‹ Encyclopédie des sciences médicales (volume 5)Chapitre 146 sur 242 · HYDROCÈLE · texte numérisé non relu

HYDROCÈLE

L’hydrocèle ordinaire est une collection de liquide séreux formée dans la tunique vaginale , et produisant dans le scrotum une tumeur piriforme, fluctuante , et en général plus ou moins transparente. J’ai rencontré cette sorte de maladie chez des individus de tout âge, mais je l’ai vue affecter moins fréquemment les enfants que les adultes.

Le gonflement commence au niveau de la partie inférieure du testicule, il n’est pas accompagné de douleur , ou du moins les cas dans lesquels le malade en ressent au début de l’affection , ne sont pas les plus communs. D’abord , la tumeur est molle et l'on peut facilement sentir le testicule à travers le liquide ; mais elle devient graduellement plus tendue, et l’on ne peut plus alors distinguer cet organe. La partie la plus

une époque où l’économie est infectée par la cachexie cancéreuse et le malade trop faible pour la supporter. 11 faut enfin reconnaître les cas où le malade se présentant pour la première fois au chirurgien, l’affection est trop avancée pour que l’opération soit praticable.

Avant de se décider à pratiquer l’ablation d’un organe aussi important et dont la perle entraîne souvent une révolution morale des plus fâcheuses chez l’individu, il convient d’essayer avec persévérance un traitement qui devra être surveillé soigneusement par le chirurgien. M. Gaina a obtenu de nombreux succès par le traitement suivant : on applique sur le testicule huit ou dix sangsues tous les cinq ou huit jours; on entretient en permanence sur la tumeur des cataplasmes et des fomentations émollientes; un bain tiède est pris tous les trois jours; le régime doit être doux et peu nutritif ; enfin on administre des pilules composées de quatre cinquièmes de grain d’extrait, de ciguë et d’un cinquième de grain de calomel ; on en prend d’abord une matin et soir, puis deux, et on augmente chaque jour la dose d’une de ces pilules le malin et d’une autre le soir. On peut arriver ainsi graduellement à vingt pilules le matin et vingt pilules le soir; l’effet révulsif qu’on se propose a lieu, soit qu’il arrive de la salivation, soit que des selles abondantes surviennent; et, suivant qu’il veut arrêter, modérer ou augmenter ces évacuations, le chirurgien suspend, diminue ou accroît l’administration des pilules. — J’ai vu

volumineuse de cette tumeur piriforme se trouve en bas , son diamètre diminuant graduellement en se rapprochant de l’anneau inguinal. C’est seulement après qu’elle a atteint une certaine dimension que sa pesanteur et sa tension occasionnent de la gène dans la partie inférieure du dos.

En se mettant dans un endroit obscur, en tenant une bougie allumée très rapprochée derrière un côté du scrotum, et regardant la tumeur. du côté opposé, tandis que la main du chirurgien est appliquée de champ sur la partie externe de la tumeur, il est généralement très-aisé de voir que celle-ci est transparente. Elle l’est toujours lorsque le liquide est clair, et qut; la tunique vaginale, le crémastcr et les autres enveloppes ne so.it pas trop épaissis. Cet épaississement a lieu surtout dans les hydrocèles volumineuses; mais, ainsi que l’a remarqué sir Benjamin Brodie ,

d’autres praticiens recourir aux onctions avec la pommade d’hydriodatc de potasse, ou à l’application de l’emplâtre de Vigo cum mercurio , après avoir com- • mencé par enlever ce qu’il peut y avoir d’inflammatoire dans la maladie par quelques applications de sangsues et de • cataplasmes. Soit qu’on ait inutilement employé ces moyens et que le mal ait fait des progrès, soit que le malade se présente à une époque avancée, il est : bon de se rappeler quelles sont les con- • tre-fnd ica lions de l’opération. Celle qui est le plus généralement regardée comme absolue c’est la couleur jaune-paille et la sécheresse de la peau; certains auteurs disent aussi que les douleurs lombaires, lorsqu’on ne peut les rapporter à des rhumatismes, constituent une absolue con— tre-indicalion. On s’abstiendra d’opérer quand, en palpant avec soin l’abdomen,, on y sentira des tumeurs qui dénotent:

que la maladie a envahi les organes in— térieurs. Enfin, si le cordon était vraiment induré et si le mal remontait assez haut pour qu’on ne pût trouver de point sain sur lequel dût porter la section destinée à séparer totalement les partiesmalades des parties saines, on n’opère— rait point. Boyer allait jusqu'à dire que l’épaississement du seul canal déférent' qui lorsqu’on le tranche en pareil cas -S laisse s’écouler une matière blanchâtre,indiquait une récidive probable. Je ne ’ parlerai point ici de l’opération du sarcocèle qui sera décrite dans la troisième section de cet ouvrage, (IVolc du trad.)

