auscultation avec soin avant de se déterminer à faire une opération qui non-seulement pourrait être inutile, mais hâter alors la perte du sujet. (Note du trad.)
(11 Cruveilhier, Anatomie pathologique, liv. ix, p. 2.
traité élémentaire
ou même dans le corps du testicule, ne constitue pas une raison suffisante pour qu’on doive recourir à la castration.
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