DE PATHOLOGIE

il existe quelquefois lorsque la tumeur est d’une dimension peu considérable ; et alors si nous avons occasion d’examiuer les parties après la mort, nous verrons que la surface interne de la tunique vaginale a un peu l’aspect d’un gâteau de miel, ce qui porte ce chirurgien à penser que l’hydroccle a commencé par de l'inflammation.

Un autre symptôme de l’hydrocèle est la fluctuation que le chirurgien peut très-facilement reconnaître, en prenant le scrotum dans sa main et poussant le liquide en avant, à moins que la tunique vaginale ne soit excessivement épaissie.

Lorsque la tumeur est déjà volumineuse, le testicule occupe ordinairement les deux tiers postérieurs de la cavité , circonstance que l’on doit se rappeler lorsqu’on introduit un trocart pour évacuer le liquide.

Quelquefois les hydrocèles existent des deux côtés du scrotum.

Bien que l’hydrocèle soit presque toujours piriforme, la partie la plus épaisse de la tumeur étant alors en bas; elle peut prendre d’autres formes. Ainsi, la configuration de la tumeur peut se trouver altérée par suite d’une forte pression exercée par un pantalon trop étroit ou par toute autre chose. Peut-être cependant , cette déviation de la forme ordinaire de la tumeur ne provient-elle pas toujours d’une cause à laquelle nous puissions remonter. On voit dans le Muséum du collège de l’Université une préparation dans laquelle outre la cavité principale de l’hydrocèle, se trouve une autre poche qui communique librement avec celle-ci. Quelquefois l’hydrocèle forme deux tumeurs qui communiquent entre elles par un collet étroit. Si l’on ponctionne le compartiment inférieur d’une hydrocèle de ce genre , on pourra faire évacuer le liquide contenu dans les deux tumeurs, ce qui prouve qu’elles communiquent entre elles. C’est là ce qui a lieu dans la plupart des cas : mais il arrive quelquefois que les deux compartiments ne communiquent pas parce qu’une cloison complète existe entre eux. Nous devons croire, cependant, que la communication demeure ouverte

(pendant un certain temps, au point resserré, mais que par suite de l’inflammation adhésive ou d’autres causes, ce * passage étroit se ferme à la fin complétei ment. Sir Benjamin Brodic rapporte un | cas intéressant qui prouve qu'une hy- ) droccle est quelquefois divisée de celte

manière en deux portions parfaitement distinctes l’une de l’aulre. Dans le cas dont je parle ici, la première lois que l'on ponctionna l’hydrocèle , on passa le trocart dans la cavité inférieure, qui fut par ce moyen vidée ainsi que la cavité supérieure. Environ un an après , on répéta la même opération , mais on ne put plus faire évacuer la tumeur supérieure par ce procédé ; l’occlusion , qui antérieurement se trouvait imparfaite , étant devenue complète dans le cours d’une année.

Quelques hydrocèles communiquent avec la cavité de l’abdomen , parce que la partie supérieure de la tunique vaginale demeure ouverte. Cette hydrocèle que l’on nomme conge'niale , se rencontre principalement chez les enfants, mais parfois on la voit aussi chez les adultes. La quantité de liquide renfermée dans les hydrocèles qui existent déjà depuis quelque temps, est presque toujours d’environ huit à dix onces ; mais Gibbon , l’historien , qui fut traité par feu M. Cline , était affecté d’une hydrocèle d’où l’on ht sortir une livre et demie de liquide ; et l’on cite plusieurs cas dans lesquels la tumeur descendait jusqu’aux genoux. De tels exemples ne peuvent qu’être le résultat d’une grande négligence.

La nature du liquide peut varier aussi bien que sa quantité. Quelquefois il contient des flocons de matière fibrineuse dus à 1 inflammation. Le liquide est généralement très- transparent et d’une couleur ambrée ou paillée ; il e=t coagulable par la chaleur , les acides et l’alcool , et il ressemble au sérum du sang à l’exception qu’il contient moins d’albumine. Quelquefois, cependant, il est d’une couleur beaucoup plus prononcée et meme rougeâtre , surtout lorsqu’au début de l’affeclion il y a eu inflammation des parties. Nous rencontrons aussi certains cas dans lesquels Je liquide contient des substances flottantes, cartilagineuses ou osseuses. Parfois on découvre dans ce liquide de petites parcelles brillantes et graisseuses qui sont probablement de l’adipocire. Dans quelques exemples particuliers, le liquide au lieu d’être clair est tout à fait trouble et opaque , circonstance qui prouve généralement que la surface interne de la tunique vaginale a été préalablement le siège d’un travail inflammatoire.

Loisqu une hydrocèle se complique

de la présence d’nnc substance cartilagineuse flottante dans la tunique vaginale, sir Benjamin Brodie pense que cette production cartilagineuse détachée constitue la maladie primitive , et que c’est l’irritation occasionnée par elle qui entretient à l’intérieur de cette membrane la sécrétion de liquide augmentée. Si l’on pouvait sentir ce corps étranger et le fixer dans un point immédiatement après l'évacuation du liquide , on inciserait sur ce corps et on l’extrairait. Ce procédé amènerait sans aucun doute la guérison radicale de l’hydrocèle , parce que ainsi on ferait disparaître la cause de la maladie, et l’on exciterait une certaine inflammation. Sir Benjamin Brodie rapporte le cas suivant : un individu affecté d’une hydrocèle, qu’il avait l'habitude de voir de temps à autre pendant quelques années, était en proie à d’horribles douleurs toutes les fois que le liquide était évacué. Dans ccs occasions le malade se jetait invariablement sur le plancher et il gémissait d’une manière affreuse pendant un quart d’heure. Après sa mort il fut constaté que la tunique vaginale contenait une substance cartilagineuse qui, lorsque le liquide avait été évacué, occasionnait vraisemblablement les vives souffrances du malade.

Dans les hydrocèles de longue date, la tunique vaginale , le crémaster et le tissu cellulaire sont souvent excessivement épaissis. L’on rencontre aussi des exemples dans lesquels la tunique présente des ossifications à sa surface.

Le testicule lui-même est ordinairement sain; quelquefois, cependant, il subit une légère augmeritatation de volume et quelquefois une légère diminution. Le testicule peut aussi être malade, on appelle alors ce cas liydrosarcocèle.

Parmi les signes au moyeu desquels on peut le plus sûrement diagnostiquer une hydrocèle, j’indiquerai sa transparence, sa fluctuation, son début à la partie inférieure de la tunique vaginale, son extension graduelle en haut, sa configuration piriforme , et enfin la circonstance suivante, c’est qu’une portion du cordon spermatique située entre l’anneau inguinal et la partie supérieure de la tumeur demeure libre et n’est pas entourée de liquide.

L’on peut distinguer une hydrocèle d’un sarcocèle , parce que ce dernier est beaucoup plus lourd, plus globuleux ou ovale , et plus plat sur les côtés qu’une hydrocèle , parce qu’il est aussi

d’une consistance plus considérable ; parce que la pression y détermine une douleur qui porte à la défaillance; parce qu’il est accompagné de souffrances bien plus fortes dans les reins , et très-souvent de la couleur jaune-paille de la peau , ce qui ne se rencontre nullement dans l’hydrocèle que l’on voit fréquemment chez les individus parfaitement sains.

Ou peut généralement distinguer une hydrocèle d’une hernie , par la possibilité dans laquelle on se trouve actuellement ou dans laquelle on s’est trouvé antérieurement de réduire cette dernière; par le mouvement d’impulsion que l’on y ressent lorsque le malade tousse ; par la direction qu’a suivie la tumeur, le progrès quelle fait de haut en bas, depuis l’anneau inguinal jusque dans le scrolum , et non pas de bas en haut en remontant vers l’anneau; parce qu'elle repose sur la partie supérieure du cordon; et, si c’est un bubonocèle et non une hernie congéniale , par la possibilité de sentir le testicule au-dessous de la tumeur.

Mais quelquefois une hydrocèle est compliquée d’une hernie. Dans les cas de ce genre il arrive généralement que l’hydrocèle se trouve au-devant de la hernie ; et si nous sommes appelés à opérer cette dernière pour un étranglement, la plus sûre manière de procéder sera évidemment d’ouvrir complètement l’hydrocèle.

Bien qu’une hydrocèle ne soit pas une affection très-douloureuse dans les cas ordinaires, elle occasionne une gène extrême; car l’individu atteint de cette maladie doit renoncer à toute occupation active, et la tumeur est fort exposée aux effets provenant de violences extérieures. Lorsqu’elle est volumineuse , elle attire sur elle une grande partie des téguments de la verge qui.

semble pour ainsi dire enterrée dans la tumeur, de sorte que cette maladie estt certainement un obstacle grave à l’accomplissement du coït.

J’ai vu quelques cas rares dans lesquels^ des hydrocèless’étaicnt rompues accidentellement, par suite déchûtes ou de coupsreçus. Les résultats diffèrent : quelquefoisune des veines de la tunique vaginale se trouvant rompue, une hémorrhagie se lait; dans la cavité de cette membrane et l’hydrocèle devient ce qu’on nomme une /icmnlocèle ; dans d’autres cas la tunique^ vaginale sc déchire dans une étendue un peu plus considérable, et le liquide'

DE PATHOLOGIE CHIRURGICALE. 613

contenu dans l’hydrocèle passe dans le tissu cellulaire du scrotum ; la tumeur primitive disparaissant pour un certain temps , mais se reproduisant presque toujours après que l’ouverture de la tunique vaginale s'est refermée. Cependant , si une inflammation considérable survenait à la suite de l’accident, il pourrait en résulter la guérison radicale de l’hydrocèle ; mais il n’est pas ordinaire que l'issue soit aussi heureuse.

L’hydrocèle de la tunique vaginale , c’est-à-dire celle que l’on rencontre le plus communément chez les adultes , et dont la survenance n'est pas accompagnée de souffrance , se guérit très-rarement d’une manière spontanée. Cependant sir Benjamin Brodie cite un cas

■ dans lequel cela eut lieu. Il est probable

■ que lorsqu’une hydrocèle disparaît spontanément, cet événement est dû à quelque inflammation accidentelle, préalablement développée dans les parties, ou à ce que l'épanchement étant survenu comme elfet de l’inflammation, le liquide se résorbe lorsque celle-ci disparaît et les vaisseaux reprennent leur action ordinaire.

Ti nitemenl. Chez les enfants, la maladie, lorsqu'elle n’est pas compliquée de l’existence d'une communication entre la cavité de l’abdomen et celle de la tunique vaginale , peut généralement être guérie au moyen de lotions contenant de la liqueur d’acétate d’ammoniaque , de l’hydrochlorate d’ammoniaque , ou d’autres substances propres i exciter I action des vaisseaux absorbants. Souvent aussi l'on obtient la guérison à l’aide de frictions faites sur le scrotum avec des onguents iodurés ou avec le Uniment savonneux auquel on ajoute la teinture de cantharides; ou enhn en appliquant des vésicatoires sur le scrotum, ainsi que le pratiquait Duouytren.

L hydrocèle ordinaire des adultes cède virement à ces traitements , et l'on est Obligé de recourir à d’autres moyens.

'3n doit surtout se diriger dans le choix le ceux-ci d’après le désir exprimé par e malade , d’obtenir un soulagement emporaire ou permanent ; ou en d’aures termes, d’après la volonté maniestéepar lui de se soumettre à ce qu’on ippclle le traitement palliatif ou au raitcmcnl radical , ce dernier étant îecessairement plus douloureux. Le raitement palliatif consiste simplement

aire évacuer le liquide au moyen

d’un petit trocart et d’une canule.

On saisit avec la main gauche la portion postérieure de la tumeur, et l’on ponctionne cette dernière vers son milieu , à la réunion des deux tiers supérieurs avec le tiers inférieur, en pireuant soin d’incliner la pointe de l'instrument un peu plus haut. On doit en choisissant un trocart avoir soin qu’il s’adapte bien à la canule et surtout que l’extrémité de cette dernière ne soit ni trop large ni trop épaisse, afin qu’elle ne forme pas une saillie circulaire trop considérable sur le trocart ; car lorsque cela a lieu il se peut fort bien que l’introduction du trocart dans la tunique vaginale se trouve arrêtée par la proéminence circulaire de la canule, et alors on ne peut pas faire entrer celle-ci dans l'hydrocèle où l’on ne peut arriver qti’après des efforts répétés qui font beaucoup souffrir le malade et qui lui donnent une opinion de la maladresse du chirurgien , de nature à le discréditer dans son esprit. Dans la pratique de la chirurgie il est souvent d’une haute importance, pour un homme qui tient à sa réputation dans sa profession , d’accorder son attention à de petites choses : et j’ai vu de graves inconvénients résulter de l'inattention mise à la construction d’un trocart. Après avoir retiré le trocart et avoir tait évacuer le liquide en prenant, soin tandis qu’il s’écoule , de bien maintenir la canule introduite dans la tunique vaginale (car si cet instrument glissait en dehors de celle-ci , nous n« pourrions l’y faire entrer de nouveau), on doit placer un morceau de diachylon sui te lieu de la ponction et appliquer un suspensoir ; ce dernier , cependant, n’esl p is essentiel et l’on peut souvent se dispenser de l’employer.

Si quelque circonstance accidentelle produisait de l’inflammation après l’opération, il pourrait en résulter une Guérison complète ; mais ceci n’arrive que dans peu de cas, c’est pourquoi le traitement dont je parle est nommé palliatif par les chirurgiens.

Le traitement radical consiste à faire évacuer le liquide et à adopter ensuite quelque moyen propre à exciter l’inflammation du testicule ou plutôt de la surlace interne de la tunique vaginale On peut remplir ces indications en employant divers procédés. Il y a environ cinquante ans, les chirurgiens appliquaient quelquefois sur le scrotum des caustiques qui produisaient une eschare;

lorsque celle-ci se détachait, le liquide s’évacuait et alors survenait l’inflammation de la tunique vaginale que l’on s’efforcait de provoquer. A la fin ce traitement fut abandonné comme déterminant des souffrances inutiles et n’ofFranl que des cbances incertaines de succès. A la même époque, le procédé qui consiste à passer des mèches et des sétons dans la tunique vaginale pour opérer la guérison de la maladie, était aussi en usage. Le séton fut en vogue pendant longtemps; et aujourd’hui même, bien qu’on ne l’emploie pas dans le genre d’hydrocèle dont nous parlons actuellement, on en fait quelquefois usage dans une autre forme de cette affection. Un autre mode de traitement consistait encore à pratiquer une assez large incision dans la tumeur de manière à faire évacuer le liquide et à exposer ainsi à l’air la cavité de l’hydrocèle; d’où suivaient l’inflammation , la suppuration, la production de bourgeons charnus, et l’oblitération de celle membrane. Ce dernier mode de traitement doit être encore mis en usage dans des circonstances particulières. En général la meilleure méthode, celle à laquelle tous les chirurgiens expérimentés de ce pays donnent la préférence, consiste à évacuer le liquide et à injecter immédiatement ensuite quelque fluide stimulant dans la cavité de la tunique vaginale afin d’y' développer le degré d’inflammation nécessaire. Pour pratiquer cette opération il faut un appareil simple mais bien fait, composé d’un trocart et d’une canule, puis d’une seringue avec un tube adapté à la canule, ou d une bouteille de gomme élastique ayant un collet de métal muni d’un robinet et de volume exact pour s’adapter a l'orifice de la canule. Quelques chirurgiens se servent d’une injection contenant du sulfate de zinc, d’autres emploient une solution d’alun, ou un mélange d’eau et d’eau-de-vie. Feu sir James Earle prêterait l’eau chaude et le vin de Porto à parties égales. Dernièrement on s’est servi d’une injection composée de deux gros de teinture d’iode et de six gros d’eau chaude, pensant que la guérison s’accomplit plus tôt par ce moyen que par d’autres injections dont il faut aussi une plus grande quantité, ce qui expose plus au passage de ces liquides dans le tissu cellulaire. Les injections de vin de Porto et de zinc sont les seules que j’ai employées jusqu’ici. L’injection de vin doit être plus forte que celle dont il

vient d’être question plus haut. Elle ne serait pas trop stimulante en mettant deux tiers de vin (1). J'ai souvent encore mis un gros et demi de sulfate de zinc dans une pinte d’eau chaude , et je pense qu’ainsi on diminue les chances de voir manquer l’opération.

Le liquide de l’hydrocèle ayant été évacué et la bouteille de gomme élastique, ou la seringue remplie avec la lotion, on introduit le bout du robinet dans la canule et on pousse l’injection dans la tunique vaginale. Cependant avant de procéder à cette partie de l’opération nous devons être sûrs que le bout de la canule ne s’est point retiré hors de la cavité de cette membrane, car s’il n’v était plus l’injection passerait non dans cette cavité mais dans le tissu cellulaire du scrotum et produirait des abcès étendus ou même des eschares gangréneuses de ces parties.

Je me rappelle qu’un jour où j’aidais un chirurgien à faire celte opération, je lui conseillais de se tenir en garde contre cet accident, qu’il semblait considérer comme n’offrant qu’un très-faible danger. 11 me dit avoir opéré un grand nombre d’hydrocèles sans que cela se fût présenté; et cependant il résulta de son manque d’attention a bien maintenir la canule pendant que le liquide s’écoulait et que la tunique vaginale revenait sur elle-même, que l’accident qu’il considérait impossible entre ses mains arriva comme je l’avais prévu.

Desabcès survinrent, et quelques points furent frappes de gangrène; niais je crois que l’hydrocèle fut radicalement guérie, ce qui aurait pu ne pas arriver. On peut laisser le liquide injecté pendant un es-

(t) La pratique généralement adoptée' en France est de se servir de vin rouge ordinaire pur que l’on fait chauffer préa-lablcmcnt à AO degrés ; on fait une pre-mière injection avec ce vin chaud, et on* la maintient trois minutes dans la tunique vaginale en fermant la canule ; on laisse écouler le liquide, puis on pousse une seconde injection toute pareille, on lai fait séjourner le même temps, on la lait, écouler et on pratique une troisième in-jection qui est aussi conservée durant trois minutes. Pendant qu’on fait ces injections le malade éprouve de fortes douleurs de reins dues à la vive sensibilité des nerfs spermatiques et dont i. ne fait concevoir aucune inquiétude.

(Note du irad.)

DE PATHOLOGIE

pace d’environ cinq à dix minutes. Chez les jeunes sujets il suffit de trois. minutes. La quantité de liquide injecte ne doit pas être tout à fait égale à la quantité de liquide évacué, car, si l'on distendait trop la tunique vaginale , une partie de l’injection pourrait s’échapper sur le côté de la canule dans le tissu cellulaire et occasionner la suppuration ou même la gangrène. Si le testicule était le siège d une augmentation de volume chronique, cette circonstance ne devrait pas toujours nous empêcher de recourir à l’injection qui, dans des cas de ce genre, a souvent amené la guérison. Après l’opération on recouvre le lieu de la ponction avec du diachylon ordinaire ou savonneux, et quand l’inflammation est survenue on y applique un cataplasme. On a supposé à une certaine époque que ce traitement ne pouvait amener la guérison qu’eu produisant l’oblitération de la cavité de la tunique vaginale, ou en excitant dans ' cette membrane l’inflammation adhésive, laquelle était suivie de la réunion du .feuillet externe de la tunique vaginale .au feuillet de cette membrane qui se réi fléchit sur le testicule; et l’on pensait qu’à moins que celte réunion ne s’exécutât il y aurait récidive. Mais on sait parfaitement aujourd’hui qu’une hydrocèle se guérit souvent sans qu’il y ait oblitération de la tunique vaginale, et que cette guérison est due à une autre cause, c'est-à-dire, que l’injection excite l’inflammation de l’intérieur de cette membrane, inflammation qui est suivie d’une altération permanente dans l’état et l’action des vaisseaux de la partie d’où résulte la suppression de la secrétion trop abondante du liquide; et l’équilibre paraît alors se rétablir entre la secrétion et l’absorption (l).

(1) Je crois que dans un grand nombre de cas l’oblitération de la tunique vaginale a lieu. Quoi qu’il en soit, il est bon id’entrer dans quelques détails relativement-à ce qui se passe après l’opération Celle ci étant terminée, on recouvre les bourses de compresses trempées dans du vin ; le lendemain, de la chaleur, de la rougeur et do la tuméfaction se manifestent ; et ces symptômes augmentent jusqu’à ce que la partie ait acquis un volume pareil à celui qu’elle avait avant l'opération. Si on néglige d’en prévenir le malade il ne manque pas de s’en inquiéter, et il croit, ainsi que je l’ai vu, que le but de l’opération est manqué;

A l’égard de la forme d’hydrocèle dans laquelle la cavilé de celle-ci se trouve divisée en sacs ou cellules distinctes, je signalerai une circonstance qui mérite de fixer notre attention , c’est que nous ne pouvons traiter celle affection ni d’une manière efficace, ni avec la moindre chance de succès, par l’emploi des injections ; le seul traitement rationnel est celui qui consiste à pratiquer une incision assez large dans la tumeur et à faire évacuer le liquide des diverses poches dans lesquelles il est contenu. L’on peut en agissant de cette manière compter avec quelque certitude sur une guérison radicale. Dans quelques cas où.

l’hydrocèle se trouve avoir deux cavités distinctes, cette particularité provient de la coexistence d’une hydrocèle de la tunique vaginale et d’une hyrdrocèle enkystée du cordon spermatique.

Dans tous les cas ordinaires le traitement par injection devra être préféré comme étant le plus doux et le plus sûr. Cependant, lorsque l'hydrocèle contient plusieurs cavités différentes ne communiquant pas entre elles; lorsque la nature de la maladie est douteuse ou que celle-ci est compliquée de la présence d’une hernie ou d’un sac herniaire ; ou bien lorsque le traitement par injection a déjà échoué, il est peut-être plus prudent de pratiquer une incision de préférence à une ponction, et même dans quelques-uns de ces cas on devra faire cette première avec une excessive précaution. Quand, néanmoins, on est dans le doute sur la question de savoir si la maladie est une hydrocèle ou une tumeur encéphaloïde, une ponction faite avec un petit trocart semble ne devoir être suivie d’aucune conséquence fâcheuse.

Elle est, je crois, préférable à une in-

cependant cette marche est tout-à-faif normale et elle indique la survenance de l’inflammation que l’on cherche à développer dans la tunique vaginale. Alors on suspend les applications vineuses et on les remplace par des cataplasmes tiôdes. Au bout de peu de jours le gonflement se dissipe, et, pour en achever la résolution, on applique sur la partie des compresses trempées dans l’eau blanche.

Pendant les premiers mois au moins le sujet devra faire usage d’un suspensoir; certains chirurgiens conseillent de continuer toujours l’emploi de celui-ci pour préserver plus sûrement les parties.

(Noie du trad.

ei6

cision qui, dans le cas où on aurait affaire à une hydrocèle, serait un mode de traitement inutilement douloureux.

Quand l’injection n’a pas réussi, le séton peut être employé, si le chirurgien le préfère, comme étant un mode de traitement plus doux que l'incision. Dans un petit nombre de cas de ce genre j’ai essayé l’acupuncture avec succès, mais dans d’autres, elle n’a obtenu aucun résultat. Chez deux ou trois individus j’ai eu recours à l'acupuncture pour remédier à un retour partiel de l’hydrocèle et j’ai complété la guérison. Si l'on tente l’acupuncture il faut y adjoindre l’effet d’une certaine compression.

On ne doit jamais procéder à la ponction d’une hydrocèle de la tunique vaginale sans l’avoir examinée avec grand soin, car on rapporte différents cas où le testicule, au lieu d’avoir le liquide audevant de lui, était adhérente la partie antérieure de la surface interne de la tunique vaginale et avait été blessé par le trocart , tandis qu'il ne s’était pas écoulé une goutte de liquide réuni sur les côtes de cet organe. Un des moyens les plus surs d'éviter celte sérieuse erreur est d’examiner toujours les hydrocèles avec une bougie suivant la manière expliquée plus haut; car si la partie antérieure de la tumeur paraît opaque, et si, quand on la comprime elle fait sentir cette douleur qui porte à la défaillance et que produit toujours la pression du testicule, nous pouvons en inférer que cet organe est adhérent à la paroi antérieure de la cavité de l’hydrocèle, et qu’il serait blessé par l’introduction du trocart dans le lieu où on le plonge habituellement (l).

fl) La blessure du testicule peut encore avoir lieu quand, celui-ci descendant un peu bas, un chirurgien inhabile enfonce trop profondément Je trocart.

Pour que la ponction soit bien faite il faut que l’opérateur tienne le trocart entre le pouce et le médius, tandis que l’index appuyé sur le trocart détermine la quantité qu’il convient d’enfoncer pour que le bout de la canule soit bien contenu dans la tunique vaginale et que la pointe du trocart ne blesse point le testicule: cela fait, ou plonge le trocart dans le lieu d’élection par un coup sec , la tige du trocart est retirée , et on a soin d’abaisser un peu le pavillon de la canule par un léger mouvement de bascule qui relève en même temps un peu

HYDROCÈLE COBGÉN1ALE.

On appelle ainsi une collection d’eau dans la tunique vaginale coexistant avec une communication étroite entre la cavité de cette dernière membrane et l'intérieur du péritoine. Chez le fœtus le testicule est contenu dans l'abdomen d’où il descend dans le scrotum généralement un peu avant la naissance; mais quelquefois il n’y est pas encore arrivé a cette époque. La production du péritoine qui l’accompagne et qui devra constituer la future tunique vaginale se ferme ordinairement peu de temps après que la descente du testicule s’est achevée. Mais, avant que cela n’arrive, le liquide peut passer de la cavité du péritoine dans la poche qui est destinée à former la tunique vaginale, et de là peut résulter la forme particulière d’hydrocèle ilile conge nia/e. Ce cas présente un symptôme caractéristique que n'offrent pas les autres hydrocèles, c’est qu’on peuî faire disparaître la tumeur par la pression en refoulant le liquide dans la cavité du péritoine. Ceci est un point de ressemblance avec la hernie. L’hvdiocèle est cependant une tumeur transparente, molle et piriforme , dans laquelle ou peut sentir facilement la fluctuation.

L’hydrocèle congéniale diminue ou disparaît, non-seulement par la pression.

l’extrémité de la canule dans la tunique vaginale. Bien que dans la plupart des cas où le testicule a été piqué il n’en soit pas résulté d’accidents graves , dans d’autres cependant l’inflammation s’en est emparée et a amené la suppuration , et enfin la perte de l’organe. Lorsque cet accident est arrivé on en est averti par lu douleur vive et sui generis que le malade éprouve dans le testicule; il est alors plus prudent de ne pas faire d’injection stimulante et de remettre l’opération. Etr apportant à l’examen de la tumeur et à la manœuvre de l’opération toute l’attention convenable, je crois qu’on peut toujours éviter cet accident. On lit encore dansSearpa les détails d’un cas dans lequel un chirurgien blessa l’artère spermatique avec le trocart; il ouvrit la tumeur, lit la ligature de l’artère, et pratiqua la castration. Je crois que pour avoir produit un pareil accident il faut qu’il ait fait sa ponction au-dessus du lieu d’élection habituelle. Je ne connais pas d’autre exemple de cette faute opératoire. (tfo/e du irad.)

DE PATHOLOGIE

mais encore lorsque le malade est couché sur le dos; et elle reprend sa forme et sa dimension ordinaires dés qu’il se remet dans la station debout. Cette affection peut se produire, soit lorsque le testicule est descendu dans le scrotum ; soit lorsque sa descente n’est pas encore opérée et que l’organe n’est pas même perceptible au toucher; ou bien l’hydrocèle peut se former tandis que le testicule se trouve en quelque point du canal inguinal ou quand on peut le sentir cugagé dans l’anneau inguinal. Dans ces derniers casla tunique vaginale est allongée et s’étend depuis le lieu oii est situé le testicule jusque dans le fonddu scrotum.

Il est très-nécessaire de se rappeler ces circonstances parce qu’elles doivent influer sur le traitement. On comprend qu’il en soit ainsi , car il serait imprudent d’essayer pour la guérison de l'hydrocèle aucun traitement de nature à empêcher la descente du testicule ou à occasionner la lésion de cet organe.

Le meilleur mode de traitement à employer pour l'hydrocèle, lorsque celle-ci n’est pas compliquée d’un retard dans la descente du testicule, est l’application d’un bandage ; car ainsi l’on prévient tout danger de la hernie des intestins et l’on hâte l’occlusion du passage qui fait communiquer le scrotum avec la cavité abdominale. Aussitôt que l’oblitération de l’ouverture s’est opérée , la cavité péritonéale ne lai-se plus échapper de liquide dans la tunique vaginale et celui qui était contenu dans celte dernière membrane s’absorbe. Le procédé dont je parle ici est préférable a l’ancien m >de de traitement qui consistait à injecter une lotion stimulante dans la tunique vaginale tandis q i’un aide faisait la compression sur 1 anneau de manière à empêcher qu’une partie du liquide ne pénétrât dans le péritoine. Je considère le traitement parle bandage comme préférable; d’abord parce qu’il n’enlraîneaucun danger d’exciterla péri onite.eteusuite parce qu’il est propre à hâter l’occlusion de la communication exislanl entre le scrotum et la cavité du ventre; but qu'on doit se proposer et qui est complètement mis de côté dans le traitement par injection.

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